FRANCE-JEUNES : TOUTE L'ACTU PAR LES JEUNES !
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Un jazz infernal

Le jazz est une musique à part. C'est une musqie maudite. De nombreuses légendes lui sont rattachées. Voici une petite histoire qui parle de Jazz et de malédiction...


Certains pensent que l’amour de la musique est inscrit dans les gènes, que dès le plus jeune âge, on sait si quelqu’un aime la musique. Je ne sais pas si c’est mon cas mais ce dont je suis sûr c’est qu’aussi loin que remonte ma mémoire, je m’y vois accompagner ma vie de musique. J’ai toujours aimé la musique, sans vraiment avoir un style préféré, bien que les musiques modernes ne m’aient jamais autant plus que les bon vieux classiques de disco, rock’n roll… Hétéroclites, voilà comment définir mes goûts en matière de musique.
Mais un jour, assez tardivement, j’ai fait la connaissance du jazz… On ne sait jamais quand le coup de foudre peut vous tomber dessus et ça a été le cas. Mais cela s’est fait en douceur si j’ose dire. A l’occasion de mon vingtième anniversaire, une très bonne amie m’a offert un livre intitulé « Fantômes de Jazz ». Dès le lendemain, je me suis mis à le lire. Il s’agissait de plusieurs nouvelles fantastiques construites sur le monde du Jazz. Une pour chaque grand du Jazz : Nat King Cole, Billie holiday, Django Reinhardt, Louis Armstrong, Duke Ellington, Fats Dominos, Miles Davis… Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour être absorbé et j’ai dévoré le livre en quelques heures.
Une fois arrivé au quatrième de couverture, mes yeux étaient bouffis, ma bouche sèche et mon esprit encore à mille lieues de là. Je me sentais submergé par le Jazz qui transpirait de ces lignes. Un frisson m’a parcouru au moment de ranger ce livre. Comme si mon corps tout entier regrettait ce moment de pur extase vécu pendant la lecture.
Tout est allé assez vite ensuite. L’envie de connaître le Jazz est entrée en moi ce jour-là et elle ne m’a plus quitté. Je voulais écouter du Jazz. C’est dans cet état d’esprit que je suis allé acheter mon premier disque de Jazz. Je me suis rendu chez un petit disquaire de la ville d’à côté. C’était une petite échoppe qui faisait pitié à voir de l’extérieur. La façade décolorée et les vitrines sales donnaient un aspect glauque à l’ensemble. J’hésite un moment, puis je me décide à rentrer. Le carillon de l’entrée tinte au moment où la porte claque derrière moi. Il fait noir dans le magasin. On se serait cru dans un autre monde, en dehors du temps. Pas d’appareil moderne, pas de Télévision, ni d’écran plasma. Cela ressemble plutôt à une libraire mais, en guise de livres, des disques vinyles envahissent les étagères. Ca sent la poussière et le papier en décomposition. J’adore cette odeur.
Un vieil homme ressemblant étrangement à la boutique interrompt là mes observations. Il toussote pour que je le remarque et m’interroge sur ce que je recherche. Je lui explique vouloir me mettre au Jazz. A l’évocation de cette musique, une lueur étrange apparaît dans les yeux du vieux bonhomme mais elle ne fait que passer. Il me demande de le suivre près d’une étagère poussiéreuse au fond du magasin. Il s’arrête et me demande si j’ai un jazzman de prédilection. Je ne sais trop quoi dire. Devant mon hésitation, le marchant comprend que je suis un novice en la matière et choisit pour moi. Il me tend un vieux disque violet ou apparaît un homme noir avec un énorme sourire, c’est Louis Armstrong. Le vendeur m’explique que c’est le meilleur moyen de commencer en matière de Jazz. Je le remercie, le paye et m’apprête à partir. Mais le vendeur me retient par le bras. Je me retourne et je le vois me regardant avec les yeux pleins de cette lueur que j’avais déjà remarqué. Il me souhaite une bonne écoute et me promet un voyage extraordinaire au milieu du Jazz. Cela m’effraie un peu mais je me doute qu’il est lui-même accro au Jazz.
