Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Mémoires d'un prisonnier politique


La 3ème guerre mondiale arriva sans que personne ne l'admette tout à fait. Pourtant les crimes contre l'humanité étaient plus que jamais d'actualité. Des camps, des hommes, ou plutôt... Ce qu'il en restait.



Nous sommes aujourd'hui le 1er mai 2048 soit 1 an après le début de cette guerre nucléaire presque totale. Beaucoup pensent savoir comment nous en sommes arrivés là, mais ne leur a-t-on pas volontairement caché certains documents importants de ce terrible dossier. Ayant vécu une multide d'expériences en la faveur de cette triste cause : la soumission totale de l'Homme, j'aimerai vous conter la plus attroce des tortures.





Au début du XXI ème siècle, l'Homme avait pris conscience du danger qui le guettait : s'autodétruire en annéantissant son espace vital : la Terre. Beaucoup d'études furent menées pour estimer le plus précisément possible combien de temps la planète supporterait encore ce fardeau à savoir l'humanité. Une bonne partie de celle ci vivait au dépend de son environnement et elle le savait parfaitement. La pollution, les accidents nucléaires, les marrées noires, tout cela était bien connu et parraissait au yeux de tous comme un mal nécessaire pour répondre aux besoins toujours croissant de l'homme "moderne".
Tous... Non, il subsistait encore quelques ONG conscientes et visionnaires d'un avenir qui s'annonçait sombre. Les recherches convergeaient toutes vers un même point : le point de non retour écologique allait etre atteint d'ici 10 ans. Un non retour qui impliquerait alors un dimminution progressive et irréversible des ressources terrestre, y compris l'oxygène de l'air nécessaire à la vie.
Cependant, tout était magnifiquement alambiqué pour que ces quelques voix dissidentes ne soient entendues. L'humanité progressait à un rythme évident et c'était bien plus flagrant qu'au 20ème siècle. Beaucoup de peuples accédèrent à un niveau de vie sans précédant, la technologie et l'informatique avaient infiltré tous les recoins d'une vie humaine. Rien ne se passait désormais sans elle. de l'autre coté de la Terre, on entamait tout juste la révolution industrielle, avec tous les désagréments que celà pouvait induire (biddonvilles, guerres civiles, épidémies...)


"Globalement" le monde avançait et l'on estimait que ces pays en voie de développement connaitraient le même succès que leur prédécesseurs. Moi, j'étais très pessimiste à ce sujet, et mon action contre de nombreux meetings internationaux fit alors son effet. La vraie question fut posée : doit on continuer à vivre aveugles ? Mais les économistes manipulateurs de chiffres et de cerveaux firent leur boulot en rassurant l'opinion publique par l'étalage de leur science et de leur expérience. Devenue véritable religion, l'économie était désormais source de justice, d'amour, de paix mais elle était surtout un foyer d'arguments de "choc" lors de pseudos débats télévisés.



Je recevais déjà des menaces annonymes par téléphone ou par mail qui tentaient de guider mon attitude dans des actions de la plus haute importance. Mais j'étais entèté et ma volonté portait tellement chaque parole que je prenais grand plaisir à contrecarer perpétuellement les plans de "la pensée unique".
Un jour je reçu 2 agents du FBI en ultime avertissement, ils enlevèrent mon fils de 5 ans pour etre certain de me rendre enfin au silence. J'aimais cet enfant et je me fis donc le plus discret du monde sachant qu'une plainte pour enlèvement ou une remarque virulente sur telle nouvelle loi "liberticide" équivalaient à sa mort imminente.
J'avais le sentiment qu'on voulait ma peau à tout prix. j'étais l'homme à abattre, le gros obstacle à leur formidable projet. je fus victime d'un complot : on parut un article polémique sous mon nom (alors que j'étais parti en vacances) dans l'hebdo pour lequel je travaillais régulièrement.
Même dans un journal indépendant, nous étions piégés, trahis, minnés de l'intérieur !
Le FBI ne tarda pas à retrouver ma trace puisque j'étais parti sur la cote Atlantique comme tous les ans.
Au vu de l'influence que j'avais, "ils" jugèrent bon de m'isoler quelques temps dans une petite cellule de 2m sur 2m. Je perdis la notion du temps, mais j'estimais à 3 mois mon "agréable" séjour dans cette pièce vide de tout (pour cela je me repérais aux repas servis en tenant compte qu'ils m'étaient donnés à des heures totalement irrégulières.)

Un vieil homme mi savant-fou, mi agent principal de sécurité entra avec une petite malette dans ma cellule qui sentait le renfermé. L'ouverture de la malette me glaça le sang : la tête ou plutôt le demi-crâne de mon fils reposait sur une moquette tachée de sang, je compris que ces gens là ne plaisantaient vraiment pas, même si j'en avais déjà la conviction.
Très distinctement, il m'explica comment on traitait les opposants au régime chez les communistes ou chez les nazis. Lorsqu'il fit ces allusions je me dis, très perturbé, que je ne retrouverais jamais le monde extérieur, car peu sont revenus des camps de la mort, et quand je voyais le niveau de sécurité atteind dans cette prison, je n'avais strictement aucun espoir, et ce, certainement à cause des 3 mois d'affablissement que j'avais subi passivement.
Il me parla de technologie et de nano-puces. Il me dit que depuis 3 mois j'en avalais par milliers par ma boisson et ma nourriture. Il me dit enfin que la science avait percé le secret des connexions neuronales. Je compris très vite où il voulait en venir quand je cognais ma tête contre la table. Une simple petite télécommande, une simple petite pression sur un simple petit bouton, et j'étais devenu totalement contrôlable.
L'intégralité des neurones de mon cerveau était reliée par des nano-puces progammables et téléguidables.
Toute action, tout geste, toute pensée est dirigée par le cerveau. Un cerveau sous contrôle ne fait qu'obéir aux ordres. C'est ce que je fis durant de longues années. Je travaillais pour des causes et des projets dont j'avais toujours eu horreur. Je faisais des travaux répugnants, mais diversifiés ! Quel bonheur ! Heuresement (ou malheureusement) la science pouvait diriger mes actions mais pas mes pensées. Il fallait donc me télécommander en permanence, alors qu'un cerveau qui pense d'une façon imposée effectura lui même les taches qui lui semblent être bonnes.

J'étais donc un travailleur pour la pensée unique malgré moi. Mon esprit, seul, résistait, car il n'était pas encore passé sous le contole, la science ne parvenait pas à percer cet ultime mystère.
J'étais un prisonnier politique travaillant pour mon pire ennemi, et ayant tout à fait conscience de mes actes.
J'étais sous nourri, sauf en nano-puces qui se détruisaient rapidement. Mais qu'importe, j'étais un coboye et je le savais, j'étais condamné. Même si le batiment n'avait pas été sécurisé, je n'aurais pu sortir, car j'étais prisonnier de moi même.

Suite au prochain épisode...
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