Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Regard qui crépite


Regarde dans les flammes, elles brûlent grâce aux bûches... De la laideur et de la sécheresse naissent leurs danses exaltés par l'inexoriable chaleur...



Les coulisses du théâtre sont sans fins. Fais le tour de la scène et retrouve toi devant la vedette. La femme aux yeux verts, aux cheveux noirs et ardents. Fais le tour de la scène et tu la verras. Oui, oui, le tour de la scène.

Je suis soudain le funambule sur le fil, sa volonté indépendant de ses craintes, et je pose mes pieds les uns après les autres sur la scène. Le plancher grince, elle l’a foulé… Je passe après elle, mes pas dans les siens, qui sait…

Un miroir. Un reflet.
Sur sa chaise, elle fait des retouches de maquillage. Ses yeux flambent, exaltés par le khôl et la poudre. Longs et dorés, joyaux, ses cils soulignent son regard de braise. La poudre rougeoyante illumine son visage entier, et à côté, le feu de la cheminée n’est qu’une pâle imitation de ce qu’elle est.
Sa bouche brûle des mots qu’on dit de passion, des « Je t’aime » réservé à d’autres que moi. Des cheveux charbon insistent sur la pâleur de son teint, et l’encens qui embaume l’air, sur sa table de maquillage, disperse une fumée qui l’enveloppe.

Et soudain, flamme parmi d’autres, elle enfile des vêtements qui crient les couleurs de l’Inde et du Soleil, et je retourne me mêler au commun des mortels.

Ce soir elle dansera devant les hommes, elle sera le feu, et je me consumerai d’amour, noyé dans la foule. Et ce soir, quand tous s’en retourneront chez eux, et quand tous rêveront d’elle, j’allumerai ma dernière bougie, je prierai pour elle, je rêverai d’elle, je vivrais en elle.
Et au petit matin, où elle se confondra avec l’Aube, je gagnerai mon Monde et pourrai y mourir en paix.
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