Extrait du site https://www.france-jeunes.net

Palais Royal !


La vie des rois et des reines comme vous ne l'avez jamais vu.



Armelle (Valérie Lemercier), une jeune orthophoniste sympathique, pourrait passer inaperçue. Mais elle est mariée à Arnaud (Lambert Wilson), l'un des fils du roi d'un pays. Tout deux vivent une vie tranquille au rythme de voyages et de banquets en tout genre. Or quand le roi vient à mourrir, la succession doit avoir lieu.

Le fils aîné Alban (Michel Vuillermoz) est d'office éliminé par sa mère la reine Eugénia (Catherine Deneuve) à cause de son incapacité à garder une femme. Son frère cadet est donc nommé à sa place. Pour Armelle, une nouvelle vie bien différente de celle qu'elle menait auparavant va commencer. Elle va devoir oublier son métier et se consacrer à son statut social qui l'oblige à s'habituer aux banquets, cérémonies et autres festivités de ce genre.


Après le navrant "Le derrière", Valérie Lemercier nous en remet une couche. Etant passée sous silence depuis son film, elle revient soudainement pour nous faire partager une vision acide de la royauté.
L'histoire en elle-même est assez plate, décousue et manque cruellement de rythme. La première scène nous présente d'emblée la fin du film afin de faire comprendre au spectateur que tout ce qui suit à partir de ce point est un flashback. Or, ce qui aurait pu être la seule surprise du scénario devient ici anecdotique et place le reste du long métrage dans le manque d'intérêt. On peine à s'attacher aux personnages malgrè les turpitudes qu'ils subissent tant le tout semble décousue. On passe d'une scène à l'autre avec si peu de cohérence qu'on arrive quelque peu à s'y perdre. Ceci s'accompagne d'un manque de rythme évident qui est nocif au film. Les gags potaches et l'humour pince-sans-rire s'enchainent dans ce déballage de scènes mal agencées qui gache le plaisir du spectateur et lui volent quelques sourires par-ci, par-là.
Mais le film vaut surtout le détour pour sa peinture acide de la royauté. Armelle est le portrait tout craché de la princesse Diana : une femme simple, ayant un travail, étant proche du peuple. Mais la ressemblance ne s'arrête pas là car des clins d'oeil sont fait à la couronne d'Angleterre comme le prince Arnaud qui trompe sa femme tel Charles ou encore le titre d'un journal à scandales très révélateur "Notre Camilla". Outre cet aspect là, les nobles sont montrés dans leur quotidien. Ainsi, les personnages semblent montrer un nouveau visage et chacun cache ses propres secrets : l'inconstance d'Arnaud, les tromperies d'Eugénia, etc...La réalisatrice semble prendre un malin plaisir à détruire le mythe de la royauté via des portraits acides des personnages qui sont montrés comme sans scrupules, immoraux et d'une méchanceté maladive. Ils prennent un autre visage, ou plutôt portent un autre masque lorsqu'ils se montrent en public. Sur ce point, on retrouve quelques clichés comme les paparazzis ou même encore un couple attablé devant leur télévision en regardant le cortège. Mais la superficialité de la royauté est décriée. Eugénia explique à Armelle l'importance du choix des habits lors de ses sorties, Armelle utilisant les médias pour se forger une image de marque auprès du peuple, les codes de conduite lors d'un voyage à l'étranger, etc..Tout y est pour nous faire prendre conscience que la royauté n'est au final composée de paon qui aiment se montrer, flatter leur égo, soigner leur image auprès du public plutôt de s'occuper de son pays. Très réussi!
Les personnages quand à eux semblent transparents et fades malgrè la dévotion des acteurs. Valérie Lemercier est irrésistible en princesse proche du peuple et débousolée dans un milieu qui ne lui correspond guère. Lambert Wilson ne se donne pas à fond mais reste correct dans son jeu. Catherine Deneuve est quant à elle formidable en reine manipulatrice.


Un film moyen qui ne montre pas tout le talent de Valérie Lemercier en tant que réalisatrice mais offre une peinture savoureuse et acide de la royauté. Et c'est là que le film prend tout son sens nous offrant une vision du pouvoir tel que Labruyère le perçevait : les hommes qui possèdent le pouvoir ne sont seulement que des paons qui adorent parader, mais n'ont qu'une âme avillie et pauvre malgrè l'abondance de leur maquillage sur leur visage.
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