Arrivé à la maison, je monte au grenier chercher la vieille platine vinyle de mon père. Avec fièvre, je la redescend et la branche. J’ai hâte d’écouter ce que le vendeur m’a conseillé. Je place le disque doucement, cérémonieusement. Je ne veux surtout pas l’abîmer. J’ai l’impression d’avoir un trésor dans les mains. Je place le diamant sur le disque et je vais m’installer sur mon fauteuil favori pour savourer la musique. Et la musique commence… Quel choc ! Je me sens subjugué, emporté loin de mon fauteuil, je flotte au dessus de Saint Louis en Louisiane, Me revoilà en 1956. J’aperçois les bateaux à vapeur sur le Mississipi, les belles voitures américaines et les maisons typiques. La musique m’accompagne. Il fait chaud, une odeur de « mouillé » flotte dans l’air. Soudain, la musique cesse. Je retombe littéralement dans mon fauteuil. La vision est partie, aussi brutalement qu’elle est venue. J’en suis tout retourné. Mais je me sens bien, très bien même, comme si tous mes fardeaux m’avaient quitté avec la vision.
Les semaines qui suivent, je continue à écouter le disque, toujours plus fort. Les visions que me provoquent ces écoutes fréquentes sont de plus en plus réelles et agréables. La musique devient mon unique moyen de me détendre, après le boulot, après une dispute. Je vais jusqu’à l’écouter pour m’endormir. Un soir, alors que j’ai eu une journée éreintante, je m’assois sur mon fauteuil épuisé. Machinalement, sans vraiment réfléchir à ce que je fais, je met en marche la platine et positionne la pointe sur le disque au niveau d’une de mes chansons préférées de l’album. La musique démarre doucement et monte en crescendo. Une douce torpeur m’envahit. Une dernière pensée me traverse : je suis vraiment très fatigué pour m’endormir aussi vite…
Quand je me réveille, c’est le matin. Enfin, c’est ce que j’en déduit car en ouvrant les yeux, je suis ébloui par la lumière environnante. J’ai dû laisser une fenêtre ouverte car une légère brise me caresse la peau du visage. Au bout de quelques secondes, mes yeux se sont habitués. Je reste abasourdi par ce que je vois alors. Je ne suis plus dans ma maison, loin de là ! Je suis debout, au niveau d’un carrefour entre deux routes de terre toutes cabossées, au milieu de grands champs de maïs. Je regarde vers le bas. Je semble habillé d’un costume blanc couvert de poussière. Aux pieds, je porte deux mocassins noirs couverts de boue séchée. A la main, je tiens ce qui semble être un étui à guitare. Je reste là sans bouger pendant au moins un bon quart d’heure. Que m’est-il arrivé, où suis-je ? Pourquoi ce déguisement ?
Après un moment, je reprends mes esprits et je crois comprendre que je suis dans une de mes visions. Celles-ci semble tout de même beaucoup plus réelle que les autres. Mais c’est la seule explication possible. Je devais être vraiment fatigué ! Je commence à marcher dans un des deux chemins mais quelque chose au plus profond de moi m’incite à ne pas bouger. Je dois attendre. Quelque chose va arriver. C’est étrange d’attendre sans savoir pourquoi. Je reste donc immobile à la croisée des chemins, sous un soleil de plomb pendant un très long moment. J’en profite pour regarder ce qui m’entoure. Des champs. Des champs à perte de vue, pas le moindre signe de population en vue. Je me sens seul, seul au monde, perdu dans le temps et l’espace.
Soudain, le temps se couvre, le vent souffle dans tous les sens. Le ciel devient noir et des éclairs strient le ciel au dessus des champs. J’ai chaud et froid en même temps. Que m’arrive-t-il encore ? Ce rêve est de plus en plus bizarre ! Une voiture noire arrive par la route venant du sud. Il s’agit d’une de ces grosses américaines des années 50 que j’ai déjà vues dans certains magazines automobiles. Elle s’arrête devant moi. On ne peut pas distinguer l’intérieur. Les vitres ne sont pas teintées mais l’intérieur est aussi sombre qu’une nuit sans lune. Un homme gigantesque en sort. Il est très élégant avec son costume noir et ses lunettes noires. Il vient vers moi. Il me domine largement de deux têtes. Il me fixe sans rien dire pendant un moment. Je reste pétrifié par la peur, la fascination et la curiosité que m’inspirent ce personnage. Le vent continu à souffler et l’orage à se déchaîner mais l’individu n’a pas l’air de s’en soucier. Il ne bronche pas. Je me dis qu’il attend sans doute que je parle. Je me lance donc :
« Que…
- Je vois que vous vous êtes décidé à venir, me coupe-t-il d’une voix d’outre-tombe pourtant envoûtante.
- Que voulez-vous dire ?
- Allons, assez perdu de temps, nous avons un contrat à établir.
- Je ne vous suis pas…
- Etes-vous sûr ? Alors que faites-vous avec cette guitare ?
- Ah, oui… »
Je me dis qu’il vaut mieux jouer le jeu. Après tout, je suis ans un rêve !
« Oui, c’est vrai, concluons le contrat.
