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Sans toi, tout n'est rien
Posté par tf2008 le 10/01/2005 00:00:50
Je me suis approchée de lui et je lui ai souris. Comme ça, sans aucune raison, juste par envie. Juste un désir incontrôlable et irrépressible. Il m'a sourit à son tour, pas d'un sourire de politesse, mais plutôt de compréhension, et peut être aussi de soulagement. Il m'a pris la main, et nous nous sommes éloignés de la masse qui commençait à s'étendre devant nous. Je l'ai regardé. J'ai regardé ce visage qui me manquera toujours. Le visage d'un ange, celui qui me fascine tant et que je ne peux oublier. Alors je l'ai détaillé inlassablement, il ne m'a rien dit, comme s'il n'avait pas sentit mes yeux sur lui. Mais je sais qu'il s'en rendait compte comme je sais beaucoup de chose sur lui maintenant. Maintenant qu'il est parti. Il a resserré l'étreinte de sa main, et nous avons poursuivi notre progression dans cette foule, sans nous retourner. Nous nous sommes enfin arrêté. Il m'a encore sourit, puis a posé un baiser sur mes lèvres, délicatement. J'ai succombé à son charme. Il m'a regardé droit dans les yeux, comme si c'était la dernière fois qu'il me voyait. Nous sommes restés comme ça, inertes, sans bouger durant plusieurs minutes. J'ai respecté son silence, je l'ai laisser faire, je savais. Enfin, il m'a parlé, d'une voix douce, si pénétrante et ensorcelante. Je ne me souviens plus de se qu'il m'avait dit, seulement que je n'avais qu'une chose en tête. Lui.

Le ciel était nuageux, "d'une tristesse incomparable" comme il disait. Le vent soufflait ce jour-là, s'engouffrait dans nos manteaux, ébouriffant ses cheveux et le rendant encore plus irrésistible. Il aimait ce temps. Il disait qu'il décrivait parfaitement nos deux coeurs. Qu'il montrait nos tourments, nos douleurs et nos désespoir. Mais ce n'était pas seulement ça. Lui pensait qu'il reflétait nos désirs et nos indécisions. Moi, cela me faisait pensé à la première fois que je l'ai vu. C'était le même ciel, cette même douceur, ce même silence avant l'orage. Comme si le temps c'était arrêté.

Nous sommes restés inséparables ce jour-là. C'était un mardi. Notre mardi. Maintenant ce n'est plus qu'un souvenir, le meilleur que je n'ai jamais eu et le meilleur que je n'aurais plus jamais. Je ne le savais pas, lui non plus. Peut-être était-ce involontaire, inconscient ? Je ne le sais pas. Mais c'était notre dernière journée. Celle que m'ont offert les dieux pour me souvenir de lui ou juste celle qu'il m'a offert pour me dire qu'il m'aimait. Mais maintenant je ne le reverrais jamais. J'ai essayé de comprendre, j'ai essayé d'accepter, mais c'est impossible. Chaque jour j'ai l'impression qu'il va surgir devant moi, chaque jour je l'attend, j'entends ses pas, sa voix dans ma tête comme s'il était tout contre moi. Mais il ne revient jamais, comme s'il m'avait complètement oublié et cela pour l'éternité. Je voudrais mourir, pas seulement pour ne plus vivre, mais aussi pour savoir où il est parti, s'il est bien, s'il pense toujours à moi, s'il me voit. Je pleure souvent pour lui, mon ange et je rêve de lui car je ne peux plus vivre avec lui le jour. Je ne le vois plus dans la lumière, alors je l'aperçois dans mes nuits. J'ai envi de croire que les rêves nous lient avec les Autres, Mes En Allés, qu'avec la nuit tous reviennent dans nos rêves, tous sont là pour nous rappeler qu'ils nous ont aimés.

