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Accro aux sucres
Posté par spy le 27/04/2018 23:48:12
<bVotre enfant est accro au sucre ? Voici comment l’aider
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Sodas, gâteaux, bonbons...Les petits Français mangent deux à trois fois trop de sucres. Avec à la clé, un risque accru de surpoids et de carie.

Une seule canette de soda et votre enfant a déjà dépassé le seuil de sucres ajoutés recommandé pour la journée.

En théorie, il faudrait que ces derniers représentent moins de 5 % de la ration calorique quotidienne pour prévenir les risques de surpoids, d’obésité, de diabète et de carie dentaire.

L’enquête alimentaire Inca 3 montre que les petits Français en consomment probablement deux à trois fois plus, mais il faut dire que les sucres sont partout.
Comment, alors, limiter leur consommation?

«Il n’est pas question d’interdire, prévient d’emblée le Pr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition à l’Institut Pasteur de Lille. Cela ne sert à rien, que ça vienne des parents ou de la société.
C’est au contraire le meilleur moyen d’inciter les enfants à braver cet interdit.


En outre, diaboliser une catégorie d’aliments entraîne des troubles de la relation alimentaire, puis des comportements potentiellement graves.
Non, ce qu’il faut, c’est expliquer aux enfants pourquoi le sucre peut être nocif pour la santé et les aider à réaliser les quantités qu’ils consomment.
En parallèle, il est fondamental de leur apprendre à apprécier les produits sucrés et à les déguster.
Il ne faut pas qu’ils aient à se cacher et à les avaler à la va-vite mais, au contraire, qu’ils prennent le temps de les savourer, sans culpabilité pour une relation saine avec l’alimentation», explique-t-il.


Réduire la tentation
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La première des mesures pour limiter les tentations est de limiter l’exposition.

Il ne faut pas laisser de produits sucrés en libre-service à la maison.
«S’il y a des confiseries, des chocolats ou des crèmes dessert dans les placards ou dans le réfrigérateur, ils en mangeront. Et encore plus si c’est interdit!
Il faut ne pas trop en stocker. Pour le dessert, un fruit est suffisant», détaille Jean-Michel Lecerf. «Ceci est d’autant plus important quand les parents, commerçants par exemple, sont absents les mercredis et samedis avec des enfants seuls à la maison. Ils ont beau préparer un repas, l’enfant sera toujours tenté de grignoter des produits superflus et notamment sucrés», insiste Béatrice de Reynal, médecin nutritionniste.

Il faut également apprendre aux jeunes à connaître les quantités de sucre présentes dans l’alimentation.
Pour cela, cuisiner avec les enfants est excellent.
C’est en faisant un gâteau qu’ils réaliseront que 200 grammes de sucre représentent plus de cinq fois la quantité quotidienne recommandée pour eux.
Sitôt qu’ils savent lire, on peut leur montrer les données nutritionnelles sur les étiquettes.
Cela permet de leur montrer que le ketchup, par exemple, contient beaucoup de sucre, destiné à masquer l’acidité de la tomate.

Les sucres cachés des aliments favorisent les caries et l’obésité

« Aucun aliment n’est à diaboliser. L’idée est d’amorcer une prise de conscience et non pas une interdiction »

Pr Jean-Michel Lecerf, médecin nutritionniste

Interdire sans expliquer ne sert à rien

Il existe aussi de nombreux «petits trucs» à pratiquer en famille pour réduire les apports en sucre:
-cuisiner soi-même à partir d’aliments simples pour éviter les sucres ajoutés des produits industriels,
-diminuer progressivement les quantités de sucre dans les recettes de gâteaux ou dans les desserts laitiers pour déshabituer à un goût trop sucré,
-préférer la compote sans sucres ajoutés,
-proposer du pain beurré au goûter plutôt que des biscuits sucrés,
-réduire les portions de céréales du matin pour les enfants en complétant avec une tranche de pain.
-Et, évidemment, poser une carafe d’eau sur la table des repas, pourquoi pas avec une branche de menthe fraîche ou une rondelle de citron.


Chez les adolescents, l’information et la sensibilisation sont fondamentales: une fois encore, les interdictions ne servent à rien.
«Ils ne sont pas insensibles aux messages de prévention mais l’effet de groupe l’emporte sur la décision individuelle.
Si toute la bande va au fast-food ou à la pizzeria, le jeune suit et c’est normal.
Il est plus sain de le savoir dans le groupe que tout seul, au régime.
Néanmoins, il ne faut pas croire que les adolescents mangent n’importe quoi.
Ils attachent de l’importance à l’alimentation… Pas pour des raisons de santé car ils ne se sentent pas concernés, mais pour se sentir bien, être beaux, vis-à-vis des autres»,
commente Béatrice de Reynal.

Les médecins en sont de plus en plus convaincus : remplacer les aliments sucrés par leur version « light » ne marche pas. Ni contre l’obésité, ni contre le diabète.

