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Vicaut enfin récompensé

A vingt et un an, Jimmy Vicaut est devenu le premier français à avoir décrocher un titre international sur 60m et nourrit de hautes ambitions pour la saison estivale où son objectif sera de passer en dessous des dix secondes au 100m.


Comme Antoinette Nana Djimou, la veille sur l'heptathlon, Jimmy Vicaut a dù attendre quelques secondes avant de laisser éclater sa joie. Le temps que le panneau d'affichage scrute la photo-finish. Car les commissaires ont eu besoin de moyens technologiques pour pouvoir déclarer le champion d'Europe du 60m. Mais la photographie parlait d'elle même. Et à ce petit jeu, c'est Jimmy Vicaut qui cassait la ligne avant la meute mais surtout devant James Dasaolu qui finissait à seulement quelques millièmes du français. En effet, le chrono indiquait le même chrono pour Vicaut et le britannique. Et d'ailleurs, le résultat officiel de cette finale du 60m indique les deux premiers avec le même temps de 6"48, meilleure performance mondiale de la saison sur pareille distance. Mais en allant jusqu'au troisième chiffre après la virgule, les juges donnaient la victoire au vice champion d'Europe du 100m.
Dès qu'il a vu son nom s'afficher tout en haut de l'écran, Jimmy Vicaut a d'abord souri, ce qui n'arrive que peu souvent sur son visage, et il est allé directement dans les bras de Guy Ontanon, son coach depuis quatre ans, qui paraissait encore plus ému que son poulain "il le mérite tellement. C'est un super gars que pas grand monde ne connait mais si vous saviez à quel point il bosse, tous les jours sur la piste ou dans la salle de muscu de l'INSEP. Il a un potentiel et un talent et là, il le montre à la face du monde" confiait Ontanon, la voix tremblotante et les yeux rougis par les larmes de joie qui clarsemaient ses pommettes. Puis, il sortait la boîte à souvenir "le voir sur la plus haute marche d'un podium international, ça fait tellement bizarre. Je ne peux m'empêcher de revenir quatre ans en arrière quand son père me l'a ammené. Il ne parlait pas trop, il était timide alors que maintenant, il est à l'aise avec son corps et est bien plus extraverti. Quand je l'ai vu pour la première fois et que j'ai vu ce qu'il avait dans le ventre, j'ai immédiatement vu qu'il courait vite pour un garçon qui ne commença à pratiquer l'athlétisme régulièrement qu'à quinze ans. Il était gauche et manquait beaucoup d'aspect technique mais je savais qu'il suffisait de le bosser un peu pour qu'il progresse.


Plus dans l'ombre de Lemaitre

Les embrassades avec son entraîneur terminées, il partait en direction de son père, Thierry Vicaut, au moins aussi heureux que sa progéniture qui parlait autant du talent de Jimmy que du travail fait par Guy Ontanon "quand Jimmy était petit, je voyais qu'il courait vite, du moins beaucop plus vite que les autres gamins de son âge. Il adorait bouger et il fallait tout le temps qu'il soit en mouvement. Quand il a eu dix ans, je l'ai inscrit dans le club d'athlétisme du coin. Mais il était turbulent, pas du genre à faire des conneries, mais il ne faisait pas grand chose à l'école et il était souvent absent à l'entraînement. Il se faisait virer de partout parce qu'il ne foutait rien. Je ne savais ce qu'allait être sa vie mais je voyais son talent pour le sprint et je me disais que c'était bête qu'il passe à côté de ce don juste à cause d'un manque de maturité. Alors, quand il avait quinze ans, je l'ai emmené à l'INSEP pour savoir s'il voulait bien le prendre. Heureusement que Guy était là car il se serait sans doute fait jeter par d'autres entraîneurs mais Guy l'a fait bosser et a trouvé les mots pour lui faire comprendre de ses si grandes qualités. Il a pris confiance en lui et il sait qu'il peut être meilleur que les autres".
Après sa série où il s'imposait en 6"55, à deux centièmes de son record personnel, en relachant dans les quinze derniers mètres, ce qui est peu courant sur une distance aussi courte, il était clairement le grand favori pour le titre européen. Mais sa demi-finale, ce départ manqué et cette mise en route trop lente, où il ne prenait que la deuxième place en 6"60 derrière Dasaolu (premier en 6"53) chamboula un peu tout dans la tête de Vicaut "il est venu me voir et il était inquiet car il sait que le départ est primordial sur un 60m et qu'un début de course manqué est rédibitoire. Il doutait sur lui même mais j'ai essayé de positi er sur sa série de la veille où il avait été parfait. Il a été impressionner par le britannique parce qu'il ne l'attendait pas à pareil niveau. Il pensait que ce serait Tumi ou l'allemand Reus qui pourraient lui faire de l'ombre. Heureusement, je l'ai vu plus relâché dans la chambre d'appel avec Emmanuel Biron" racontait son coach. Mais en finale, il sorta parfaitement des blocks mais l'excellent départ de l'allemand Reus l'a déboussolé et sa mise en action a été compliquée. Mais il revenait inéxorablement sur le britannique, bien meilleur entre le dixième et le vingtième mètre, et il lui passa devant dans les ultimes décimètres de course.
Cette victoire symbolise le jour de gloire d'un gamin de vingt et un an qui, malgré un talent évident, souffra de la grande notoriété de Christophe Lemaitre mais Guy Ontanon y voyait davantage un bon point "Jimmy n'est pas à l'aise quand il est exposé. Si il n'y avait pas eu Christophe, on aurait beaucoup attendu de lui et peut-être trop pour les faibles épaules d'un mome. Là, il a pu progresser sans qu'on l'embête, sans qu'on lui mette une pression inutile". Christophe Lemaitre, qui avait renoncé à participer à ces championnats d'Europe, a pris compte des progrès de son collègue au sein du relais 4x100m "j'ai vu cette course évidemment. J'étais un peu stressé après les demi-finales mais je savais qu'il allait gagner. Mais je vois que j'ai de la concurrence. Voir ce qu'a fait Jimmy, ça titille un peu l'orgueuil. Je ne vais pas me laisser faire et je vais bosser pojr être le meilleur en 100m. Je me sens mieux depuis cette semaine. On a repris les deux séances quotidiennes depuis quelques jours et j'espère être à mon meilleur niveau cet été". Ça promet...
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L'auteur : Fruitier Manu
21 ans, Paris (France).
Publié le 24 mars 2013
Modifié le 23 mars 2013
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