Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Sursaut ou décadence de la France : le moment de vérité, c'est maintenant !


La France va t-elle réagir et confirmer sa capacité au changement et à l'anticipation de l'avenir, ou va t-elle choisir de ronfler jusqu'à l'implosion de ses systèmes sociaux ?



Les Français veulent-ils encore travailler ? Le travail et la réussite ne semblent plus être une motivation pour la plupart d'entre eux. Or la volonté de produire plus et mieux, de travailler et de réussir, est le principal moteur de la croissance économique et donc du progrès social.

On peut se demander si la France n'est pas entrée dans une phase durable de faible croissance qui va conduire à un recul régulier face aux autres pays européens plus dynamiques comme l'Angleterre, l'Espagne, l'Irlande et bientôt les pays d'Europe centrale et orientale.

Ce joli mois de mai fait ressurgir tous les travers de cette société du loisir qui ne fait plus aucun lien entre le travail et le progrès collectif et individuel.

Avec :
- les 35 heures et leurs RTT que l'on ne finit jamais de prendre, et que l'on place adroitement ici ou là pour créer des viaducs et autres week-end à rallonge,
- les jours fériés à répétition,
- les grèves des monopoles des transports publics parce qu'on demande à leurs agents de travailler plus pour assurer le financement de leurs retraites (c'est pourtant le simple bon sens) ;

Il fallait vraiment être un héros des temps modernes pour travailler plus d'un jour sur deux en ce joli mois de mai 2003 !

On dirait que l'élan est brisé. Les Français saisissent la moindre occasion de ne pas travailler, comme si leur avenir ne dépendait pas directement de leur travail.

Les conséquences de cet appatie collective ne se font pas attendre et sont très concrètes. Elles seront destructrices à long terme.

Les entrepreneurs embauchent et investissent moins. A quoi bon ?
La gestion d'une équipe de production dont une proportion importante est en permanence absente devient une préoccupation majeure, qui prend du temps et désorganise la production. C'est particulièrement vrai dans les PME ou l'absence d'un collaborateur correspond à l'absence d'un maillon non substituable dans une chaîne unique.
Les salaires étant bloqués pour cause de 35 h, il n'y a pas de clients nouveaux pour la production supplémentaire. Pourquoi investir si la demande stagne et si l'on a déjà du mal à occuper son outil de production avec des salariés qui travaillent désormais à temps partiel ?

Ceux qui voudraient créer une entreprise ne le font pas. La France est un des pays qui créé le moins d'entreprises et les chiffres stagnent désespérement. Pourquoi prendre ce risque dans un pays qui ne récompense pas l'effort et la prise de risque, ou les patrons sont appelés "voyous", ou les collobarateurs ne veulent plus travailler, ou le chômage de longue durée vous guette en cas d'échec, ou la banque peut saisir tous vos biens personnels en cas de faillite, et ou les impôts et charges vous ponctionneront l'essentiel de vos gains en cas de réussite ?

Les salariés se désinvestissent également de leur travail et de leurs entreprises. La stagnation économique française, le poids des impôts, la prime offerte par la société d'assistanat au non-travail, et les 35 heures ont fini par compromettre fortement les perspectives d'ascension sociale en rendant impossibles ou peu attractives les augmentations de salaire. Dans cette situation, pourquoi travailler plus pour un gain hypothétique qui sera de toute manière ponctionné par les impôts et les charges induites par votre travail (coût des systèmes de garde d'enfants, etc...) ? Les salariés, du cadre supérieur à l'employé, jouent donc le jeu des RTT et se préocuppent davantage de la manière dont ils vont organiser leur temps libre que de la réussite de leur carrière.

La France en entrant dans la culture du non-travail est probablement entrée dans une période de régression économique, sociale et morale que l'on pourra bientôt appeler décadence. Les gens ne veulent plus travailler et leurs idées sont à l'envers. Comment expliquer autrement le succès des grèves qui s'opposent à une réforme des retraites pourtant aussi raisonnable qu'indispensable ? C'est le simple bon sens. Et pourtant on a le sentiment que les Français, et notamment les fonctionnaires, mais pas seulement eux, ne font plus cette liaison simple entre le travail, le leur et celui des autres, d'une part, et leurs perspectives d'avenir personnelles mais aussi collectives, d'autre part.

En France, quelque chose de profond est cassé dans la dynamique qui porte un pays vers le progrès.

Face à l'irresponsabilité manifeste des syndicats, et aussi à celle d'une partie de l'opinion publique qui ne perçoit plus ou se situe l'intérêt général, le Gouvernement doit tenir bon.

Nous sommes probablement à un moment clé de notre histoire. C'est la dernière chance avant longtemps pour la France de se réveiller de sa torpeur.

Après les ravages économiques et mentaux produits par la culture des 35 heures, c'est la manière dont Jean-Pierre Raffarin surmontera, ou pas, cette crise qui décidera si la France prend le chemin du sursaut ou continue de s'enfoncer dans une régression dont nous ne sortirons probablement plus avant d'avoir touché le fond, dans plusieurs années.
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