Le président John F. Kennedy et Jacqueline Kennedy dans une limousine décapotable à Dallas, peu avant l'assassinat.
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Présidents américains tués ou visés : anatomie d'une menace persistante

Des balles de Lincoln à Kennedy, en passant par la tentative contre Trump en 2024, cet article explore les assassinats et tentatives qui ont marqué l’histoire américaine.

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Le 13 juillet 2024, un tireur de 20 ans posté sur un toit à moins de 150 mètres d'un meeting de Donald Trump a ouvert le feu, blessant l'ancien président à l'oreille et tuant un spectateur. Cet événement a rappelé une vérité inconfortable : la violence politique armée n'est pas une anomalie dans l'histoire des États-Unis, mais un fil rouge qui court depuis la fondation du pays. Quatre présidents en exercice ont été assassinés, des dizaines d'autres ont échappé de justesse à la mort, et la liste des candidats, sénateurs et gouverneurs visés ne cesse de s'allonger. Comprendre cette menace persistante, c'est plonger dans les failles sécuritaires d'hier, les échecs institutionnels d'aujourd'hui et une culture des armes qui rend chaque meeting, chaque cortège, chaque poignée de main potentiellement mortelle. 

Le président John F. Kennedy et Jacqueline Kennedy dans une limousine décapotable à Dallas, peu avant l'assassinat.
Le président John F. Kennedy et Jacqueline Kennedy dans une limousine décapotable à Dallas, peu avant l'assassinat. — (source)

De Lincoln à Kennedy : les quatre présidents que l'Amérique n'a pas su protéger

L'histoire des États-Unis est jalonnée de quatre assassinats présidentiels réussis, chacun révélant une vulnérabilité spécifique de son époque. Ces drames ont façonné la conscience nationale et poussé, lentement, à la création d'institutions de sécurité qui restent pourtant imparfaites.

Booth, Guiteau, Czolgosz, Oswald : quatre balles qui ont changé l'histoire

Le 14 avril 1865, Abraham Lincoln assiste à une pièce au Ford's Theatre de Washington. Cinq jours plus tôt, le général confédéré Robert E. Lee a capitulé. La guerre civile s'achève, mais la haine, elle, ne désarme pas. John Wilkes Booth, acteur célèbre et sympathisant sudiste, connaît les lieux par cœur. Il s'introduit dans la loge présidentielle sans être inquiété, attend le rire du public pour masquer le coup de feu, et tire une balle dans la nuque de Lincoln. Il lacère ensuite le major Henry Rathbone avec un couteau, saute sur scène en se brisant la jambe, et s'enfuit à cheval. Lincoln meurt neuf heures plus tard dans une pension de famille. Booth est retrouvé par des soldats le 26 avril ; refusant de se rendre, il est abattu. Huit complices présumés sont jugés par une commission militaire, quatre sont pendus. 

Assassinat d'Abraham Lincoln par John Wilkes Booth au Ford's Theatre, 14 avril 1865.
Assassinat d'Abraham Lincoln par John Wilkes Booth au Ford's Theatre, 14 avril 1865. — (source)

Seize ans plus tard, James Garfield est abattu à la gare de Washington par Charles Guiteau, un avocat déséquilibré qui s'estime lésé par le président. La balle ne touche aucun organe vital. Mais les médecins qui se succèdent au chevet de Garfield enfoncent leurs doigts sales dans la plaie, la contaminant. Le président est transporté à la Maison-Blanche, puis à Elberon, dans le New Jersey, pour fuir la chaleur de Washington. Il meurt deux mois plus tard, non de la balle, mais d'une septicémie provoquée par une médecine de l'époque incapable de comprendre l'asepsie. Guiteau est pendu le 30 juin 1882.

En 1901, William McKinley serre des mains à l'Exposition panaméricaine de Buffalo. Leon Czolgosz, un anarchiste de 28 ans, s'approche la main droite bandée. Sous le pansement : un revolver. Il tire deux fois à bout portant. McKinley est opéré d'urgence mais développe une gangrène. Il meurt huit jours après les tirs. Czolgosz avoue avoir agi par « devoir » et est exécuté sur la chaise électrique le 29 octobre 1901. 

