Vin Diesel a officialisé le 11 mai 2026 le développement de quatre séries dérivées de la franchise Fast and Furious pour la plateforme Peacock. L'annonce, faite sur le plateau du Tonight Show avec Jimmy Fallon lors de la présentation des programmes NBCUniversal à New York, a surpris les fans par son ampleur : quatre projets simultanés, confiés à des showrunners reconnus, qui étendent l'univers au-delà du cinéma. Alors que le onzième et dernier film de la saga principale, Fast Forever, est attendu pour le 17 mars 2028, Universal mise sur la télévision pour maintenir la machine en marche. Mais que sait-on de ces séries, de leurs intrigues et de leur disponibilité en France ?

Les quatre séries et leurs showrunners
Universal Television développe simultanément quatre séries, chacune avec une équipe créative distincte. Cette approche permet d'explorer des angles variés de l'univers Fast and Furious sans se limiter à une seule formule. Les annonces officielles, relayées par Deadline, dévoilent les noms des showrunners et leurs précédents travaux. Une nuance importante circule toutefois dans la presse spécialisée : selon Esquire UK, une seule des quatre séries est officiellement confirmée en développement avancé, les trois autres étant à divers stades de préproduction.
Mike Daniels et Wolfe Coleman : la première série

La première série est confiée à Mike Daniels, connu pour son travail sur Sons of Anarchy et Shades of Blue, qui officie comme co-showrunner aux côtés de Wolfe Coleman. Daniels écrit également le pilote. Son expérience des séries criminelles et des univers masculins tendus correspond bien à l'ambiance des premiers films de la franchise, centrés sur les courses illégales et les rivalités de rue. Daniels a également travaillé sur The Rockford Files, ce qui atteste de sa capacité à construire des intrigues criminelles solides. On peut imaginer une série qui reviendrait aux sources, avant que la saga ne bascule dans l'espionnage et les cascades démesurées.
Nick Wootton et Charmaine DeGraté
Le deuxième projet est piloté par Nick Wootton et Charmaine DeGraté. Wootton a travaillé sur des séries comme The Endgame et des productions policières, tandis que DeGraté a collaboré à l'écriture de House of the Dragon. Leur association suggère une approche centrée sur l'action et les enquêtes, peut-être autour d'un personnage secondaire de la franchise. Le contraste entre l'expérience de Wootton dans le thriller procédural et celle de DeGraté dans la fantasy épique pourrait produire une tonalité inédite pour l'univers Fast and Furious.

Ingrid Escajeda, showrunner de Griselda
Ingrid Escajeda, qui a été showrunner de Griselda sur Netflix et productrice de Silo, prend en charge la troisième série. Son travail sur Griselda, qui racontait l'ascension d'une baronne de la drogue colombienne, indique une capacité à construire des récits criminels complexes avec des personnages féminins forts. Cette série pourrait explorer le versant mafieux de l'univers Fast and Furious, peut-être du côté des cartels ou des organisations criminelles internationales. Escajeda a prouvé qu'elle savait traiter des sujets sombres sans tomber dans le misérabilisme.
Joe Henderson, showrunner de Lucifer

Joe Henderson, showrunner de Lucifer pendant plusieurs saisons, développe la quatrième série. Son expérience sur une série mêlant fantastique, humour et enquêtes policières pourrait apporter une tonalité différente à la franchise. Henderson a également travaillé sur White Collar, ce qui montre sa polyvalence. Il a prouvé sa capacité à gérer des arcs narratifs longs et des personnages charismatiques. Une série sous sa direction pourrait adopter un ton plus léger, centré sur les relations entre personnages plutôt que sur les cascades.
La stratégie d'Universal : pourquoi Peacock ?
Le choix de Peacock comme plateforme d'exclusivité n'a rien d'anodin. Peacock est la plateforme de streaming de NBCUniversal, la maison mère d'Universal Pictures. En développant ces séries pour son propre service, Universal cherche à renforcer l'attractivité de Peacock face à Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video. La franchise Fast and Furious est le plus gros actif d'Universal, avec plus de 7 milliards de dollars de recettes cumulées au box-office mondial, ce qui en fait la huitième franchise la plus rentable de l'histoire du cinéma.
Un écosystème intégré