- Vous avez retrouvé la mémoire. Bien ! Vous ne regretterez pas votre choix. L’âme n’est rien, c’est si peu de chose à côté du talent.
- L’âme ?
- Oui, on lui donne trop d’importance selon moi !
- Euh… Oui, sans doute.
- Alors c’est conclut ! Votre âme est à moi et vous jouerez comme un dieu de cette guitare. N’est-ce pas ce dont vous avez toujours rêvé ? Jouez et je viendrait chercher mon du après. »
Je commence à comprendre. Cet homme n’en est pas un. C’est… Je ne sais pas ce que c’est mais il veut mon âme ! Quelle folie ! Je ne peux pas elle vaut tout l’or du monde. Pourtant, j’ai le sentiment que c’est ce que j’ai toujours désiré, jouer divinement de la guitare. Une partie de mon cerveau s’affole à l’idée de lui céder mon âme alors que l’autre est séduite par les possibilités d’un tel don… C’est l’éternel opposition entre le cerveau droit et le gauche, l’émotionnel et le logique, le cerveau féminin et le masculin. Mais malgré ce conflit, je sens que je n’ai pas le choix. Je dois accepter, c’est ce que je souhaite au plus profond de moi. L’homme, ou l’être me tend la main, je comprends que cette poignée de main scellera note pacte. J’hésite, puis, poussé par une force inconnue, je prends la main de l’inconnu. Un changement léger survient chez l’homme. Il a un côté démoniaque, comme si son charme était parti et avait laissé sa place à un air malsain. Mais peu importe, c’est surtout ce que m’arrive qui me préoccupe. La main de l’homme est chaude. A son contact, je sens comme une décharge, un feu intérieur me brûle les entrailles l’espace d’une seconde. Puis plus rien. L’homme a disparu, la voiture avec lui et le temps est à nouveau au beau fixe. Je me retrouve à nouveau seul au milieu des champs baignés de lumière.
Il me faut un moment pour récupérer. Je viens de pactiser avec le diable semblerait-il mais la seule chose qui me préoccupe, c’est mon talent à la guitare. L’ai-je réellement acquis pendant cette poignée de main. N’y tenant plus, je sort la guitare de son étui et me met à jouer, d’abord doucement et avec hésitation puis, je sens que ça vient et me voilà en train de jouer les virtuoses avec ma gratte. Ce qui en ressort est digne du grand Django ! Je me sens puissant, indestructible. Je me mets à bénir l’homme en noir. C’est ce que j’ai espéré toute ma vie. Enfin, c’est ce que j’ai espéré dans la vie de ce rêve visiblement. Une seule chose m’obsède dès lors : faire écouter ma musique au monde. Je dois rejoindre la civilisation. Comme si Dieu lui-même m’avait entendu, une voiture providentielle s’approche du croisement. C’est un vieux cabriolet beige. A l’intérieur un gros noir au visage bouffi me demande en anglais où je veux aller. Je lui réponds en Français que je ne sais pas très bien parler anglais. Il éclate de rire et me dit que mon anglais est parfait. Je me rends alors compte que je viens de parler anglais à la perfection. C’est vrai, je suis dans un rêve, j’avais oublié. Il m’amène jusqu’à la ville la plus proche. C’est Saint Louis : Je suis donc retourné en Louisiane, encore un fois. J’en suis ravi, c’est le meilleur endroit pour s’adonner au jazz ! Nous discutons un moment avec mon chauffeur. Je lui parle de mon envie de jouer pour du monde. Il me dit connaître le lieu idéal pour commencer. Il m’y emmène directement. Après quelques minutes de route, il s’arrête devant un bar typique à la façade en bois foncé. L’homme me laisse là après un salut amical et une tape vigoureuse dans le dos. Je regarde à mes pieds pour me concentrer avant d’entrer. Un vieux journal y traîne. Je le prend et regarde la date : 10 Août 1956. Et bien me revoilà situé géographiquement et temporellement. Je regarde la porte une seconde, je prends une grande inspiration et je rentre, ma guitare sous le bras. A l’intérieur, il fait sombre et ça sent l’alcool. Je me dirige vers le bar et je demande le responsable. Un petit homme moustachu coquet se retourne et me regarde en fronçant les sourcils :
« Z’êtes l’huissier, c’est ça ?
- Non ! Pas du tout, je suis musicien. On m’a dit que vous permettiez aux jazzmen de jouer dans votre bar.
- OK Little Boy ! Je t’avais pris pour un de ces vautours. Tu peux t’en donner à cœur joie, la scène est à toi.
- Ah ? c’est tout ?
- Bah ouais, tu croyais que j’allais te demander ton CV ?
