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Attaquer l'Irak ?
Posté par nordine le 20/08/2004 07:50:04
Dossier Special sur l'Irak où aujourd'hui Colin Powell se donne 90 minutes pour essayer de convaincre le conseil de sécurité...

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell s'est donné 90 minutes pour essayer de convaincre un Conseil de sécurité des Nations Unies divisé que l'Irak refuse toujours de désarmer et qu'il est temps de passer à une nouvelle étape, la guerre. La présentation de. M.Powell sera "multimédia", faisant appel notamment à la projection de photographies. Il sera notamment accompagné par George Tenet, le directeur de la CIA (Agence centrale du renseignement). Il pourrait également faire appel aux témoignages d'Irakiens ayant fait défection.




"Nous ferons, a précisé Colin Powell, une démonstration franche, sobre, convaincante, du fait que Saddam cache les éléments concernant ses armes de destruction massive tout en gardant les armes elles-mêmes". Mais il a reconnu qu'il "n'y aura pas de preuves de flagrant délit", laissant entendre qu'il s'agirait plutôt d'un faisceau de présomptions et d'éléments à charge.

La tâche des Etats-Unis s'annonce difficile : une large majorité des 15 membres du Conseil n'est en effet, à ce jour, pas disposée à voter une résolution qui donnerait le feu vert à une intervention militaire contre Bagdad...

Le Pentagone a déployé des avions de combat furtifs F-117A "Nighthawk" basés au Nouveau Mexique en vue d'une éventuelle intervention militaire contre l'Irak, ont indiqué des responsables américains. Les F-117A sont les seuls avions américains ou alliés qui aient été utilisés pour frapper des cibles au centre de Bagdad durant la guerre du Golfe, en 1991. De couleur sombre et de forme triangulaire, ces avions de combat monoplaces ont été conçus pour passer inaperçu des systèmes radar et attaquer des cibles avec une précision se voulant "chirurgicale".


Saddam nie tout lien avec Al-Qaeda. "Si nous avions une relation avec Al-Qaeda et que nous croyions en cette relation, nous n'aurions pas honte de l'admettre" a également affirmé le président irakien Saddam Hussein, dans une interview accordée durant le week-end à l'ancien député travailliste britannique Tony Benn. Dans cet entretien diffusé mardi sur la chaîne de télévision Channel 4, le maître de Bagdad insiste aussi sur le fait que l'Irak ne possède pas d'armes de destruction massive et accuse la Grande-Bretagne et les Etats-Unis de vouloir la guerre afin de contrôler le pétrole au Moyen-Orient.

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Attaquer l'Irak ?
Posté par lille le 20/08/2004 07:50:04
qu'est ce qu'on attends pour faire la guerre??qu'on montre un peu qui c les boss!merde!

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Attaquer l'Irak ?
Posté par dany dool le 20/08/2004 07:50:04
Non à la guerre des États-Unis contre l'Irak! Pour un mouvement
international contre l'impérialisme!

Déclaration du comité de rédaction du World Socialist Web Site
17 septembre 2002



Le World Socialist Web Site condamne la campagne américaine pour une
guerre contre l'Irak et appelle les travailleurs, les jeunes et les
opposants au militarisme aux États-Unis et à travers le monde à
lancer un mouvement populaire d'opposition à la guerre impérialiste,
contre Bush, le Parti démocrate et les autres représentants de
l'élite politique et financière américaine.

Lorsque l'on analyse un grand événement historique, à savoir la
dérive effrénée de l'impérialisme américain vers la guerre totale, il
faut appeler les choses par leur nom et ne pas se laisser désorienter
ou impressionner par le déluge de propagande que nous sert la Maison
blanche, le Pentagone ou le Congrès et qui est repris et amplifié par
les médias américains.

Ce que Bush propose et que le Congrès se prépare à endosser, c'est
une guerre de pillage d'une des nations les plus faibles du monde par
la plus puissante. Avec sa réserve de pétrole, la deuxième en
importance au monde, l'Irak est un morceau de choix pour ExxonMobil,
ChevronTexaco et les autres grandes entreprises américaines. Lorsque
Bush parle d'un «changement de régime», il veut dire le remplacement
d'un état irakien indépendant par un régime semi-colonial dirigé par
un valet des Américains tel que Hamid Karzai, le président afghan
installé par les États-Unis, ce qui donnerait en pratique le contrôle
des ressources de ce pays à des intérêts américains et britanniques.