Il était beau, merveilleusement beau. Pas un dieu, mais seulement lui. Et c'était déjà beaucoup. Mon ange... Il s'assumait, comme il assumait sa vie, il s'acceptait comme il refusait son existence. Il se battait toujours pour mieux vivre et pour être bien dans sa peau, dans ses goûts ou dans ses opinions. Il écoutait les autres, il était d'une patience inébranlable et aujourd'hui il n'est plus qu'un souvenir. Il était "spécial", ce seul mot suffisait à le faire sourire. Il détestait la normalité, il voulait que tous les jours soient un perpétuel changement. Il chamboulait tout et voulait souvent virer de bord. Il n'en a pas eu le temps. C'était un romantique qui se complaisait dans la souffrance et en même temps ne pouvait la supporter. Il aimait le noir, la nuit, cet "obscursisme" l'ensorcelait. Cette vision incertaine du monde quand la nuit tombe, cette fatalité qui bloque notre regard, qui cachent des mystères et des trésors plus magiques que la vie elle-même. Cette liaison qu'à la nuit avec la mort je la ressens plus que jamais maintenant qu'il n'est plus là. Ce fanatisme qu'ont les gens en eux, cette violence, cette cruauté, cette décadence, la nuit nous les révèlent aussi. C'est pour cela qu'elle est souvent le signe de la mort, de la peur et de la souffrance. Mais si nous regardions les étoiles, si nous les admirions, nous pourrions voir que la nuit est un instant insolite et improbable. J'aime croire que chaque Invisible a son étoile, et qu'ils nous sourient. Comme le Petit Prince, c'est toi qui me sourit mon ange.

Tu m'avais écrit une lettre. Un petit peu de toi comme tu disais, un brin de toi que je garderais toujours en moi, perdu dans mon coeur. Je ne l'ai pas encore ouverte. Je l'ai laissé sur la table et souvent je la regarde sans comprendre vraiment. Ta dernière lettre, les dernières traces que j'ai de toi. Sur l'enveloppe, mon nom, en noir, écrit de ta main. Une petite écriture droite et fine. La plus belle écriture au monde. Je l'ai souvent admiré en me disant toujours que je l'ouvrirais demain, mais en vain. Je ne sais pas si je l'ouvrirais un jour, je l'ignore. Mais j'ai si peur de ce que je pourrais y trouver. Tout ce que je sais c'est que je veux te retrouver. Comment, je ne sais pas, la mort est-elle une solution ? Je ne crois pas, mais c'est la seule qui me vienne à l'esprit.

J'aurais espéré te voir ce soir. Comme toute les nuits, je rêve de ton visage, mais ce n'est qu'un mirage. J'ai essayé de comprendre pourquoi tu m'avais laissé si soudainement, pourquoi tu m'avais abandonné. Je t'assure que j'ai essayé mais je tant veux toujours autant. Une rancoeur, une amertume, un désespoir si vif et si douloureux. Si seulement tu savais. Si seulement tu savais le mal que ça m'as fait et que ça me fais encore. Heure après heure, jour après jour. Mais si je te revois... Si je te revois, je n'aurais plus aucune lame à te planter. Je n'aurais plus rien à te reprocher. Tu serais là et je serais heureuse. C'est tout et c'est injuste. Pourquoi peux-tu me faire tant de mal en étant aussi loin ? Pourquoi mon ange ?

Je n'arrive pas à croire que tu m'ais abandonné. Tu as quitté un monde qui n'était pas le tien. Mais l'as-tu trouvé maintenant ? Ton monde ? Est-ce celui où je ne suis pas ? En un sens je t'en veux. En un sens je te comprends. J'avais beau t'aimer, plus que n'aurait pu contenir tous les coeurs du monde, ce n'était pas suffisant. Je savais bien que tu me laisserais. Mais si tôt pourtant... J'aurais aimé vivre avec toi, te voir sourire encore. Mais tout n'est plus qu'un rêve.

Je suis seule, plus encore qu'hier, car hier tu étais là. Aujourd'hui, chaque jour passe par une infinie tristesse. Je n'arrive plus à pleurer, je n'en ai plus la force. Tu étais tellement tout. Moi sans toi, je ne suis rien. Sans tes yeux je suis aveugle. Sans tes mains je me perds. Et si tu savais comme je le suis, perdue. Hésitant entre deux mondes, en ne sachant pas lequel choisir. Il me faut faire un pas, un seul. Avancer ? Rester là ? Si seulement je pouvais reculer, revenir en arrière...