- Non, mais…
- Allez te prend pas la tête, Little Boy, Tu peux t’éclater, il n’y a personne.
- Merci, je m’installe. »
En guise de scène, une petite estrade de bois grinçante a été installée en face des tables. Je m’installe rajuste le vieux micro. Quelques personnes applaudissent timidement mais la plupart sont trop occupés à cuver leur vin ou à jouer aux cartes. Je commence à gratter sur ma guitare. Après quelques accords timides, je me lance, de toutes mes forces. Mes doigts font preuve d’une dextérité que je ne leur connaissais pas. Je suis magnifique, extraordinaire, je les subjugue. Une fois la chanson finie, je m’arrête et j’attends. Après quelques secondes, un tonnerre d’applaudissements envahit le petit espace du bar. Je suis grisé par de telles ovations. Le patron vient me voir et me demande si je peux jouer chez lui chaque soir. Il m’offre le gîte et le couvert en échange. Pour moi, c’est une aubaine et j’accepte immédiatement.
Pendant quelques semaines très agréables, je joue chaque soir au bar. Le bar est plein à craquer à chaque fois. Il m’arrive même de ne pas rentrer seul dans ma chambre. Ma notoriété semble avoir augmenté mon pouvoir de séduction. Pourquoi ne pas en profiter ? Puis, un soir, c’est le grand couronnement. Juste après une de mes prestations, au lieu d’une jolie pépée, c’est un grand noir souriant qui vient me voir. En le voyant, il me semble familier, mais dès qu’il s’adresse à moi, je le reconnais immédiatement. Comment ne pas reconnaître cette voix ? C’est le grand Louis, Louis Armstrong ! Je me mets à bafouiller, je suis surexcité ! Il tient à me parler, à moi ! Quelle chance ! Nous nous installons à une table un peu à l’écart alors que les gens nous saluent en quittant le bar. Une fois tranquille, Louis me propose de jouer en sa compagnie avec quelques-uns de ses amis. Rien que ça ! Je me retrouve sur un petit nuage ! Il me quitte une fois ma réponse donnée. Je reste assis là en me disant que mon âme valait bien tout ce qui m’arrivait !
C’est ainsi qu’une semaine plus tard je me retrouve dans ma loge avec Louis Armstrong à réviser mes accords avant un super concert devant des milliers de fans endiablés organisé pour une œuvre de charité. Je pose ma guitare pour me relaxer. J’ai la tremblote, mes mains sont moites et mon cœur bat la chamade… Le stress quoi ! Puis Louis me dit que c’est l’heure. Comme une douche froide, cette nouvelle me ramène à la réalité et je redeviens maître de mes moyens. Nous avançons tous les deux dans le couloir qui mène à la scène, j’entends les clameurs des spectateurs. Quelle ambiance ! L’air est électrique, ça me stimule, je sens que nous allons faire un tabac ! Nous rentrons sur scène, accompagnés par les applaudissements qui redoublent de force. Je prends la guitare qui m’est destinée, un beau modèle plus moderne que la mienne. Je commence à me préparer quand soudain les amis de Louis rentrent également sur scène. Les clameurs du public me font me retourner. Quelle surprise ! Les amis de Louis ne sont autres que Billie Holiday et Ray Charles ! Quel orchestre, Ray et son piano, Billie et sa voix rocailleuse, Louis et sa trompette. Moi au milieu de ces géants, je n’en reviens pas. Billie me jette un regard rempli de tendresse. Elle me sourit comme pour me rassurer et me dire que tout ira bien.
Et effectivement tout est allé très bien. Je n’ai pas du tout été ridicule. J’ai même eu le droit à un solo. Après deux heures de concert merveilleuses durant lesquelles nous avons interprété des titres tels que Summertime, You Are So Beautiful ou My Man, je me sens serein, dans mon élément. Je me dis que je ne serais jamais aussi heureux. Je sens que j’ai enfin accompli ce pourquoi j’étais fait. Nous descendons de scène. Le public nous attend, nous ovationne. Que c’est bon de se sentir aimé ! Louis m’empoigne par l’épaule et me félicite. Il me dit n’avoir jamais entendu quelqu’un joué aussi bien, il me compare même au grand Django. Il qualifie mon son d’infernal ! S’il savait ! Nous passons la soirée à signer des autographes dans le bar où ma carrière a commencé. Je me vois déjà avoir une longue très longue carrière, je vois mon premier disque, mes premiers concerts…
Vers minuit, je quitte le bar un peu éméché pour faire une ballade afin de m’éclaircir les idées. Je marche le long du Mississipi pendant un long moment. L’air frais me fait du bien. Je finis par arriver près d’une vieille baraque en ruine. Et, sans savoir pourquoi, j’y entre. A ma grande surprise, l’homme en noir s’y trouve. Il est assis dans un gros fauteuil assez semblable au mien. Il ne porte pas de lunettes ce qui me permet d’apercevoir ses pupilles rouges. Un frisson me parcoure l’échine.