Assassinat de William McKinley (1843-1901), 25e président des États-Unis, par Leon Czolgosz, d'après Le Petit Journal, 1901.
Assassinat de William McKinley (1843-1901), 25e président des États-Unis, par Leon Czolgosz, d'après Le Petit Journal, 1901. — (source)

Le 22 novembre 1963, John F. Kennedy traverse Dallas dans une décapotable, itinéraire publié dans les journaux la veille. Depuis le sixième étage du Texas School Book Depository, Lee Harvey Oswald tire trois coups de fusil. Le troisième frappe la tête du président, projetant des fragments de matière cérébrale. Kennedy est déclaré mort trente minutes plus tard au Parkland Memorial Hospital. Oswald fuit, tue un policier, et est arrêté dans un cinéma. La leçon est brutale : un cortège présidentiel ne devrait jamais emprunter un trajet connu, dans une voiture ouverte, sans protection aérienne.

Des gardes du corps improvisés à la naissance du Secret Service

Avant McKinley, la protection du président relevait du bricolage. Les premiers présidents américains circulaient sans escorte. Lincoln n'avait qu'un policier de garde au théâtre, et encore, celui-ci s'était absenté pour boire un verre. Après l'assassinat de Garfield, le Congrès rechigne à créer un service de protection. Ce n'est qu'après la mort de McKinley, en 1901, que le Secret Service — créé en 1865 pour lutter contre la fausse monnaie — se voit officiellement confier la protection rapprochée du président. Comme le rappelle Le Figaro, « l'histoire des États-Unis est marquée par l'assassinat de quatre présidents durant leur mandat ». Chaque drame a poussé l'institution à se renforcer, mais jamais assez vite pour empêcher le suivant.

Les tentatives oubliées : de Roosevelt à Truman

Avant que le Secret Service ne devienne l'agence que l'on connaît, plusieurs présidents ont échappé de peu à la mort. Le 15 février 1933, Franklin D. Roosevelt — alors président élu mais pas encore investi — prononce un discours à Miami. Giuseppe Zangara, un anarchiste italien, tire cinq coups de revolver. Il manque Roosevelt mais touche mortellement le maire de Chicago, Anton Cermak. Zangara est exécuté sur la chaise électrique quelques semaines plus tard. 

Infographie récapitulative des présidents américains ayant survécu ou succombé à des tentatives d'assassinat.
Infographie récapitulative des présidents américains ayant survécu ou succombé à des tentatives d'assassinat. — (source)

Le 1er novembre 1950, deux nationalistes portoricains tentent de forcer l'entrée de la Blair House, où réside Harry Truman pendant les travaux de la Maison-Blanche. Une fusillade éclate. Un garde du Secret Service et un assaillant sont tués. Truman, réveillé par les tirs, reste calme. Mais l'incident montre que la résidence présidentielle elle-même n'est pas à l'abri.

Butler, juillet 2024 : le jour où le Secret Service a craqué

Un siècle après McKinley, l'institution qui devait garantir la sécurité du président a connu son échec le plus retentissant depuis la tentative contre Ronald Reagan. Le meeting de Butler, en Pennsylvanie, est devenu le symbole des failles persistantes du système.

Truman, Ford, Reagan : comment les « presque » ont forgé l'institution

Avant d'analyser la faute de 2024, il faut comprendre comment les tentatives historiques ont façonné le Secret Service moderne. En septembre 1975, Gerald Ford subit deux tentatives en dix-sept jours. La première, à Sacramento, est l'œuvre de Squeaky Fromme, une disciple de Charles Manson. La seconde, à San Francisco, est menée par Sara Jane Moore, une militante de gauche. Les deux femmes tirent, les deux ratent. Le Secret Service resserre alors le protocole autour des meetings publics.

Le 30 mars 1981, John Hinckley Jr. tire six coups de revolver sur Ronald Reagan à la sortie d'un hôtel à Washington. Une balle ricoche sur la limousine blindée et frappe le président sous le bras gauche. Reagan survit de justesse. Hinckley, qui cherchait à impressionner l'actrice Jodie Foster, est déclaré irresponsable pénalement. L'attentat conduit au Brady Act de 1993, qui instaure un délai de vérification des antécédents pour l'achat d'armes. Reagan reste à ce jour le seul président en exercice à avoir été blessé par balle et à avoir survécu. 

Tentative d'assassinat contre Ronald Reagan : des agents du Secret Service maîtrisent John Hinckley Jr.
Tentative d'assassinat contre Ronald Reagan : des agents du Secret Service maîtrisent John Hinckley Jr. — (source)

Thomas Matthew Crooks, 20 ans : l'enquête qui accuse tout un système

Le 13 juillet 2024, Thomas Matthew Crooks, un jeune homme de 20 ans, s'installe sur le toit d'un bâtiment adjacent au meeting de Donald Trump à Butler. Il est armé d'un fusil semi-automatique AR-15, acheté légalement. La distance qui le sépare du podium ? Moins de 150 mètres. Une zone qui, selon le protocole, aurait dû être sécurisée par les forces de l'ordre locales. 