Peu importe la quantité d'épithètes dont l'on affublera Saddam
Hussein, jamais cela ne fera de l'Irak une menace stratégique pour
les États-Unis. Les avertissements apocalyptiques de Bush, du
vice-président Cheney et d'autres porte-parole de l'administration,
selon qui une attaque des États-Unis par l'Irak au moyen d'armes
chimiques, biologiques ou nucléaires serait imminente, sont une
tentative cynique de manipuler l'opinion publique américaine. Ces
déclarations sont des mensonges. Bush, Cheney et Cie le savent bien.
Ils savent aussi qu'ils ne seront pas contredits par les médias
américains corrompus ou par le Parti démocrate.

La guerre contre l'Irak prépare le terrain pour d'autres conflits
sanglants où la mort et la destruction risquent d'atteindre un niveau
sans précédent. Dans un commentaire paru récemment dans le Washington
Post, l'ancien conseiller présidentiel en matière de sécurité
nationale, Zbigniew Brzezinski, avertissait qu'une guerre préventive
contre l'Irak déstabiliserait en profondeur l'ensemble des relations
internationales. Les ennemis des États-Unis décriraient ces derniers
comme un «gangster mondial», a indiqué Brzezinski. L'expression en
dit sans doute plus qu'il le voulait: l'administration Bush se
prépare à lancer ce qui est vu à travers le monde comme une opération
criminelle.

Un programme d'agression digne du nazisme

Le gouvernement américain s'est lancé dans la voie de la violence
militaire et de la provocation politique à un niveau jamais vu depuis
les jours du nazisme. La comparaison n'est ni farfelue ni rhétorique.
En proclamant publiquement la doctrine de la guerre de prévention (en
d'autres mots, le lancement de la guerre dans un but agressif avec à
peine un semblant d'autodéfense), Bush et consorts se préparent à
commettre le crime principal pour lequel des dirigeants de
l'Allemagne nazie et du Japon impérial avaient été jugés après la
Deuxième Guerre mondiale, puis trouvés coupables et exécutés.

Il y a raison de croire que les représentants de l'administration
Bush sont conscients qu'ils pourraient être poursuivis en vertu du
précédent de Nuremberg où les nazis avaient été reconnus coupables du
crime de «guerre d'agression» pour avoir envahi la Tchécoslovaquie,
la Pologne, le Danemark, les Pays-Bas et d'autres pays voisins, qui
ne posaient aucune menace pour eux. C'est ce qui explique la campagne
stridente des États-Unis pour soustraire leurs militaires et leur
personnel des Affaires étrangères à la juridiction de la Cour pénale
internationale mise en place par l'ONU pour juger les cas de crimes
de guerre.

Comme le New York Times rapportait dans un article extraordinaire
paru le 7 septembre: «L'administration Bush a changé d'angle dans sa
tentative d'exempter les ressortissants américains de la juridiction
de la Cour pénale internationale. Elle explique à ses alliés
européens qu'une des raisons principales est de protéger les hauts
dirigeants du pays pour qu'ils ne puissent être arrêtés ou traînés en
cour pour répondre à des accusations de crimes de guerre, nous disent
des représentants de l'administration.»

Des représentants américains ont cité en exemple les poursuites
judiciaires entreprises au Chili et aux États-Unis même contre
l'ancien secrétaire d'État, Henry Kissinger. Ce dernier a été accusé
d'être responsable des meurtres en masse qui ont accompagné le coup
d'état militaire de 1973 au Chili, coup d'état appuyé par la CIA et
qui a établi la dictature du général Augusto Pinochet. Un haut
fonctionnaire américain a déclaré au Times que l'administration
n'était pas inquiète des soldats américains qui pourraient commettre
des atrocités, «les futurs lieutenant Calley», mais des poursuites
pour crimes de guerre visant les «principaux dirigeants civils», le
président Bush, le secrétaire d'État Rumsfeld, le secrétaire d'État
Powell.

L'administration Bush imite la technique du «gros mensonge» de Hitler
et Goebbels lorsqu'elle tente de décrire l'Irak comme une menace
mortelle. Cette campagne compte sur le fait que la population ignore
les faits les plus élémentaires. L'Irak est un pays appauvri qui a
été dévasté par la guerre menée par les États-Unis il y a seulement
dix ans. Il n'est pas et ne peut pas être une menace pour les
États-Unis, la puissance militaire à laquelle aucune autre ne peut se
comparer.

