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N'importe où sauf ici
Posté par nosepicker le 20/08/2004 07:54:59
Laissez-moi tranquille, foutez-moi la paix;laissez-moi vivre.
Une seule question, pas de réponse. Pourquoi ?
7H12 AM, rien à faire. Je voudrais être n'importe où plutôt qu'ici-bas. Histoire fictive d'un gamin stupide, septième séquence.


#7 : Maintenant, n'importe où sauf ici - Histoire stupide

Aujourd'hui est une de ces journées maussade, triste, grise, qui donne envie de rester au lit, de ne pas se réveiller;une journée ordinaire. Une de ces journées où on a seulement le goût d'être ailleurs, de ne pas exister, de mourir, ce genre de choses banales là.
Il y a des nuages plein le ciel, l'air est lourd, humide. Dehors, il y a cette odeur qui reste toujours un peu après la pluie. Ça sent tout de même encore l'orage dans l'air.
7H12 AM. Le soleil vient à peine de se lever et j'aimerais déjà qu'il se couche.
Dans la pièce d'à côté, Audrey, ma petite soeur, hurle. Il faudrait bien que quelqu'un se lève pour s'en occuper. Et c'est étrange, mais j'ai l'impression que ce quelqu'un, ce sera moi. Mes semblants de parents ne doivent même pas l'entendre tellement ils ont bu hier. Note à moi-même, j'ai dû boire autant qu'eux, sinon plus. À vrai dire, ça me surprend d'être en état d'entendre les cris d'Audrey. J'attends un peu et me lève. Ça n'a rien à voir avec le fait que je me préoccupe réellement de ma soeur ce matin, c'est un geste purement égocentrique. En effet, ce matin, mes tympans ne sont réellement pas en état de subir cette torture;ça crie fort un bébé.
Je me dirige lentement vers la chambre de Sophie tout en me tenant la tête à deux mains. J'aurais besoin de 2 ou 3 aspirines sur le champ, mais je sais que je ne supporterai pas ma soeur le temps d'aller chercher les cachets alors je décide de m'en passer. Je prends Audrey dans mes bras et commence à la bercer. Ce n'est pas ma première petite soeur, je sais bien comment prendre soin d'un bébé... et je déteste ça. Surtout les lendemains de veille en général et ce matin en particulier. J'espère juste qu'elle n'a pas rempli sa couche.
Pas de chance.

Je fais un effort quasi-surhumain pour endurer l'épouvantable odeur de cette masse brune informe gisant au fond de ladite couche. L'odeur est horrible, l'apparence aussi. Comment est-ce qu'un être si minuscule peut produire autant de merde ? C'est pas mêlant, on dirait qu'elle s'est chié l'intérieur du corps au grand complet. Woah, ça va faire la vulgarité ce matin. Quelqu'un peut me dire pourquoi je ris ?
Je sens que les aspirines sont sur le point de devenir une première nécessité. Je préférerais de la tequila, mais je ne sais pas pourquoi, j'ai "l'étrange" sentiment que mon estomac ne l'accepterais pas. C'est ce que le plancher de ma chambre m'a révélé ce matin. Audrey pleure toujours. Quand est-ce qu'elle va se taire, elle ?
Je n'ai qu'une envie, celle de dormir. Néanmoins, en bon grand frère, je garde Audrey dans mes bras. Malheureusement, je sais par expérience que ça peut être très long.
Elle a peut-être faim. Il ne reste plus de lait dans le réfrigérateur. Encore une fois, un choix déchirant : je la laisse s'époumoner tout en faisant semblant que je n'ai aucune idée de pourquoi elle pleure ou bien, je me lève et je vais chercher du lait. L'option #2 n'est pas très attrayante...
Ok, ok, j'ai compris.

Coup de tonnerre.

Merde, il ne manquait plus que ça. J'habille Audrey, je prends mon manteau et sors. C'est à ce moment que je réalise 2 choses. La première et le deuxième qui vont comme suit : je n'ai pas de siège pour bébé dans mon auto et sachant que je ne marche même pas en ligne droite, suis-je en état de conduire ? Probablement pas. Ce qui fait que je devrai aller au dépanneur à pied;pas question de prendre le risque de faire un accident avec mon auto. Ah, oui, il y a aussi Audrey.
Je n'ai pas envie de marcher. En plus, il commence à pleuvoir. Il pleut, il pleut bergère, rentre tes blancs moutons... Et moi, je peux aussi rentrer ?
La pluie est froide, Audrey va attraper froid. Au moins, elle est bien habillée.
La pluie n'est plus froide, elle est glacée.
Dépanneur en vue, espérons qu'il n'est pas fermé. Il ne l'est pas. J'achète du lait et me dépêche de rentrer à la maison.
Audrey a fini par s'endormir pendant le trajet. Putain.