L’excès de sucre reste un problème majeur pour la santé.
Pourtant, le discours officiel n’a pas toujours été aussi pessimiste. Lorsque David Ludwig, désormais professeur de nutrition à la prestigieuse faculté de Harvard, a achevé ses études de médecine dans les années 1990, les régimes pauvres en graisse étaient le fer de lance des nutritionnistes américains. Depuis, le médecin a dû se rendre à l’évidence: «Toutes les calories ne se valent pas», et celles provenant du sucre font des dégâts considérables sur la santé lorsqu’elles sont prises en excès. Ce qui est le cas pour la plupart des consommateurs des pays industrialisés.

Les nutritionnistes ne suggèrent pas de cesser toute consommation de sucre, mais mettent en garde contre les sucres ajoutés ou cachés là où on ne les attend pas.

Dans Toujours faim (éd. Marabout), le Pr Ludwig pointe du doigt l’industrie agroalimentaire:

«L’une des causes les plus évidentes du problème est la consommation de produits hautement transformés - le pain, les céréales pour le petit déjeuner, les biscuits salés, les gâteaux, les biscuits sucrés, les sucreries et les boissons sucrées, qui, durant l’ère du “sans graisses”, ont été prônés par tous les régimes.»

«Comme tous les autres aliments, le sucre doit être consommé raisonnablement»


Le danger de cette omniprésence est celui d’une consommation en excès. «Comme tous les autres aliments, le sucre doit être consommé raisonnablement», explique ainsi la nutritionniste Béatrice de Reynal dans Ouvrez l’œil avant d’ouvrir la bouche (Robert Laffont).

Plus de la moitié de notre énergie quotidienne devrait être apportée par les glucides. Mais celles contenues dans le sucre de table ou les boissons sucrées ne valent pas les glucides complexes, présentes dans les féculents, le pain, les pommes de terre, etc.

«Nous recommandons les sucres plus ou moins complexes afin qu’ils puissent distiller peu à peu leurs sucres simples au corps, durant toute la journée, précise Béatrice de Reynal. Les glucides complexes sont les gardiens de notre satiété.»

Les boissons sucrées et autres aliments riches en sucres simples, eux, provoquent rapidement un pic de glycémie, qui lui-même est le plus susceptible de provoquer un pic de sécrétion d’insuline.
Cela permet d’abaisser la glycémie en faisant rentrer dans les cellules le glucose circulant dans le sang, mais cela a un prix: l’insuline va favoriser l’accumulation de graisse, puis la survenue d’un diabète lorsque à force d’être stimulées par l’insuline les cellules vont lui développer une résistance.

Quant aux édulcorants artificiels, ils ne sont pas la solution.

Car s’ils peuvent satisfaire notre goût du sucré sans apporter de calories, ils ressemblent tellement au sucre que notre organisme déclenche les mêmes mécanismes!
Cela ne fait désormais aucun doute pour Michel Desmurget, neurobiologiste et directeur de recherche Inserm, auteur de L’Antirégime, maigrir pour de bon (Belin):
«Je crois que les données récentes (et indépendantes) sur les édulcorants de synthèse sont relativement claires , explique-t-il au Figaro. Suffisamment en tout cas pour que je cesse du jour au lendemain toute consommation, moi qui buvais auparavant jusqu’à 1,5 litre de soda light par jour!
Les édulcorants de synthèse stimulent l’appétit et perturbent le microbiote intestinal.» (David Ludwig, professeur de nutrition à Harvard)

«Les édulcorants artificiels peuvent stimuler la sécrétion d’insuline, les calories étant alors acheminées vers les cellules graisseuses et la sensation de faim étant augmentée», ajoute le Pr Ludwig.
Une autre équipe de Harvard vient de publier une étude montrant que l’aspartame, édulcorant de synthèse largement utilisé, diminuait au niveau de l’intestin une enzyme, la phosphatase alcaline intestinale, dont le rôle est précisément de protéger contre le syndrome métabolique (surpoids, intolérance au glucose, etc.).
Selon le Pr Richard Hodin et ses collègues, «cela pourrait expliquer l’absence de perte de poids et d’amélioration du métabolisme que l’on espérait avec les boissons light».

«Chez nos ancêtres les chasseurs-cueilleurs, les apports en glucides représentaient 40% des apports énergétiques totaux, et sans sucres raffinés évidemment!», explique le Dr Laurent Chevallier, nutritionniste et auteur de "Alors, on mange quoi ?" Le guide du bon sans toxique (avec Claude Aubert, Fayard).

«Le sucre, qui n’était autrefois présent que dans les fruits, certains légumes et le miel, est aujourd’hui omniprésent. Actuellement, on estime que sur 100 grammes de glucides consommés, seulement 30 grammes sont issus des aliments naturels, le reste provenant de sucres ajoutés, essentiellement dans les produits industriels, et directement à domicile dans les yaourts et autres laitages, ou les boissons comme le café…»
Un problème d’autant plus important que notre activité physique n’est en rien comparable à celle de nos ancêtres. «Un mammifère qui réduit son activité réduit normalement son alimentation», remarque Laurent Chevallier.
Mais «avec les exhausteurs de goût (sucré, salé, glutamate…), les industriels cherchent à faire manger toujours plus!»


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