En terme de population, l'Irak arrive en quarante-quatrième position.
En terme de superficie, elle arrive au cinquante-sixième rang,
derrière l'Afghanistan pour ces deux catégories. L'écart entre l'Irak
et les États-Unis en ce qui a trait à la puissance économique est
stupéfiant. L'Irak avait un PIB de 57 milliards US en 2000, moins que
la fortune du seul Bill Gates. L'économie américaine de 11 billions
est 200 fois plus importante que celle de l'Irak, qui est juste
derrière la Birmanie et le Sri Lanka et juste devant le Guatemala et
le Kenya quant à la production totale.

En terme de puissance militaire, l'écart est encore plus important.
Lors de la guerre du Golfe en 1991, des dizaines de milliers de
conscrits irakiens ont été incinérés par les bombes, les missiles et
les autres armes de pointe américaines, alors que seulement quelques
centaines de soldats américains y ont laissé leur vie. Dans la
décennie qui a suivi, l'Irak a été l'objet d'un embargo économique et
a subi des bombardements à répétition. L'armée irakienne n'est plus
qu'à un tiers de ce qu'elle était en 1990. Pendant ce temps, le
Pentagone s'est enflé à un tel point que le budget militaire des
États-Unis est plus important que le total des 25 autres budgets
militaires les plus importants.

Le caractère de classe de la guerre

Le caractère fondamental d'une guerre est défini par la nature de
classe et la position historique des États impliqués. Les États-Unis
sont le pays impérialiste le plus puissant et cherchent à dominer le
monde. Son attaque imminente contre l'Irak est la culmination de deux
décennies d'actes toujours plus inconsidérés et agressifs, au cours
desquelles les forces américaines ont bombardé, attaqué, occupé ou
déstabilisé plus de douze pays: le Nicaragua, le Panama, la Grenade,
Haïti, la Somalie, le Soudan, la Libye, le Liban, l'Irak, l'Iran,
l'Afghanistan et les différents États et fragments qui formaient la
Yougoslavie.

L'origine de l'Irak en tant que pays remonte à l'oppression
coloniale. Ce pays a été dirigé pendant des décennies par la
Grande-Bretagne qui en a taillé le territoire à partir des débris de
l'empire ottoman. Depuis la fin des 1950, quand le dernier des
monarques imposés par les Britanniques a été renversé, le pays a été
dirigé par une série de régimes nationalistes bourgeois soutenus par
l'armée qui ont cherché, tout au long de la Guerre froide, à balancer
entre les États-Unis et l'Union soviétique

Après que la révolution iranienne de 1979 eut chassé le Shah, l'allié
le plus important des États-Unis dans un Golfe Persique riche en
pétrole, le président irakien Saddam Hussein s'est porté volontaire
pour le remplacer. L'invasion de l'Iran par Hussein en 1980 a été
accueillie avec enthousiasme par Washington, qui établit des liens
étroits avec Bagdad, laissant tomber son opposition à la vente
d'armes au régime de Hussein et fournissant aux militaires irakiens
des photographies satellites des déplacements des troupes iraniennes.

Alors que l'administration Bush déclare que la possession d'armes
chimiques par l'Irak est un casus belli, elle se garde de mentionner
l'origine de ces armes. L'administration Reagan a appuyé
l'acquisition et l'utilisation d'armes chimiques par l'Irak pour
empêcher la victoire de l'Iran. Les États-Unis ont même transmis des
informations aux Irakiens qui furent utilisés pour monter des
attaques au gaz moutarde contre des milliers de soldats iraniens.

Des représentants de l'administration Bush ont défendu l'idée qu'un
des crimes de Saddam Hussein était d'avoir commencé une guerre avec
l'Iran qui a résulté en un million de morts. Ils savent pourtant très
bien que la responsabilité de ce crime est portée en bonne partie par
le gouvernement américain, y compris par ses représentants comme le
secrétaire d'État à la Défense, Donald Rumsfeld, qui était à cette
époque l'envoyé spécial de Reagan au Moyen-Orient et incitait Hussein
à massacrer le plus de jeunes Iraniens possible.

Ce n'est qu'en 1990, avec l'invasion du Koweït, que le dirigeant
irakien est entré en conflit avec les États-Unis. Il a alors été
rapidement transformé d'ami à ennemi au moyen d'une de ces campagnes
de «diabolisation» dont le gouvernement et les médias américains ont
souvent fait usage: pour Manuel Noriega du Panama, pour Mohammed
Aideed de Somalie, pour Slobodan Milosevic de Yougoslavie et même
pour Oussama Ben Laden qui a été «combattant de la liberté» lorsqu'il
affrontait les Soviétiques avant de devenir terroriste en chef.
Hussein à son tour, fut décrit comme la Bête de Bagdad, le nouvel
Hitler qui pourrait envahir tout le Golfe Persique et par le fait
même menacerait le contrôle américain des ressources en pétrole.