J'arrive à la maison, range le lait, recouche Audrey et réveille mes parents. Ils s'en occuperont tous seuls la prochaine fois. J'ai sommeil.
Je retourne au lit. Cette fois, c'est le bruit de la pluie sur les carreaux de la fenêtre qui m'empêche de dormir. J'ai mal à la tête. Pourtant, je n'ai pas bu tant que ça hier. Enfin, je pense. Et j'ai déjà bu beaucoup plus que ça sans me sentir ainsi. J'ai mal au coeur, j'ai un goût de vomi dans la bouche. Beurk.
Driiiiiing...
Le téléphone. Voyant ou plutôt entendant que personne n'y répond, je fais un deuxième effort surhumain ce matin.

-Allo ?
-Derek ? C'est Sam... Tu me reconnais ?

Sam ? C'est qui ça, Sam ? Un gars, une fille ?

- Euh, non, je crois pas.
- C'est avec moi que t'as baisé le soir où Catherine t'as quitté.

On peut dire qu'elle a du tact, elle. Je ne me souvenais plus du tout de la fille (à suposer que je m'en sois déjà souvenu) et je ne peux pas dire que j'avais vraiment envie de la connaître davantage.

- Ok. Qu'est-ce que tu veux au juste ?
- M'excuser... et te connaître...
- Pas besoin de t'excuser. Tu m'as pas forcé. Enfin, j'ai pas dû résister trop longtemps... J'me connais...
- En effet, t'as pas résisté. Mais je savais pas qu'il y avait pas Catherine sinon, j'aurais rien fait.
- Ça pas d'importance. De toute façon, je pense pas que Catherine m'aurais supporté encore bien longtemps. C'était pas de l'amour pour elle. Juste du fake
- Et alors, ça aurait quand même pu finir moins abruptement, non ?
- Non. Et maintenant, c'est à mon tour de m'excuser, mais j'ai pris une brosse hier, ma soeur m'a réveillé en pleurant et je suis fatigué alors on en reparlera un autre jour.
- Je comprends. Tu fais quoi cet après-midi ?
- J'avais pas dit "un autre jour", moi ?
- Ça laissait place à de l'interprétation.
Rires
- Ça va, je fais rien.
- Parfait, au parc à 2hrs, ça te laisse le temps de te réveiller ?
- Sûrement.
- Super. Salut.
- Sal...

Elle a déjà raccroché. Sam... Vraiment, ça ne me dit rien. Je me rapelle un peu de son visage, mais pas autant que les larmes sur celui de Catherine ce matin là. Au fait, pourquoi pleurait-elle si elle ne m'aimait pas ?
Les filles comme elle sont tellement compliquées. Mathieu me répondrait que toutes les filles sont compliquées. Je lui dirais que Joëlle ne l'était pas.
Joëlle... Comme elle me manque. Bien plus que Catherine. Catherine, je l'aimais, mais ce n'était que de l'amour. Joëlle était une vraie amie et notre amitié était bien plus solide que mon histoire avec Catherine, une histoire qui ne tenait qu'aux apparences, une histoire qui ne tenait à rien. D'un côté, il y avait moi qui savais très bien que le monde de Catherine était et est encore complètement différent du mien et de l'autre, il y avait Catherine qui ne voulait que faire peur à ses parents et impressionner ses amies. J'aurais dû le voir dès le début. Non, c'est pas ça;j'aurais dû l'accepter dès le début. Et envoyer Catherine se faire foutre.
Pourtant, je restais là, à ne rien faire, à espérer qu'un jour elle puisse comprendre un peu mon univers, ma vie.
Ce n'est jamais arrivé, mais c'était prévisible.
Tout ça pour dire que finalement, mieux valait une bonne baise avec cette Sam qu'encore trop de temps passé avec Catherine.
Je me dégoûte.

Les aspirines de tout à l'heure commencent à faire effet. Heureusement parce que l'être qui me sert de semblant de mère a décidé qu'elle cuisinait. Avec tout ce boucan, elle va sûrement réveiller Audrey à nouveau. Pourvu qu'elle ait assez de jugeote pour s'en occuper parce que j'en ai réellement ras-le-bol. L'alcool et la fatigue m'ont toujours rendus "légèrement" impatient. Ou suicidaire. Un des deux, c'est au choix. Ça dépend aussi des circonstances. Parfois, il y a trop de Catherine dans l'air. Le reste du temps, c'est Joëlle qui est là.
J'ai hâte d'oublier. Si ça se trouve, ça n'arrivera jamais.

Putain, c'est quoi tout se vacarme qu'elle fait en bas ? Elle veut démolir la maison ou quoi ? À contre-coeur, je me lève pour aller voir ce qu'elle fait.
Je descend les escaliers avec une certaine appréhension.
Appréhension d'ailleurs justifiée.
Je ne comprends pas pourquoi, mais elle semble avoir un plaisir fou à jeter les casseroles, les chaudrons et les ustensiles à travers la cuisine. Tout pour réveiller Audrey !

- Hey ! Tu te calmes ?
- Ta gueule, Derek, t'as pas à me faire la leçon !!!

