Extrait du site https://www.france-jeunes.net

"Je veux une famille"


La scène se passe à Dakar. Comme beaucoup d'enfants dans le monde, cet enfant est abandonné. Dans son désespoir il écrit : "Je veux une famille" avant de s'éteindre. Tu veux changer le monde alors c'est le moment ou jamais.



C'est ce que me cria un Talibé : "Je veux une famille"
Je m'arrêtais pour le regarder. Famille ? Ai-je cru entendre. Et pourtant c'est ce que j'entendis. C'est le cri de son âme en délire. Cur affligé, cur torturé, cet enfant en avait marre de souffrir.
L'absence des parents, la solitude, la solution n'était que dans le mot"Famille"
Ses paroles me transpercèrent l'âme. Que pouvais-je faire ? Je ne pouvais même pas lui offrir un toit. Et pourtant il était là devant moi.
Vociférant à tue-tête. "Je veux une famille."
Y'en a marre de vivre comme un chien de rue. D'être ridiculisé par tous. Y'en a marre d'être une proie. Y'en a marre d'être appelé orphelin. Y'en a marre. Je veux une famille. Juste une famille. N'en pouvant plus j'éclatais en sanglots. Je l'entourais de mes bras fébriles.
Ses bras que je ne sentais plus et qui ne voulaient plus rien savoir.
Avec son cur d'enfant, il me comprit. Me serrant contre son cur... Tous bas
Il me dit à l'aube de mon oreille : "Tu es ma famille".
Cette famille que j'ai toujours rêvé avoir. Ne me laisse pas tomber. Prends moi encore dans tes bras. Serre-moi très fort sur ton cur. Serre-moi comme si tu voulais m'étrangler. Serre-moi jusqu'à ce que je ne sente plus mon pool. Serre moi jusqu'à ce qu'un frisson se saisisse de mon corps. Serre-moi encore et encore jusqu'à ce que le trépas m'emporte loin des hommes.
Serre-moi juste une dernière fois car de l'autre côté je ne pourrai plus sentir ce que je ressens maintenant. (Il pouffa en sanglots) puis s'écria : J'aurais aimé avoir une famille. Mais comme le destin en a décidé autrement, je m'en irai sur la pointe des pieds.
Quelque chose me dit que dans l'au delà une famille m'attend. Et si jamais je me suis trompé, comme un ange je reviendrai pour toi.
A chaque fois que tu auras besoin d'une famille, je te prendrai à mon tour dans mes bras.
Tu comprendras alors un jour ce que c'est que ce sentiment de n'avoir pas connu une famille.

Un mois plus tard ce jeune Talibé fut retrouvé mort. Les raisons de sa mort n'ont jamais été elucidées. Son corps n'a jamais été revendiqué par une quelconque famille. Mis au courant du décès je pu arriver tôt sur les lieux. L'auteur de "je veux une famille" était là couché. Je le pris dans mes bras et le serrais très fort contre moi. Je ne faisais que pleurer ce petit qui comme beaucoup d'autres ici au Sénégal et partout dans le monde entier, meurent dans la solitude et dans des conditions extrêmement difficiles.
Je vous raconte cette histoire car je l'ai vécu. Je n'ai jamais connu ma mère. Elle est décédée à ma naissance. Je n'ai connu mon père qu'à l'âge de 19 ans puis plouf : plus de père. Je n'ai pas eu le temps de lui dire bonjour que la mort l'emportait.
Ma prière serait de construire un abri pour ses jeunes là. Au nom de ce jeune et de tous les autres, j'aurai besoin de votre soutien pour qu'un jour ce projet aboutisse. Ensemble donnons nous la main afin qu'ils vivent.
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