Douze années après la destruction de la majeure partie de l'appareil
militaire irakien, la Maison blanche ne peut plus prétendre que
Saddam Hussein cherche à conquérir ses voisins par la force. Plutôt,
à la suite des attaques du 11 septembre, l'administration Bush a
concocté une nouvelle excuse pour attaquer l'Irak, qu'elle n'avait
jamais même rêvé de posséder: la possibilité d'une alliance entre le
régime laïc irakien et les intégristes religieux d'Al Qaida qui ont
souvent réclamé le renversement du régime Hussein.

Quels sont les véritables buts de guerre de Washington?

* Premièrement, l'occupation militaire de l'Irak et le contrôle de son pétrole.

Ceci aidera énormément les monopoles de l'industrie de l'énergie qui
ont une énorme influence sur la politique étrangère américaine en
général et qui domine l'administration Bush en particulier. Le
contrôle du pétrole leur accordera non seulement d'importants gains
économiques, mais aussi d'énormes avantages politiques et
stratégiques. En mettant la main sur le pétrole irakien, l'Amérique
va grandement améliorer sa position face à ses alliées nominales en
Europe et en Asie, qui dépendant grandement des exportations de
pétrole du Golfe Persique, ainsi que face à la Russie, à la Chine et
aux différents régimes du Moyen-Orient et du nord de l'Afrique. Les
États-Unis ayant développé leur emprise politique et militaire en
Asie centrale au moyen de la guerre en Afghanistan, une conquête
américaine de l'Irak donnera à son élite dirigeante une position de
domination sans partage sur les deux plus importantes régions
productrices de pétrole.

* Deuxièmement, l'expansion mondiale du pouvoir militaire américain

Un protectorat américain en Irak préparerait le terrain pour d'autres
guerres dans la région et ailleurs. La prochaine cible après l'Irak
pourrait être son voisin riche en pétrole, l'Iran. Il y a une
campagne active au sein de l'establishment politique pour
d'éventuelles opérations militaires contre l'Arabie Saoudite. Le
Soudan, le Yémen, la Libye et la Syrie ont tous été nommés comme
cibles potentielles.

Des soldats et des avions américains sont déjà déployés dans presque
tous les pays entre la mer Méditerranée et les montagnes du Tian
Shan, la frontière entre l'ancienne Asie centrale soviétique et la
Chine. Il ne peut y avoir aucun doute qu'au sein des cercles
militaires et politiques américains, l'attaque contre l'Irak est vue
comme le prélude à des guerres contre la Russie et la Chine, toutes
deux des puissances nucléaires, avec les conséquences incalculables
que cela entraînerait.

* Troisièmement, le maintien de l'ordre à l'intérieur

Dans un contexte d'inégalités sociales et économiques grandissantes
et de désaffection populaire générale envers le système politique,
l'élite dirigeante cherche à maintenir son contrôle idéologique et
politique en désorientant la population et en canalisant ses griefs
vers la «guerre au terrorisme». La guerre devient un moyen essentiel
de maintenir la stabilité intérieure. Au nom de la sécurité nationale
et des exigences de la guerre, le gouvernement mène un assaut
incessant contre les droits démocratiques, créant ainsi la base pour
un État autoritaire et militarisé.

Où cela mènera-t-il? Même si l'on accepte l'hypothèse d'une victoire
rapide des États-Unis, il est clair que pour arriver à ses fins,
l'administration est prête à sacrifier non seulement des vies
américaines, mais encore à tuer un nombre incalculable d'Irakiens. Un
gouvernement qui entreprend une telle action impliquerait le peuple
américain dans un crime colossal, une des plus grandes atrocités de
l'histoire moderne.

Pour que les États-Unis arrivent à renverser le régime irakien et à
installer un régime fantoche, même un bombardement sauvage de
l'ampleur de celui de la première guerre du Golfe ne suffira pas. Les
planificateurs militaires américains se préparent a dévaster Bagdad
et toutes les autres villes d'importance, et à combiner un «tapis de
bombes» avec une guerre urbaine contre les soldats et la population
civile. Le nombre de morts pourrait atteindre les dizaines, si ce
n'est les centaines, de milliers.