Les nuits deviennent insupportables, comme si j'avais peur de te voir. Pourtant j'en rêve. Je ne te regarde plus en photo, j'ai trop peur de souffrir encore plus. Tu aurais dû m'emmener avec toi, tu aurais vraiment dû. Je serais allée n'importe où pour toi, j'aurais fait n'importe quoi mon ange...

Il pleut, l'Eternel pleure avec moi, ou est-ce seulement le ciel ? Est-ce que Dieu est capable de compatir à cette douleur ? A cette douleur qui me foudroie le coeur à chaque battement ? A chaque respiration devenant un supplice ? Je ne vis plus sans toi, je dépérie, je ne fais que survivre. Je t'ai tant aimé, je t'aime encore autant et je t'aimerais toujours plus. Mais cela fait maintenant trop longtemps que tu me manques, trop longtemps que je rêve de toi sans te voir. Si seulement Notre mardi ne s'était jamais arrêté...


A toi mon ange...

Modifié le 12/01/2005 13:29:44

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par la-chieuse00 le 10/01/2005 18:53:49
Magnifique...rien a dire , vraiment!
histoire vraie..?
bizoux

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par enzomydog le 10/01/2005 19:06:23
j'adore ton texte trop bien écrit, juste c'est ube histoire vraie?
kiss

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Re: sans toi, tout n'est rien
Posté par tf2008 le 10/01/2005 20:09:55
Je suis assez surprise que ça vous plaise parce que c'est un texte qui a été totalement irréfléchi et sous une pulsion monstre. En tt cas merci de l'avoir lu. Merci ...

Modifié le 27/03/2005 16:35:38

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par amenpeine le 12/01/2005 08:48:15
Très juste. Magnifique!
En tout cas tu n'es pas seule, je vis la même chose en ce moment, c'est pour cela que ton texte me touche autant.
Courage

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par enzomydog le 13/01/2005 20:11:46
jue voulé te dire que si tu souhaitais faire ton deuil, mais seulemnt dans ce cas, pourquoi n'essaierais tu pas d'ouvrir la lettre? c'est juste un conseil qui pourrait surement t'aider
kiss
sandra

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par tf2008 le 14/01/2005 22:13:48
Peut être. Mais pas pour l'instant. Je... Je ne sais pas, c'est come si, en gardant le contenu de cette lettre inconnu, je gardais un peu de lui. Je ne sais pas... Je sais que qd j'aurais fini de la lire, il existera plus. Enfin juste à travers mes souvenirs, et je saurais que ça sera vraiment fini. Il avait l'habitude de plus écrire que de parler. Ecrire pour lui c'était un trésor et son écriture est mon trésor. Qd je l'aurais ouverte, je n'aurais plus rien, plus d'espoir parce que... je ne sais pas... Je ne sais plus... Je ne veux pas abimer les dernières traces de lui peut etre... Je ne sais pas, plus du tt...

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Re: Sans toi, tout n'est rien
Posté par petiteplume le 16/01/2005 22:10:26
Ton message m'a fait souffrir...........je t'en suplis,c'est l'occasion de prendre des résolutions en se début d'année 2005,mais VIE..........
Dans plusieurs années,quand tu penseras à ses moments là....,tu vas te dire tout se temps ou j'ai pleuré ,idolatré des souvenirs,tout se temps perdu.Mais je sais....il faut faire son deuil!!Tu y es en plein de dans.Et moi je dit merci à ma petite soeur,qui m'a ete d'un grand soutient,elle a su me secouer ,des fois ça fait du bien aussi.
Mais je te souhaite beaucoup de courage,il faut que tu choises entre ta vrais vie,et celle de tes pensées......Et moi je sais se que je ferais....
Chaleureusement.......

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