Et vlan'un couteau au-dessus de la tête. Quelle chance que ma mère n'ait pas un oeil de lynx... Quoique j'imagine qu'y rester aurait pas été si mal.
Mais ce n'est pas une raison pour m'attarder dans la pièce.
Il est 8h00. La journée sera longue.
Je me surprends à avoir hâte de rencontrer cette Sam qui m'a appelé ce matin. Ça changera des autres jours. Ou peut-être pas. Je peux toujours espérer. L'espoir... Ça fait tellement longtemps que je ne vis que par ça.

J'ai hâte de sortir de ma nouvelle maison qui pue.
Je sens que l'avant-midi sera long, ennuyeux.
Télé, couche d'Audrey, manger, calmer ma mère, nourrir Audrey, télé, bercer Audrey, encore manger, m'engueuler avec mon père, re-calmer ma mère... et enfin, m'apercevoir qu'il est 1h30.
Je décide de partir tout de suite pour le parc. Ma mère semble plus calme alors je n'ai aucun scrupules à laisser Audrey entre ses mains. De toute façon, mon père est là ainsi que la voisine qui adoooooore les enfants. Je la déteste celle-là.
En tous cas, comme Audrey n'est pas là pour m'encombrer, je vais pouvoir prendre mon auto;je n'ai pas envie de marcher sous la pluie encore une fois. Et à 1000 balles d'assurances par année, je vais l'utiliser pour que ça en vaille la peine ce tas de ferraille sur roues.

And I know, I deserve to be alone'cause everything's my fault...
Pas besoin de me le remémorer, je savais déjà.
J'arrive rapidement au parc, me stationne et reste dans ma voiture.
Des pensées que j'ai déjà eues me reviennent en mémoire, mais cette fois, elles sont plus élaborées et je sais ce qui me remet ces images en tête.

Je ne veux pas sortir;dehors, c'est trop froid, trop dur, trop cruel... et il pleut en plus. À chaque pas, il y a ces gamins et ces adolescents qui sont toujours aussi perdus. Et puis il y encore et toujours Catherine. À chaque coin de rue, à chaque coup de vent, il y a un peu d'elle, de sa présence, son omniprésence.
Partout autour, il y a son parfum, le parfum de tous les instants que nous avons partagés, un parfum qui sent un peu l'éternité. Qui ne fait que sentir. Lentement, mais pas assez, cette douce odeur s'estompe pour ne devenir qu'un souvenir, une toute petite trace de rien du tout dans mon esprit. Ce mélange d'odeurs et toutes les couleurs qu'il fait surgir en moi me rapellent l'automne rempli de feuilles mortes et de rêve tous aussi morts qui passe et qui ne sera bientôt plus qu'une ombre, un souvenir. Tout comme Catherine, ma Catherine.
Pourtant, dans mes rêves les plus fous, elle est là, dans mes bras;je l'aime et elle m'aime. Et son parfum qui sent l'éternité reprend vigueur, son odeur est de plus en plus puissante, de plus en plus réelle au même titre que l'amour que me porte Catherine. Catherine que j'aime, Catherine que j'ai trahie, Catherine qui m'aime...


Dehors, adossée à un arbre, il y a Sam. Sam avec des airs de Catherine, mais des yeux qui disent qu'elle sait ce qu'est la vie ici. Une Sam qui semble elle aussi porter un parfum merveilleux qui sent l'éternité.
J'ai l'impression que ça va recommencer. Mais cette fois, ce sera avec Sam et non Catherine. Peut-être que ce sera mieux qu'avec Catherine, peut-être pire.
Il pleut toujours. J'ouvre la fenêtre.

- Hey... C'est toi Sam ?
- Il paraît. T'es Derek ?
- On dit... T'embarques ?
- Si t'insiste...

Elle monte à bord avec une délicieuse odeur de pluie dans ses cheveux blonds. Elle me sourit, je souris. Ça me rapelle une autre histoire, celle avec une fille dont le nom ressemblait à "mélasse". Mais ce n'est pas du tout la même chose. Enfin, j'espère.

- Alors, tu l'as oublié cette vilaine Catherine ?
- Tu prends déjà sa place...

C'est vrai. Je comprends maintenant pourquoi j'ai couché avec elle ce soir là. À côté d'elle, Catherine est minable.

Je hais Catherine, je la déteste, elle ne vaut rien, elle mérite d'être morte.
Reste à espérer que les instants avec Sam auront aussi une saveur fantastique. En cet instant, pour le première fois de mon existence, je ne voudrais être nulle part ailleurs qu'ici.

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Re: N'importe où sauf ici
Posté par neela le 20/08/2004 07:54:59
jai vraiment aimé cette petite histoire! Elle est bien écrite et structurée. enfin un texte ou il n'y a pas 3 fautes par phrases...

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Re: N'importe où sauf ici
Posté par ange manakel le 20/08/2004 07:54:59
bonne histoire mais au début -----> " je me dirige lentement vers la chambre de sophie" de audrey +tot non?

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Re: N'importe où sauf ici
Posté par elodelu le 20/08/2004 07:54:59
tu as un reel talent, dis donc, on dirait un boukin de france loisir (compliment) tu devrais te lancer dans l'ecriture, je pense que tu aurais beaucoup de fans! moi la première!

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