On ne peut aussi écarter l'hypothèse que les États-Unis feront usage
de la bombe atomique. Selon les nouvelles règles américaines sur
l'usage et le développement des armes nucléaires qui ont coulé dans
les médias en mars dernier, un scénario prévu d'utilisation de la
bombe atomique est une guerre avec l'Irak qui mènerait celui-ci à
lancer des missiles sur Israël.

De plus, l'Irak ne sera pas le terme des guerres de conquête
américaines. Ceux qui ont appuyé la guerre en Afghanistan et
soutiennent la guerre contre l'Irak doivent aussi endosser la
responsabilité des futures actions militaires américaines. Ces
guerres sont déjà en train d'être planifiées par le Pentagone. Le
plus récent exercice du commandement américain, qui a eu lieu le mois
passé, était un jeu de guerre simulant une invasion américaine de
l'Iran en 2007.

Un débat public bidon

La rencontre de Bush avec un groupe de membres influents du Congrès à
la Maison blanche le 4 septembre dernier a signalé le début d'une
propagande concentrée visant à frayer la voie à une invasion et une
occupation militaire de l'Irak par les États-Unis. Si Bush a accepté
de permettre un vote au Congrès sur l'action militaire contre l'Irak
c'est parce qu'il s'était assuré d'avance qu'il y aurait un soutien
suffisant des deux partis pour qu'une résolution de guerre soit
adoptée.

Le soi-disant débat prend place dans un contexte où des démocrates en
vue (du candidat présidentiel du parti en l'an 2000 Al Gore au leader
démocrate en chambre Dick Gephardt) ont déjà déclaré leur appui en
faveur d'une action militaire contre l'Irak. Pas un sénateur ou
député n'a mis en doute le fondement de la politique militaire de
Bush, à savoir que les États-Unis ont le droit d'envahir l'Irak et de
renverser son gouvernement.

Les prémisses de tout débat véritablement démocratique (des
informations honnêtes et librement accessibles, l'implication du
public, l'existence de camps opposés) font défaut dans la discussion
actuelle. Tant Bush que ses critiques au sein de l'establishment
politique acceptent le même cadre de discussion, à savoir: Saddam
Hussein est un monstre, l'Irak menace les États-Unis, les États-Unis
sont une force de paix et de démocratie dans le Moyen-Orient, les
actions militaires américaines n'ont jamais d'objectifs prédateurs et
ne visent qu'à l'autodéfense et ainsi de suite.

Mais, en vérité, ces propositions ne résistent pas à l'analyse:

Saddam Hussein fabrique des armes de destruction massive? Comme nous
l'avons vu, il a initialement acquis et utilisé de telles armes en
tant qu'allié et instrument de la politique étrangère américaine,
contre l'Iran. La très grande majorité de celles-ci a été ensuite
détruite dans les années 1990 sous le régime des sanctions de l'ONU.
L'ancien inspecteur des armements de l'ONU, Scott Ritter, a
catégoriquement rejeté les affirmations selon lesquelles l'Irak
aurait reconstruit de façon significative son stock de ce type
d'armes. Si l'on se fie à ce qui s'est passé pour d'autres
falsifications de ce type, par exemple le célèbre incident du Golfe
du Tonkin qui fut le prétexte pour l'intervention des États-Unis au
Vietnam, dans quelques années, bien après la guerre contre l'Irak, de
petites notes paraîtront dans les médias américains pour signaler
qu'il n'y a jamais eu d'armes de destruction massive en Irak et que
ce problème a été monté de toutes pièces pour fournir un prétexte de
guerre.

Il est remarquable que seuls les gouvernements américain et
britannique croient à l'histoire de croque-mitaine des armes
chimiques, biologiques et nucléaires de Saddam Hussein. Aucune autre
puissance en Europe n'accorde le moindre crédit aux affirmations
selon lesquelles l'Irak représente une menace, pas plus que tous les
pays du Moyen-Orient à l'exception d'Israël qui a intérêt à la
destruction d'un pays arabe.