« Bien, comment as-tu trouvé ce petit concert ?
- Vous rigolez ? Ce n’était pas un concert, c’était bien plus, j’ai adoré !
- Parfait ! Je vais pouvoir prendre mon dû.
- Comment ? Mais, vous ne pouvez pas, je ne suis pas mort !
- Non mais tu as accompli ce pourquoi tu étais fait, c’est ce que tu pensais tout à l’heure. Ta mission est donc terminée, ton âme est à moi !
- Comment avez-vous… ? Aucune importance, je n’ai qu’une âme et je compte bien la garder, j’ai encore tant à faire…
- Un marché est un marché ! Pas d’exceptions ! Mon âme est à moi. »
C’est alors que l’homme en noir prend soudainement feu. En fait, il ne prend pas feu, il est entouré de flammes et ses yeux brillent d’une lueur sanguinaire. Je sens mon heure arriver à grand pas. Mais, comme poussé par l’instinct de survie, je me met à courir, je sors de la maison et je courre le long du Mississipi aussi vite que possible. Mes poumons me brûlent. Je me retourne plusieurs fois. Il ne semble pas m’avoir suivi. Je ralentis, puis m’arrête à l’abri d’un érable. Je reprends silencieusement ma respiration tout en guettant le chemin. Je tremble, de peur et de froid. Je m’en rend compte soudain, il fait froid très froid, de la buée s’échappe de ma bouche. Il est là ! Il est derrière moi. Je n’ai qu’à peine le temps de le voir, je m’enfuie en courant, le froid semble me suivre. Je me sens comme la souris des Cartoons que le chat s’amuse à poursuivre sans relâche. Après quelques minutes de courses, je me retrouve à nouveau seul dans le noir. Je me terre contre un vieil arbre abattu. Je tremble toujours. Je sens qu’il n’est pas loin il rode. Des milliers de pensées me traversent, je repense à tout ce que j’ai vécu, à tout ce qui me reste à faire à … Non ! Le voilà il m’a eu, il m’attrape par l’épaule et m’envoie en l’air. Je retombe violemment… sur mon fauteuil douillet. Je suis dans mon appartement. Ce n’était qu’un rêve, je l’avais oublié tellement c’était réel. Quel soulagement !
Mon cœur reprend un rythme normal. Il fait chaud. Dehors, le soleil se lève. J’ai dormi toute la nuit. La platine émet le petit craquement typique : le disque est terminé depuis bien longtemps. Je me lève, tout courbaturé d’avoir dormi assis. Ce n’était qu’un rêve ! Je vais me rafraîchir pour m’éclaircir les idées. Ce n’était qu’un rêve ! Après un bon petit déjeuner, je m’apprête à partir travailler. Je passe prendre mon courrier. Ce n’était qu’un rêve ! Des factures, comme d’habitude. Pourtant, au milieu des enveloppes blanches, une plus petite attire mon attention. Je jette les autres et ouvre celle-ci. Ce n’était qu’un… Mes pensées ne vont pas plus loin. Dans l’enveloppe, il y a simplement une feuille blanche sur laquelle est écrit d’une écriture rouge et penchée :

Your soul is mine
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Re: Un jazz infernal
Posté par norahibanez le 04/09/2006 22:11:39
je suis revenue! et j'ai adoré! (même avec "l'anachronisme")!!!;-):p:-Dchapeau!
Re: Un jazz infernal
Posté par norahibanez le 30/08/2006 14:41:12
je n'ai pas fini de lire ton article faute de temps mais je reviens très bientôt! je suismoi même fan que dis-je accro au jazz! ton article (ce que j'en ai lu jusque là) est tout simplement envoûtant! je veux connaitre la suite!!! mais je dois filer! bravo!
Re: un jazz infernal
Posté par zeromantik le 15/08/2006 11:23:40
J'ai adoré!
10/10 bien mérité :D

A part quelques petites fausses notes (comme par exemple: Je me sens comme la souris des Cartoons que le chat s'amuse à poursuivre sans relâche , cette phrase ressemble presque à un anachronisme dans l'histoire) l'ensemble est génial.
Bravo!

Modifié le 15/08/2006 11:24:09
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L'auteur : Jérémy Campana
30 ans, Toulouse (France).
Publié le 15 août 2006
Modifié le 10 août 2006
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