Un homme en costume, le visage ensanglanté, protégé par des agents des services secrets lors d'une campagne électorale.
Un homme en costume, le visage ensanglanté, protégé par des agents des services secrets lors d'une campagne électorale. — (source)

L'enquête de L'Express révèle des défaillances en cascade. Des témoins aperçoivent Crooks sur le toit et alertent la sécurité. Rien ne se passe. Un tireur d'élite local repère l'homme, mais la coordination avec le Secret Service est inexistante. Crooks tire huit coups. Trump est touché à l'oreille. Un pompier présent dans le public est tué. Joe Biden ordonne une enquête indépendante et qualifie l'incident de « grave faille de sécurité ». La directrice du Secret Service, Kimberly Cheatle, est convoquée devant le Congrès. Elle démissionnera quelques jours plus tard.

Cette tentative ressemble aux précédentes : une zone périphérique non sécurisée, une arme longue facilement accessible, un tireur jeune et radicalisé en ligne. Le système a craqué là où il avait déjà craqué cent fois.

Le fusil et le vote : pourquoi la culture des armes nourrit la menace

Les failles du Secret Service ne sont que la partie visible du problème. En amont, il y a une réalité qui distingue les États-Unis de toutes les autres démocraties : la facilité d'accès aux armes à feu. Sans elle, la plupart des tentatives d'assassinat n'auraient jamais eu lieu.

Du déséquilibré au révolutionnaire : un point commun, l'accès aux armes

Les profils des assaillants sont extrêmement variés. Booth est un sympathisant confédéré, Guiteau un déséquilibré qui se croyait investi d'une mission divine, Czolgosz un anarchiste inspiré par les discours de l'époque, Oswald un marxiste solitaire, Hinckley un obsessionnel amoureux d'une actrice, Crooks un jeune radicalisé sur des forums en ligne. Malgré ces différences, un dénominateur commun relie presque toutes ces tentatives : l'arme utilisée a été achetée légalement ou semi-légalement.

Les historiens notent que la santé mentale douteuse de nombreux assaillants n'a jamais constitué un obstacle à l'acquisition d'une arme. Guiteau avait un passif de violence, Czolgosz avait déjà été interrogé pour activités anarchistes, Crooks avait fait l'objet de signalements. Aucun de ces signaux n'a déclenché d'interdiction d'achat. Le système de vérification des antécédents, pourtant renforcé par le Brady Act, laisse passer des profils à risque dès lors qu'ils n'ont pas de casier judiciaire.

La loi Brady et le cycle infernal de la violence politique

L'analyse de Laurence Nardon, chercheuse à l'Ifri, éclaire le lien entre violence politique et législation sur les armes sur le site de l'Ifri. « L'histoire du pays est jalonnée de fusillades », rappelle-t-elle. Chaque grande loi de régulation des armes aux États-Unis est une réponse à une période de violence politique intense.

Le Gun Control Act de 1968 suit les assassinats de John F. Kennedy, de Robert Kennedy et de Martin Luther King. Il interdit la vente d'armes aux personnes condamnées, aux fugitifs et aux malades mentaux. Le Brady Act de 1993, qui instaure un délai de vérification des antécédents, est une conséquence directe de la tentative contre Ronald Reagan en 1981. Mais ces lois sont constamment sapées par le lobbying pro-armes et par une interprétation expansive du Deuxième Amendement.

Résultat : plus de 400 millions d'armes en circulation aux États-Unis, soit plus d'une par habitant. Dans ce contexte, chaque meeting politique est une loterie. Le Secret Service peut verrouiller un périmètre, mais il ne peut pas contrôler les toits, les fenêtres, les foules où n'importe qui peut dissimuler une arme longue sous un manteau.

Donald Trump, l'homme le plus menacé de l'histoire américaine

Si la menace est systémique, elle cible aujourd'hui un homme en particulier. Donald Trump, selon Le Figaro, est « sans doute celui qui a été le plus ciblé » parmi tous les présidents américains. Une affirmation qui mérite d'être détaillée.