Même s'il était vrai que l'Irak avait en sa possession des armes
proscrites par l'ONU, depuis quand est-ce que la possession de tels
systèmes d'armement est une condition suffisante pour envahir un
pays? Depuis la Deuxième Guerre mondiale, il est connu que la Russie,
la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l'Inde, le Pakistan et
Israël ont rejoint les États-Unis dans la possession de l'arme
nucléaire. Des douzaines de pays ont les capacités de construire des
armes biologiques et chimiques en quelques mois seulement. Pourtant,
tout au cours de ces années, jamais le gouvernement américain n'est
allé en guerre sur cette question. Au contraire, la politique
américaine dans ce cas fut d'engager des échanges diplomatiques sur
le contrôle des armes qui ont mené à des traités pour restreindre la
prolifération des armes nucléaires, pour réduire la quantité
d'armement et pour carrément interdire les essais nucléaires et les
expériences de guerre biologique.

Saddam Hussein n'a aucun pouvoir d'attaquer les États-Unis
directement et aucune raison de faire parvenir de telles armes à des
terroristes qui sont ses ennemis politiques. L'Irak n'a pas de
missiles de longue portée et n'a jamais cherché a en développer. Il
n'a utilisé aucune arme chimique lors de la guerre du Golfe en 1991,
étant confronté à la menace d'une riposte nucléaire par les
États-Unis et ayant eu l'assurance de l'administration de Bush père
que le but de ce dernier était d'expulser l'armée irakienne du
Koweït, non d'occuper Bagdad. Si en fait l'Irak détenait toujours des
armes chimiques, il n'y aurait qu'une seule circonstance dans
laquelle elles pourraient être utilisées, avec un effet
potentiellement dévastateur: une invasion amenant des troupes
américaines au coeur du pays.

Saddam Hussein a violé des résolutions du Conseil de sécurité des
Nations unies? C'est peut-être vrai. L'ONU a tellement adopté de
résolutions sur l'Irak pour légaliser un embargo qui affamait la
population irakienne que seul un régime à plat ventre devant
Washington aurait pu toutes les respecter. Depuis quand est-ce que la
violation de résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU est une
raison suffisante pour une offensive unilatérale américaine? Israël
viole des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU de façon
beaucoup plus flagrante que l'Irak sans que la Maison blanche ne
remue ciel et terre pour partir en guerre contre l'État qui occupe
toujours la Bande de Gaza et la Cisjordanie plus de 35 ans après la
guerre des six jours.

Le gouvernement américain se sert de l'ONU quand ça lui convient, en
tant qu'écran pour ses actes d'agression. À d'autres moments, il
ignore l'ONU avec impunité. Ainsi, depuis plus de dix ans, des avions
américains et britanniques ont bombardé des régions au nord et au sud
de l'Irak, et patrouillé les soi-disant zones interdites de vol qui
furent déclarées telles par Washington sans que cela ne soit jamais
voté par l'ONU. Le gouvernement américain lui-même a contrevenu au
régime d'inspection de l'Irak par les Nations unies en infiltrant
l'UNSCOM avec du personnel de la CIA dont le but était d'identifier
des cibles pour les bombardements américains et d'étudier les
déplacements de Saddam Hussein pour organiser des tentatives
d'assassinats.

L'administration Bush insiste que le Conseil de sécurité de l'ONU n'a
aucun droit de regard sur ses propres actes militaires et que
l'attaque contre l'Irak ne sera pas conditionnelle à l'approbation du
Conseil de sécurité. Le système deux poids, deux mesures est clair:
l'Irak doit se soumettre à l'ONU ou être détruit, mais les États-Unis
peuvent faire ce qui leur plaît.

Saddam Hussein est un dictateur qui opprime son peuple? C'est vrai
une fois encore, mais depuis au moins 50 ans, la politique étrangère
américaine au Moyen-Orient comme ailleurs consiste en grande partie à
mettre en place et à soutenir de tels dirigeants. Plusieurs de
ceux-ci, comme le Shah d'Iran, la monarchie saoudienne et divers
dictateurs militaires en Turquie, ont au moins été aussi barbares que
Saddam Hussein. Les États-Unis ont aussi systématiquement financé et
monté des groupes d'intégristes musulmans comme instruments dans leur
lutte contre l'Union soviétique et le nationalisme arabe laïc.

Dans ses efforts pour gagner un appui international, ou au moins un
consentement, pour la guerre qui vient contre l'Irak,
l'administration Bush a donné le feu vert à la répression impitoyable
de la Tchétchénie par le gouvernement russe, à la suppression des
groupes séparatistes Uighur au Xinjiang par la Chine, à l'oppression
des Kurdes par la Turquie et à une quantité incalculable d'autres
violations des droits humains et des droits démocratiques.