Donna Langley, présidente d'Universal, supervise l'ensemble du projet. Vin Diesel a expliqué que c'est son implication qui l'a convaincu de passer à la télévision. « Tout s'est mis en place lorsque Donna Langley a commencé à superviser l'ensemble du projet, car c'est à ce moment-là que j'ai su que l'intégrité des personnages, l'attrait international, ce qui nous donne à tous le sentiment d'appartenir à une famille, seraient préservés à la télévision », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par Le Figaro.
Cette déclaration est intéressante à plusieurs titres. Diesel, qui avait longtemps résisté aux adaptations télévisées de la franchise, a changé d'avis lorsque Langley a garanti que la direction créative resterait fidèle à l'esprit des films. La supervision directe par la présidente d'Universal indique que ces séries ne sont pas des produits dérivés mineurs, mais des projets stratégiques pour l'avenir de la marque.
Un pari sur l'avenir
Le onzième film, Fast Forever, réalisé par Louis Leterrier, doit conclure la saga principale en 2028. Universal a donc besoin de prolonger la marque sur d'autres supports. Les séries permettent d'explorer des personnages secondaires, de développer des intrigues plus fouillées que dans un film de deux heures, et de fidéliser un public entre deux sorties cinéma. La tendance est lourde à Hollywood : Star Wars, Marvel, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter — toutes ces marques ont été adaptées en séries pour les plateformes de streaming. Fast and Furious suit la même logique.

Les producteurs exécutifs des séries comprennent Vin Diesel lui-même, Sam Vincent (One Race Films), Neal Moritz (Original Film), Pavun Shetty, Chris Morgan et Jeff Kirschenbaum, comme l'a confirmé USA Today. Neal Moritz produit la franchise depuis le premier film en 2001, ce qui garantit une continuité créative. Chris Morgan, qui a écrit la plupart des films depuis Tokyo Drift, est également de la partie. Son absence de l'écriture de F9 avait été remarquée ; son retour comme producteur exécutif des séries est un signe positif pour les fans.
Les intrigues possibles : que peut-on attendre ?
Aucun détail officiel n'a filtré sur les intrigues des quatre séries. Mais en connaissant l'univers Fast and Furious et les profils des showrunners, on peut esquisser quelques pistes. La franchise, qui a débuté en 2001 avec un film basé sur l'article Racer X du journaliste Ken Li, a parcouru un long chemin : des courses de rue de Los Angeles aux missions d'espionnage internationales en passant par les casses spectaculaires.
Retour aux sources : les courses de rue

Les premiers films de la franchise, de Fast and Furious (2001) à Fast and Furious: Tokyo Drift (2006), étaient centrés sur les courses illégales, le tuning et les rivalités entre gangs. Une série confiée à Mike Daniels, avec son expérience de Sons of Anarchy, pourrait revenir à cette époque. On suivrait une nouvelle génération de pilotes dans les rues de Los Angeles ou de Tokyo, avec des enjeux criminels et des trahisons. Les voitures, qui ont toujours été des personnages à part entière dans la franchise, joueraient un rôle central. La Dodge Charger de Dom, la Nissan Skyline de Brian, la Mazda RX-7 de Han — ces véhicules sont aussi emblématiques que les acteurs qui les conduisent.
Les personnages secondaires mis en avant

La franchise compte une galerie de personnages secondaires populaires : Roman Pearce (Tyrese Gibson), Tej Parker (Chris « Ludacris » Bridges), Ramsey (Nathalie Emmanuel), ou encore Han Lue (Sung Kang). Une série pourrait se concentrer sur l'un d'eux, entre deux missions du groupe principal. Han, par exemple, a une histoire complexe qui traverse plusieurs films, avec sa mort dans Tokyo Drift et son retour dans les épisodes suivants grâce à une chronologie réarrangée. Une série centrée sur Han pourrait explorer ses années à Tokyo, ses liens avec le milieu du drift et son passé mystérieux.
Le versant espionnage
Depuis Fast Five (2011), la franchise a basculé dans le film d'espionnage et de casse, avec des missions internationales et des gadgets high-tech. Une série confiée à Joe Henderson ou Ingrid Escajeda pourrait explorer ce versant, avec des opérations secrètes, des trahisons et des alliances improbables. Les personnages de Mr. Nobody (Kurt Russell) ou de la petite amie de Dom, Elena (Elsa Pataky), pourraient être développés. La série animée Fast and Furious : Les Espions dans la course, diffusée sur Netflix de 2019 à 2021, avait déjà exploré ce terrain, mais pour un public plus jeune.

Les origines de Dominic Toretto
F9 (2021) a révélé le passé de Dom Toretto, avec l'introduction de son frère Jakob (John Cena) et la mort de leur père Jack en 1989. Une série pourrait raconter la jeunesse de Dom, ses débuts dans les courses de rue et la formation de son équipe. Cela permettrait d'approfondir un personnage que Vin Diesel incarne depuis 25 ans, sans nécessairement le faire apparaître à l'écran. La chronologie complexe de la franchise — Tokyo Drift se déroule après Fast and Furious 6 malgré sa sortie en 2006 — offre des possibilités narratives intéressantes pour une série préquelle.