2017, 2024, 2026 : trois cibles en neuf ans

Le 19 juin 2017, un homme armé ouvre le feu sur un terrain de baseball à Alexandria, en Virginie, où s'entraînent des élus républicains. Le leader de la majorité à la Chambre, Steve Scalise, est grièvement blessé. L'assaillant, James Hodgkinson, un militant de gauche, avait posté des menaces contre Trump sur les réseaux sociaux. Le président est la cible implicite de cette attaque.

Le 13 juillet 2024, c'est Trump lui-même qui est visé à Butler. Moins de deux ans plus tard, le 26 avril 2026, un nouvel incident survient lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Les détails restent flous, mais Le Figaro confirme que Trump est une cible récurrente.

En février 2026, un homme armé est abattu par le Secret Service près de Mar-a-Lago, la résidence de Trump en Floride. L'incident, détaillé dans notre article Homme armé abattu à Mar-a-Lago : ce qu'il faut comprendre, montre que la menace ne se limite pas aux meetings : elle s'étend à la vie privée du président. Même Ronald Reagan, pourtant grièvement blessé, n'a été visé qu'une seule fois pendant son mandat. Trump, lui, l'a été au moins trois fois en neuf ans.

Foules, réseaux sociaux et armes longues : le nouveau cauchemar du Secret Service

Pourquoi Trump est-il particulièrement exposé ? Trois raisons se dégagent. La première est la nature de ses meetings. Trump privilégie les grands rassemblements en plein air, dans des lieux ouverts, où il interagit longuement avec la foule. Chaque événement est une fenêtre de vulnérabilité.

La deuxième est la polarisation extrême. Trump génère des menaces en ligne en permanence. Le Secret Service doit surveiller l'écosystème numérique autant que le terrain physique, une mission herculéenne quand des milliers de comptes appellent quotidiennement à la violence.

La troisième est le profil des assaillants modernes. Crooks n'est pas un anarchiste organisé ni un membre d'un groupe terroriste. C'est un jeune homme radicalisé sur internet, qui a acheté son fusil légalement et planifié son attaque seul. Ce type de menace est le plus difficile à détecter : pas de réseau à infiltrer, pas de complices à surveiller, juste un individu déterminé et une arme longue.

Que peut apprendre la France de l'impasse américaine ?

Face à ce tableau, la tentation est grande, pour un observateur français, de se sentir à l'abri. Mais la comparaison est instructive : elle révèle des différences structurelles profondes, mais aussi des fragilités partagées.

GSPR contre Secret Service : deux visions de la protection rapprochée

En France, la protection du président est assurée par le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR), une unité d'élite de la Gendarmerie nationale. Le GSPR est très centralisé, discret, et fonctionne sur un modèle de « bouclier humain » : les agents se fondent dans la foule et interviennent au plus près.

Aux États-Unis, le Secret Service est une agence fédérale hybride, chargée à la fois de la protection des hautes personnalités et des enquêtes financières. Sa culture est plus visible, plus militaire. Les agents en costume sombre et oreillette forment un cordon ostensible autour du président.

La France n'a jamais connu d'assassinat de président en exercice. Mais les tentatives existent : la plus célèbre est celle du Petit-Clamart, le 22 août 1962, quand l'OAS tend une embuscade à la DS de Charles de Gaulle. Quinze balles frappent la voiture. De Gaulle en sort indemne. Le GSPR est créé peu après.

400 millions contre 4 millions : le défi impossible de la sécurité présidentielle états-unienne

Le chiffre est éloquent. La France compte environ 4 millions d'armes à feu en circulation, un des taux les plus bas du monde occidental. Les États-Unis en comptent 400 millions, soit cent fois plus. Cette différence simplifie considérablement la filtration des menaces en France : il est plus facile d'empêcher une personne armée d'approcher un président quand les armes sont rares.

Aux États-Unis, le Deuxième Amendement garantit le droit de posséder des armes. Toute tentative de régulation se heurte à un obstacle constitutionnel et à un lobby puissant. Les failles du Secret Service ne sont donc pas seulement techniques : elles sont profondément liées à l'impossibilité politique de limiter l'accès aux armes longues. Comme le résume Laurence Nardon, « l'histoire du pays est jalonnée de fusillades ». Sans changement structurel, les protocoles de sécurité ne seront qu'un pansement sur une plaie ouverte.

Forteresse Amérique : peut-on sécuriser la démocratie ?

La question ultime est insoluble. Comment protéger un président sans le couper du peuple qu'il est censé représenter ? Les quatre présidents assassinés l'ont été dans des moments de contact direct avec le public : un théâtre, une gare, une exposition, un cortège. La réponse sécuritaire transforme les meetings en bunkers et isole le chef de l'État derrière des vitres blindées.

