| Extrait du site https://www.france-jeunes.net |
Qui es-tu, Happy ? |
Enlevé à ses parents à l'âge de 6 ans, élevé comme un esclave par sa nouvelle famille, Happy Sindane, un garçon Blanc Sud-Africain ne se souvient ni de son âge, ni de son vrai nom. Autour de lui s'est déclenché un véritable tourbillon médiatique. Son histoire m'a ému au point de voir le visage de Happy dans un rêve. La voici. |
Ce jour-là, l'article principal résumé en couverture n'est pas très original (" Il abat le violeur de sa fille en plein commissariat ", du déjà vu), mais ce qui attire mon attention, c'est le titre d'un autre article : " L'enfant sans nom ", le chapeau de l'article, sur la couverture dit : " Il ne sait pas qui il est. Il se souvient qu'il a été enlevé par une famille et traité en esclave pendant onze ans. D'où vient-il ? Où sont ses parents ? La police lance un appel à témoins... " A côté figure la photo du garçon en question. Blond, teint mat, il a un physique un peu ingrat. A première vue, je lui donne environ 16 ans, mon âge. Immédiatement, j'accroche à l'histoire. Sans ouvrir ni feuilleter le magazine, je passe à la caisse du kiosque et le paye puis je file m'asseoir sur un banc, le long du quai et je l'ouvre. Tant pis pour les autres articles, je passe directement à la page 24. L'article est intitulé " L'esclave Blanc ". L'histoire se déroule à Pretoria, en Afrique du Sud. Un homme blanc, Jan-Hendrik Botha lit son journal lorsqu'un article attire son attention : " Enlevé à l'âge de 6 ans ". Tout être humain serait ému par ce titre mais Jan-Hendrik a une raison supplémentaire (et quelle raison !) de l'être : son fils Jannie a disparu à l'âge de 6 ans et sa famille ne l'a jamais retrouvé ! Dans le journal est publié une photo du jeune homme qui dit s'appeler Happy Sindane et être âgé de 18 ans, l'âge qu'aurait Jannie aujourd'hui. Jan-Hendrik Botha pense qu'il peut s'agir de son fils disparu. Pieter, son fils aîné, âgé de 27 ans en est quant à lui persuadé. " C'est Jannie, j'en suis sûr. " dit-il à son père. En 1992, Jannie Botha, alors âgé de 6 ans a disparu. La police n'a trouvé aucun indice qui permettrait d'explorer une quelconque piste. Sans nouvelles de leur fils, Jan-Hendrik et Sarie Botha, un couple blanc d'Afrique du Sud ne perdent pas espoir pour autant. Et ce 20 mai 2003, leur coeur bat plus fort. Le couple se signale alors à la police et revendique la paternité de Happy. Les éléments fournis par le jeune homme à la police la veille semblent donner raison aux Botha : Happy se souvient que ses vrais parents parlaient afrikaans et dit être né en 1985. Comme Jannie. Mais les versions divergent, la "famille adoptive" (si on peut la nommer ainsi) de Happy prétend qu'un jour leur voisine leur a confié son fils et a quitté la région sans laisser d'adresse. Happy nie cette version. C'est l'essentiel de l'article. Je referme le journal, ému en gardant une date en tête : le 17 juin, nous connaîtrons le résultat des analyses ADN effectuées sur Happy et sur la famille Botha. Pour moi, ça ne fait aucun doute que Happy Sindane n'est autre que Jannie Botha, d'ailleurs lorsque, cette fameuse nuit, je le vois en rêve, il s'appelle bien Jannie alors qu'il est appelé Happy dans la presse. Quelques jours plus tard, alors que j'avais pris l'habitude de suivre l'affaire sur Internet, j'apprends qu'un expert en physionomie affirme que "le nez de Happy n'est pas celui de Jannie" et qu'il y a "70% de chances que Happy Sindane et Jannie Botha soient deux personnes différentes". J'avais déjà remarqué que Happy présentait un nez large, semblable à ceux des Noirs Africains mais après tout, sa peau était blanche et, en dehors de son nez, son visage avait une apparence caucasienne (typique de la race blanche). Je m'accrochai aux 30% de chances restantes pour que Happy soit bien Jannie et lorsque je parlais de cette affaire avec des copains, je l'appelais effectivement Jannie et pas Happy. Seulement, le résultat des analyses ADN a fini par tomber : Happy Sindane n'est pas le fils de Jan-Hendrik et Sarie Botha. Entretemps, plusieurs autres couples de Blancs ont revendiqué la parenté de Happy. Les médecins qui l'ont examiné ont jugé qu'il avait moins de 18 ans et Happy a été placé dans un foyer pour mineur. De son enfance, il se souvient d'avoir eu un petit chien et d'une photo de mariage de ses parents... Il se souvient aussi qu'après avoir été enlevé, il a vu un jour sa photo lors d'un avis de recherche diffusé à la télévision et que sa "mère adoptive" l'a alors jeté contre un mur et lui a interdit de regarder la télévision. Koos Sindane, le grand-père prétend quant à lui que Happy est un métis né d'une femme Noire et de son amant Blanc. Mais la date de naissance ne colle pas puisque Koos Sindane affirme que Happy est né en 1984. Or, selon les médecins, Happy a moins de 18 ans. L'enquête se poursuit et il ne se passe pas un seul jour sans que je ne pense à Happy, ce garçon de mon âge à qui je souhaite de retrouver tout le bonheur qu'il n'a pas eu dans son enfance. Je prie pour lui et pour tous les enfants séparés de leur famille. |
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