La disponibilité en France : un problème majeur
L'enthousiasme des fans français est tempéré par une question pratique : Peacock n'est pas disponible en France. La plateforme de NBCUniversal est exclusivement lancée aux États-Unis et dans quelques pays anglophones. Comme l'indique la page d'accueil de Peacock, le service n'est pas accessible dans l'Hexagone. Les quatre séries Fast and Furious seront donc inaccessibles légalement en France, sauf si un accord de diffusion est trouvé avec une plateforme locale.
Les options possibles pour la France
Plusieurs scénarios sont envisageables. Netflix, qui diffusait déjà la série animée Fast and Furious : Les Espions dans la course, pourrait acquérir les droits. Prime Video, Disney+ ou Canal+ sont également candidats potentiels. Mais rien n'a été annoncé à ce jour. Purebreak souligne que l'absence d'accord de diffusion en France fragilise l'enthousiasme des fans.

Un précédent inquiétant
La série animée Fast and Furious : Les Espions dans la course, produite par DreamWorks Animation et diffusée sur Netflix de 2019 à 2021, avait été disponible en France sans problème. Mais il s'agissait d'un produit destiné à un public jeune, avec un budget limité. Les quatre nouvelles séries, avec des showrunners de renom et des budgets probablement plus élevés, sont conçues comme des productions premium pour Peacock. Leur exportation est plus complexe.
L'absence d'accord fragilise l'enthousiasme
Le public français est l'un des plus fidèles à la franchise : Fast and Furious 8 avait attiré plus de 4 millions de spectateurs dans les salles hexagonales. Les priver d'un accès légal aux séries serait une erreur stratégique. Les fans devront surveiller les annonces des plateformes de streaming dans les mois à venir. Une option possible serait qu'Universal négocie un accord avec une plateforme française pour une diffusion en simultané ou en léger différé par rapport aux États-Unis.
L'impact sur la franchise et l'avenir du cinéma d'action
L'annonce de ces quatre séries intervient à un moment charnière pour la franchise. Le onzième film, Fast Forever, doit sortir en 2028 et conclure la saga principale. Mais Universal ne veut pas laisser mourir la poule aux œufs d'or. La franchise a rapporté plus de 7 milliards de dollars au box-office mondial, et le casting du onzième film promet d'être impressionnant : Vin Diesel, Dwayne Johnson, Jason Statham, Jason Momoa, Cristiano Ronaldo, Jordana Brewster, Tyrese Gibson, Ludacris, Sung Kang et Nathalie Emmanuel.
Une tendance lourde à Hollywood
Les franchises cinématographiques se déclinent de plus en plus en séries télévisées. Star Wars, Marvel, Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter : toutes ces marques ont été adaptées en séries pour les plateformes de streaming. Fast and Furious suit la même logique. L'avantage est double : les séries permettent de développer des personnages secondaires et de maintenir l'intérêt du public entre deux films.

Le défi de la qualité
Toutes les séries dérivées ne sont pas des réussites. Certaines, comme The Mandalorian pour Star Wars, ont su trouver leur public. D'autres, comme Les Anneaux de Pouvoir pour Le Seigneur des Anneaux, ont divisé les fans. Le succès des séries Fast and Furious dépendra de la qualité des scripts, du casting et de la direction artistique. Avec des showrunners comme Mike Daniels, Ingrid Escajeda et Joe Henderson, Universal a misé sur des profils solides. Mais le passage du cinéma à la télévision n'est jamais simple, surtout pour une franchise aussi codifiée.
Le pari de la chronologie
La franchise Fast and Furious a une chronologie complexe, avec des films qui se déroulent hors ordre de sortie. Tokyo Drift, par exemple, se situe chronologiquement entre Fast and Furious 6 et Fast and Furious 7, bien qu'il soit sorti en 2006. Les séries devront s'intégrer dans cette chronologie sans créer d'incohérences. C'est un défi narratif que Chris Morgan, le scénariste historique, connaît bien. La question se pose également pour les personnages : si une série se déroule entre deux films, les acteurs vieillissent-ils en temps réel ou les séries seront-elles animées ou préquelles ?
Conclusion
L'annonce de Vin Diesel concernant quatre séries dérivées de Fast and Furious sur Peacock marque un tournant pour la franchise. Universal mise sur la télévision pour prolonger la vie de son plus gros actif, avec des showrunners expérimentés et une équipe de production solide. Les intrigues possibles sont nombreuses : retour aux courses de rue, développement de personnages secondaires, exploration du passé de Dom ou plongée dans l'espionnage. Mais le problème de la disponibilité en France reste entier. Peacock n'étant pas accessible dans l'Hexagone, les fans français devront attendre un accord de diffusion avec une plateforme locale. En attendant, la franchise continue de rouler à plein régime, entre le onzième film prévu pour 2028 et ces quatre séries qui pourraient redéfinir son univers. Reste à savoir si la qualité sera au rendez-vous et si le public suivra.