Le dilemme démocratique : protéger ou isoler ?

Chaque tentative d'assassinat resserre un peu plus l'étau. Après Kennedy, les décapotables disparaissent. Après Reagan, les hôtels installent des détecteurs de métaux à toutes les entrées. Après Butler, le Secret Service exige des zones d'exclusion aérienne et des périmètres de sécurité de plus en plus larges. Mais à force de protéger le président, on le rend inaccessible. La démocratie américaine se heurte à une contradiction : pour que le chef de l'État soit en sécurité, il doit cesser d'être un citoyen comme les autres.

L'impasse du Deuxième Amendement

Tant que la société américaine ne parviendra pas à réguler l'accès aux armes, les protocoles du Secret Service ne seront qu'un pansement sur une plaie ouverte. Les 400 millions d'armes en circulation garantissent que, tôt ou tard, un déséquilibré, un radicalisé, un anarchiste parviendra à en obtenir une et à s'approcher d'un président ou d'un candidat. La « longue liste » continuera de s'allonger.

Le drame de Butler en 2024, l'incident de Mar-a-Lago en 2026 — détaillé dans notre article Mar-a-Lago : un homme armé abattu par le Secret Service — ne sont pas des anomalies. Ce sont les symptômes d'un système qui produit mécaniquement de la violence politique. La démocratie américaine peut renforcer ses murs, multiplier ses agents, verrouiller ses périmètres. Elle ne pourra pas se protéger d'elle-même tant qu'elle n'affrontera pas, frontalement, le lien entre la facilité d'accès aux armes et la menace qui pèse sur ses dirigeants.

Conclusion : une démocratie sous perfusion sécuritaire

L'histoire des États-Unis est traversée par une contradiction insoluble. Quatre présidents en exercice assassinés, des dizaines de tentatives, des centaines de milliers de menaces chaque année : la violence politique armée n'est pas un accident de parcours mais un trait structurel du système. Les institutions de protection, du Secret Service au GSPR français, ne sont que des réponses tardives à des failles connues depuis le premier assassinat.

Le cas de Donald Trump illustre l'ampleur du problème. Cible récurrente depuis 2017, il incarne une menace qui dépasse les clivages politiques. Le tireur de Butler n'était ni un militant organisé ni un agent étranger : un jeune homme seul, armé d'un fusil acheté légalement, dans un pays où 400 millions d'armes circulent. Aucun protocole de sécurité, aussi sophistiqué soit-il, ne peut garantir l'étanchéité face à une telle prolifération.

La démocratie américaine se trouve face à un choix. Accepter que la sécurité du président passe par son isolement croissant, au risque de le couper des citoyens. Ou affronter la question des armes à feu, au risque de se heurter à un amendement constitutionnel et à un lobby puissant. Entre le bunker et le désarmement, il n'y a pas de troisième voie. Et tant que ce choix ne sera pas fait, les meetings, les cortèges et les poignées de main resteront des jeux de hasard mortels.

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Questions fréquentes

Combien de présidents américains assassinés ?

Quatre présidents en exercice ont été assassinés : Abraham Lincoln, James Garfield, William McKinley et John F. Kennedy.

Qui protège le président des États-Unis ?

Le Secret Service, créé en 1865 pour lutter contre la fausse monnaie, assure la protection rapprochée du président depuis l'assassinat de McKinley en 1901.

Pourquoi Trump est-il souvent visé ?

Donald Trump est particulièrement exposé à cause de ses grands meetings en plein air, de la polarisation extrême qu'il suscite et de la menace de tireurs isolés radicalisés en ligne.

Quelle est la faille du Secret Service à Butler ?

Le 13 juillet 2024, un tireur de 20 ans a tiré depuis un toit à moins de 150 mètres du meeting de Trump, une zone non sécurisée malgré des alertes de témoins et une coordination défaillante.

Sources

  1. List of assassinated American politicians - Wikipedia · en.wikipedia.org
  2. List of assassinations - Wikipedia · en.wikipedia.org
  3. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  4. ici.radio-canada.ca · ici.radio-canada.ca
  5. ifri.org · ifri.org
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Maxime Delbot @green-pulse

Ingénieur environnement à Grenoble et militant écolo discret, je suis l'actualité climatique et les transitions au quotidien. Je teste tout : vélo, compost, sobriété numérique. Je préfère les solutions concrètes aux grands discours catastrophistes.

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