Loin de représenter une force pour la démocratie, les États-Unis sont
intrinsèquement opposés aux aspirations démocratiques des masses
arabes, qui entrent inévitablement en conflit avec les visées
américaines sur le pétrole de la région et leur appui pour l'État
d'Israël. L'occupation de l'Irak par les États-Unis prendrait un
caractère de plus en plus sauvage et répressif. Elle ferait paraître
l'occupation israélienne de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie
comme presque bénigne en comparaison.

Un gouvernement de criminels

L'administration Bush ne cesse de faire mention d'un «changement de
régime» en Irak. Le World Socialist Web Site, en tant que socialiste
et défenseur des droits démocratiques, s'oppose implacablement autant
à la politique nationaliste bourgeoise qu'aux méthodes dictatoriales
de Saddam Hussein. Mais la tâche de remplacer ce régime incombe au
peuple irakien, pas au gouvernement américain.

Le «changement de régime» qui vient de prendre place aux États-Unis
est de bien plus mauvais augure pour le monde. L'administration Bush
signifie l'arrivée au pouvoir d'éléments criminels de l'élite
dirigeante américaine. Ce n'est pas une hyperbole: par ses méthodes
politiques, sa base sociale et sa politique étrangère,
l'administration Bush est la personnification du gangstérisme.

Ce gouvernement est le produit d'une longue campagne de conspiration
et de subversion de la droite politique pour déstabiliser
l'administration précédente, campagne qui a culminé avec la
destitution de Clinton et le vol de l'élection présidentielle de 2000.

L'administration Bush a puisé son personnel dirigeant de la couche
sociale dont la corruption érigée en système a été dévoilée dans les
scandales des grandes entreprises depuis un an. Le secrétaire d'État
à l'armée, Thomas White, était un cadre chez Enron. Le
vice-président, Dick Cheney, est sous enquête pour fraude comptable
alors qu'il était PDG de la société de construction dans le secteur
de l'énergie, Halliburton. Bush lui-même a fait fortune avec des
transactions d'initié et le copinage. Le secrétaire d'État à la
Défense, Donald Rumsfeld et le secrétaire d'État au Trésor, Paul
O'Neill sont deux anciens PDG alors que d'autres hauts fonctionnaires
ont été des lobbyistes pour les industries de l'énergie,
pharmaceutiques et de l'automobile.

Lorsqu'il est arrivé à la Maison blanche, Bush s'est vanté que son
cabinet presque entièrement composé de PDG dirigerait le gouvernement
comme une entreprise. Et c'est bien ce que nous avons:
l'administration Bush incarne au gouvernement les méthodes d'Enron,
de WorldCom, de Global Crossing, de Tyco et de la douzaine d'autres
cas médiatisés de magouilles financières.

La politique intérieure de Bush revient au pillage systématique des
travailleurs au profit de la grande entreprise américaine. Bush a
imposé la plus grande diminution d'impôts pour les riches de
l'histoire américaine, une somme de 1350 milliards US. Son
administration a lancé attaque après attaque contre le niveau de vie
et les droits démocratiques de la classe ouvrière. La réglementation
sur la santé et la sécurité, les garde-fous environnementaux, les
droits syndicaux, tous sont dans la mire de l'administration Bush en
vertu de sa campagne pour éliminer ce qui pourrait nuire à
l'accumulation de la richesse personnelle et aux profits des grandes
entreprises.

La politique étrangère de l'administration Bush est l'extension sur
une échelle mondiale de sa politique intérieure. Ceux qui sont
arrivés au pouvoir au moyen de la fraude et du crime sont maintenant
ceux qui décident des questions de guerre et de paix. Ils font usage
des ressources militaires et politiques du gouvernement américain
pour défendre les intérêts des sections les plus rapaces de l'élite
économique (monopoles du secteur énergétique, industrie de
l'armement, conglomérats financiers) qui cherchent à s'enrichir en
pillant le monde.

Il y aura des mesures de guerre non seulement contre des cibles à
l'étranger, mais aussi contre le peuple américain aux États-Unis
même. Déjà, l'administration a commencé à criminaliser la dissidence
politique. Des participants à des manifestations contre Bush ont été
arrêtés, battus et jetés en prison pour avoir exprimé leur opposition
à la guerre contre l'Irak. Bush a déclaré qu'en ce qui concerne la
guerre au terrorisme, «ou bien vous êtes avec nous, ou bien vous êtes
contre nous». La logique de cette position est de menacer de
considérer comme trahison toute opposition sociale à l'administration.

