Non connecté. Connectez-vous ou devenez membre (gratuit).Recherche rapide :     
Aller à :  

Messages | Nouvelle branche de discussion | Répondre | Rechercher
Grand ménage sentimental
Posté par erza le 10/06/2007 00:10:08
Dis moi que faire de toi, où te placer, comment t'écarter ? Dis moi comment sauver ce qui reste de moi ? Comment nettoyer tout ces moindres recoins de ma tête que tu as envahis ? Je me sens obstruée. Chaque pore de mon corps ne respire que ton nom. Dis moi comment es tu arrivé à encombrer jusqu'aux galeries lointaines de ma mémoire ? Quand est-ce que tu es entré ? T'ai-je ouvert la porte ? Je suis hermétiquement enveloppée dans un cocon que tu as tissé d'épines. Je me suis surprise envasée jusqu'aux genoux. Je réclame des règles de jeu communes et loyales. Rejouons depuis le début. Rejouons une partie que tu n'as pas remportée d'avance. Peut être que je pourrais récupérer les terres de ma mémoire dont tu t'es emparé sans mon accord. Rien n'est plus dangereux que de jouer sans règles de jeu. On ne sait jamais quand la partie est finie. Mais même dans un terrain non tracé, on identifie toujours le perdant. Et ce perdant monsieur, doute toujours s'il ne t'aime pas. Parce que si t'aimer est t'attendre et te fuir, te pleurer et te rire, t'espérer et te haïr; si t'aimer est te rêver plus que te voir alors oui monsieur, je t'aime. Si t'aimer est passer ma journée à te quitter sans jamais réussir à te quitter alors oui monsieur, je t'aime. J'aime jusqu'à ce halo cruel qui t'enveloppe, jusqu'à ce regard qui me paralyse, jusqu'à ce délicieux rire froid et provocant de perfidie. Ce rire qui me rappelle que bien des fois, la vie me ment en me souriant.
Tout en toi interpelle ma féminité, ma faiblesse éthérée, tout ce que je ne suis pas. Et que je ne pourrais être qu'avec toi. Être cette femme brune coiffée de toi comme d'un diadème. Cette femme que ta lumière transperce et illumine et qui as désormais quelque chose dans le sourire qui t'appartient. Dis moi mon beau mirage, dis moi comment mettre ma main sur toi, comment te posséder ? Comment t'apprivoiser mon monstre adoré, mon tigre au regard séduisant ? Dans quelle contrée lointaine aller pour te manquer ? Qu'entreprendre pour t'avoir autant que je veux ? Que faire pour dilater ces heures ensoleillés par ta seule présence ? Je n'y arrive pas. Je tente et retente de me frayer un chemin. Et je me heurte à toi. Tout en toi n'est que détachement, désintéressement et dédain. Je veux me délier, sortir de ton ombre tenace, te rejeter de tous ces blancs, ces lacunes, ces vides, ces oublis que tu as emplis. Toute mon essence te rejette. Tout ce que je suis te rejette. Tout ce que je ne veux pas devenir te rejette.


Pars, vas t'en. Ou montre moi comment partir. Comment te quitter. Je sais que les vrais départs se font sans mots, mais le mien est différent. Je pars alors que personne ne me retiens. Et que personne ne m'attends ailleurs. Je pars de moi vers moi. T'attendre est insensé. T'attendre est une folie. Je m'en vais donc. Tout doucement. Sans désolation ni cri. Sans pleurs non plus. Avec ce silence pesant et âpre qui m'a toujours accompagnée. Avec ce goût de déception et cet arrière goût de défaite. Et ce sentiment d'inachevé. Je m'en vais en flottant. Accrochée à ma dernière planche de salut. Adieu. J'ai appris que les adieu n'étaient pas forcément des déchirements. Ils sont mieux digérables à tête et cœurs reposés. Cet adieu, c'est ma raison, c'est l'évidence qui te le dit. C'est couper court à mes attentes et mes espérances. Je souffre si je te perds. Mais je m'éteins si je t'attends. Dans tous les cas tu n'es pas à moi. Alors de deux maux j'ai choisi le moins languissant. T'affectera-t-il de savoir que mes jours sont tourmentés ? Ton monde s'arrêtera-t-il de tourner parce que je n'ai pas dormi de mes nuits ? Non. Pourquoi te blâmer ? Tous mes maux ne viennent que de moi-même. Tous tes retours sont destructeurs. Téméraires. Malsains. Et la vie n'attendra pas que j'essuie mes larmes et que je me relève pour reprendre le train. Alors me revoilà debout à nouveau, le coeur mutilé et empoigné entre mes griffes. Je t'ai pleuré, je suis partie, je t'ai attendu, je t'ai aimé et detesté, j'ai même accepté d'entrer en négociations désavantageuses. En vain.
Alors à présent j'entreprends la dernière chose qui me reste. Je me décide à prendre une décision.

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par ushiwa.sasuke le 13/06/2007 15:14:43
J'aime bcp comment c'est écrit...

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par nania le 13/06/2007 18:49:22
j'adore j'adhere!!! c'est super bien écrit c'est un plaisir et pour les yeux et pour l'âme merci pour cet instant d'évasion!!!

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par erza le 13/06/2007 20:59:05
Merci pour vos compliments!

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par homeostasie le 14/06/2007 20:37:33
j'aime beaucoup.. c'est telement bien écrit..

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par erza le 15/06/2007 16:34:14
Merci charlotte

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
Re: Grand ménage sentimental
Posté par maryloup le 18/06/2007 04:15:33
c'est fou comme nos chemins se ressemblent. Ton texte dépeins avec précision le mal de l'absence et la brutalité émotionnelle qu'engendre l'ignorance et le désintéressement...Génial!
mais que se passe-t-il ensuite?...

Rapport d'abus     Modifier     Supprimer    
La participation aux forums est réservée aux membres du site.
Devenir membre (30 secondes et gratuit)    Mot de passe perdu ?
Nom d'utilisateur :
Mot de passe :
  Devenir membre (30 secondes et gratuit)
Devenir membre (30 secondes et gratuit)    Mot de passe perdu ?
Recevoir la lettre d'information :
Connectés :
    0 membres et 148 visiteurs

Blog de France-jeunes, ...OlDesign    CNIL: 752143.     |]  ▲