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Un Real dévastateur

Le Real Madrid a donné une véritable leçon au Bayern Munich (4-0) et s'est ouvert la voie vers un dixième titre européen que les Madrilènes attendent de pied ferme depuis douze ans.


Il y a quelque chose de fou dans le football. Il y en a même plusieurs mais dans ce cas précis, un seul vient en tête. Cette chose est que tout peu changé en très peu de temps. C'est même ce qui fait son principal charme. L'année dernière, en demi-finales de la Ligue des Champions, le Real Madrid avait été sorti sèchement par le Borussia Dortmund (1-4; 2-0). Dans le même temps, le Bayern Munich étrillait de manière tout aussi sèche le FC Barcelone (4-0; 3-0). Mais la vérité d'une saison ne l'est pas pour celle qui suit. L'année 2013 s'est éteinte et a donné naissance à 2014 et l'histoire n'est plus du tout la même. Le tirage au sort a voulu que se retrouvent en demi-finales de cette même C1 celui qui avait mit à terre un club espagnol et celui qui avait été giflé par une équipe allemande juste une année auparavant. Sûrement que le Bayern Munich s'attendait à tout mais à ça, il est certain que non.
Battus au match aller à Santiago Bernabeu (0-1), les Bavarois avaient prévenus, par l'intermédiaire de son président du conseil d'administration Karl-Heinz Rummenigge qu'ils "prévoyaient l'enfer aux Real Madrid". Arjan Robben lui avait emboîté le pas en demandant aux supporters munichois de les soutenir dès les premières secondes du match pour les porter tout droit jusqu'à Lisbonne. Bien obéissants à l'écoute de son milieu néerlandais, le public avait enflammé les travées de l'Allianz Arena. Mais si le boulot était fait en tribunes, fallait-il encore qu'il soit réalisé sur le terrain. C'est fou comme l'enflammade d'un public peut s'éteindre rapidement. Hier, ça a pris un peu plus d'un quart d'heure jusqu'à l'ouverture du score de la tête de Sergio Ramos qui reprenait une corner botté par Luka Modric. Un public qui poussait encore la voix même si l'inquiétude montait. Si leurs derniers espoirs étaient symbolisés par des étincelles, on dirait que Sergio Ramos les a définitivement éteintes cinq minutes plus tard encore de la tête mais cette fois sur un coup franc de Angel Di Maria. Le défenseur espagnol en profita même pour régler quelques comptes lui qui avait été raillé pour un tir au but complètement manqué ici même il y a deux ans au même stade de la compétition.
L'engouement n'y était plus. Il fallait alors aux joueurs du Bayern Munich marquer à quatre reprises, ce qui semblait irrémédiablement impossible vu la solidité de la défense madrilène. La tristesse se ressentait, le désespoir aussi et le but de Cristiano Ronaldo, le troisième encaissé par les Munichois en première mi-temps, au terme d'une contre-attaque tranchante menée par Gareth Bale, Karim Benzema et Ronaldo en conclusion. Le Portugais s'emparait par la même du record de buts marqués en C1 sur une seule édition devançant Lionel Messi. Le quatrième but du Real Madrid, sur un coup franc astucieux de Cristiano Ronaldo qui filait sous le mur adverse pour aller se loger tranquillement dans les filets de Manuel Neuer, ressemblait à une pure gourmandise d'un morfale qui n'en aurait pas eu encore assez dans le ventre "si je suis venu ici, c'est pour connaître ce genre de choses, ces émotions là, pour atteindre. Cette finale de la Ligue des Champions" expliquait Benzema vite rejoint par Carlo Ancelotti "je pense qu'on a fait le match parfait. On a été meilleur que le Bayern Munich".


Guardiola mis en échec

Il faut bien parler de la pâle prestation du Champion d'Europe en titre. Il y a une semaine, le Bayern Munich avait pêché par excès de contrôle et par manque de jeu. A trop vouloir le ballon à tout prix sans vraiment penser quoi en faire, il s'était endormi et seuls les contres incisives menés par Madrid pouvaient le réveiller. On pût voir sur le premier quart d'heure de jeu (avant l'ouverture du score madrilène) que Pep Guardiola avait cherché à y remédier en jouant plus direct, en cherchant davantage de verticalité plutôt que ces incessants allers-retours à l'horizontal parce qu'il fallait marquer mais surtout pour éviter les contres adverses. Une stratégie qui aurait pu fonctionner mais faire attention aux contres ne doit pas substituer l'attention à avoir sur coups de pieds arrêtés. En quatre minutes, un corner et un coup franc, deux erreurs de marquage flagrantes de Thomas Müller sur le premier but et de Mario Mandzukic sur le second, les dés étaient jeté et les espoirs de retour tout autant. Il y eut bien quelques tentatives de David Alaba et de Arjan Robben mais rien de taille à effrayer la défense du Real Madrid. La seule occasion franche des Allemands vint d'un enchaînement contrôle-frappe de Franck Ribéry qui reprenait en un fragment de seconde la silhouette de celui qui avait mené Munich vers la victoire en Ligue des Champions. Plus qu'une défaite, cette élimination aux portes d'une troisième finale en trois ans fait figure d'échec pour Pep Guardiola au delà même des débats concernant son style de jeu largement relayés par Franz Beckenbauer. Devenu mathématiquement champion d'Allemagne au début du mois de mars, Pep Guardiola avait annoncé aux siens que le Championnat était terminé et que tous les regards devaient restés centrés sur la Coupe d'Europe. Pas vraiment judicieux de mettre de côté le championnat sachant qu'il servait de lancement vers la Ligue des Champions et que sans rampe de lancement, la machine se grippait. Déjà le quart de finale contre Manchester United fut un cap compliqué à passer les défaites et les mauvais matches se succédant en Bundesliga, la dynamique positive n'était plus là. Une stratégie perdante qui coupe la saison des Bavarois un peu plus tôt que prévu et qui donne plus d'épaisseur à la finale de la Coupe du Roi que jouera le Bayern Munich dans dix jours contre Dortmund qui devra au moins conserver ce trophée national pour sauver sa saison.
Carlo Ancelotti peut exulter. Douze ans après une reprise de volée légendaire de Zinédine Zidane, à Glasgow contre le Bayer Leverkusen, qui envoyait les Galactiques de l'époque vers une neuvième Coupe d'Europe, le Real Madrid va regoûter à une finale de Ligue des Champions pour enfin décrocher cette fameuse "décima" (pour dixième Coupe d'Europe). La lancée du Real est juste royale avec un mois d'avril de feu pendant lequel il s'est vengé du Borussia Dortmund en quarts de finale, il a donné la fessé au FC Barcelone en finale de la Coupe du Roi. A six points de l'Atlético Madrid avec un match de retard à jouer la semaine prochaine, les Madrilènes peuvent encore rêver d'un triplé même s'il semble que la préférence des Merengues aillent davantage vers la Coupe aux grandes oreilles. Mais il faudra faire sans Xabi Alonso, suspendu pour un carton jaune qui paraissait injustifié, et ce n'est pas chose simple. Cela dit, on peut compter sur Carlo Ancelotti pour trouver une solution...
L'auteur : Fruitier Manu
21 ans, Paris (France).
Publié le 15 mai 2014
Modifié le 12 mai 2014
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