La guerre et la lutte pour le socialisme

La lutte contre la guerre impérialiste imminente contre l'Irak est
liée à la lutte contre toute la structure sociale et politique des
États-Unis. En dernière analyse, l'administration Bush et sa
politique sont le produit de cette structure. La guerre est devenue
le programme de l'élite dirigeante en Amérique parce qu'elle ne voit
pas comment se sortir autrement de la crise sociale et économique
dans laquelle elle s'enfonce.

Le World Socialist Web Site se dissocie de tous les prétendus
critiques, telle une partie du Parti démocrate, qui cherchent à
conseiller l'administration Bush sur la meilleure façon d'arriver à
ses fins au Moyen-Orient et internationalement. En tant que
socialistes, nous n'abordons pas la politique du gouvernement
américain comme si elle reflétait des intérêts honnêtes ou légitimes,
encore moins la volonté démocratique du peuple américain. Nous sommes
contre la politique du gouvernement américain et nous oeuvrons pour
le développement d'un puissant mouvement des travailleurs, à la fois
aux États-Unis et internationalement, contre l'impérialisme américain.

Un tel mouvement doit se baser sur un programme socialiste, puisque
la guerre impérialiste est le résultat inévitable des contradictions
du système capitaliste, avant tout, celles qui se manifestent au
centre le plus puissant du capitaliste mondial que sont les
États-Unis. Contrairement à la situation qui prévalait au milieu du
XXe siècle alors qu'ils atteignaient leur apogée, les États-Unis ne
sont plus une puissance montante ou une puissance qui peut cacher ses
aspirations mondiales sous un déguisement démocratique.

Deux faits essentiels expriment ce déclin historique du capitalisme
américain. Internationalement, les États-Unis ont perdu leur position
de domination mondiale, devant affronter des rivaux puissants en
Europe comme en Asie et connaissant des déficits commerciaux
gargantuesques qui laissent présager une faillite nationale. Chez
elle, la société américaine est affligée d'une polarisation
économique et sociale d'une ampleur sans précédent. La population est
divisée en deux parties, la première consistant en une petite
fraction qui jouit d'une richesse sans précédent et la deuxième
consistant en une vaste majorité de travailleurs dont le niveau de
vie est stagnant, souvent déclinant, et qui n'ont devant eux que
l'insécurité toujours plus importante quant à l'emploi, la retraite,
les soins de santé et les services publics.

C'est ce qui explique le déclin de la démocratie américaine qui a été
accéléré par les mesures répressives mises en place après les
événements du 11 septembre. Il est impossible qu'une société garde
ses formes démocratiques lorsqu'un si petit pourcentage de la
population concentre la richesse entre ses mains et soumet le reste
de la population à ses propres intérêts.

L'émergence du militarisme américain sur une échelle mondiale est une
confirmation profonde de l'analyse marxiste de l'impérialisme. Toutes
les caractéristiques classiques de l'impérialisme qu'avait
identifiées Lénine au début du XXe siècle, que ce soit l'occupation
coloniale des pays, les luttes militaires pour s'accaparer des
sources de matières premières, une politique intérieure entièrement
réactionnaire, tout ceci se retrouve dans le programme de
l'administration Bush.

Le gouvernement américain a utilisé les tragiques événements du 11
septembre (dans lesquels son propre rôle, soit pour ne pas avoir
empêché les attaques ou pour avoir délibérément permis qu'ils
prennent place, reste à élucider) comme un prétexte pour implanter la
politique intérieure et la politique étrangère des forces les plus
réactionnaires de l'élite politique et économique. La guerre en
Afghanistan n'était que le coup d'envoi de toute une série
d'aventures encore plus importantes et sanglantes.

Pour les travailleurs, la lutte contre la guerre impérialiste et la
lutte pour la défense du niveau de vie et des droits démocratiques
sont deux aspects d'une même lutte. La seule force qui puisse arrêter
les fauteurs de guerre de la Maison blanche et du Pentagone est un
mouvement populaire, mené par la classe ouvrière, contre le
militarisme et la guerre, contre toute l'élite dirigeante et ses deux
partis. On ne peut avoir la moindre confiance que le Congrès ou le
Parti démocrate s'opposeront aux plans de guerre de Bush. En fin de
compte, ces forces représentent fondamentalement les mêmes intérêts
sociaux et défendent le même système que Bush lui-même

Le World Socialist Web Site et le Parti de l'égalité socialiste se
consacrent à développer un tel mouvement indépendant de la classe
ouvrière contre la guerre et pour la défense des droits démocratiques.

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