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La vulve
Posté par spy le 31/05/2019 11:33:46
Non, la vulve idéale nexiste pas
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Une étude menée auprès de 650 femmes montre que les dimensions du clitoris et des petites lèvres varient considérablement dune femme à lautre.

Voilà des années que certains chirurgiens esthétiques sans scrupule essaient de convaincre les femmes que leur vulve nest pas normale!
En «oubliant» de leur dire trois choses importantes.

>Premièrement, personne ne sait ce quest un sexe féminin normal.
Il est dautant plus scandaleux de voir, par exemple, certains auteurs fixer tout à fait arbitrairement des seuils à partir desquels ils considèrent que lon peut parler dhypertrophie (taille trop importante) des petites lèvres.
Sans parler de ces cosmétiques, notamment vendus en Inde, pour blanchir les vulves «trop foncées».

>Deuxièmement, quand bien même on définirait des normes (on ne sait pas plus définir ce quest un visage ou un nez «normal» quune vulve «normale», il ne sagirait que de statistiques décrivant les formes les plus fréquentes. Les biostatisticiens ont ainsi lhabitude de considérer que les limites «normales» dun échantillon important sont celles entre lesquelles se trouvent 95% des inidividus. Là encore, un seuil parfaitement arbitraire.


>Troisièmement, les formes de vulves nont pas dimpact sur lépanouissement sexuel. Mais si, physiologiquement, la taille du clitoris ou des petites lèvres na aucune importance, ce nest pas la même chose dans la tête de certaines femmes.
Si lon est complexée parce que lon est persuadée davoir une vulve disgracieuse, il peut être plus compliqué de lâcher prise lors des rapports sexuels. Mais cest bien un lien indirect. Doù limportance de connaître la variabilité naturelle, des formes, des tailles, des couleurs et des textures de la vulve.

Crédit: La revanche du clitoris, Ed. La Musardine (2016)

Cest donc uniquement pour répondre à la deuxième question, celle des dimensions les plus fréquentes, que le Pr Andreas Günthert, gynécologue obstétricien à lhôpital cantonal de Lucerne, en Suisse, a pris les mesures avec douze de ses collègues, de la vulve de 657 femmes, âgées en moyenne de 47 ans. Et encore ne sagit-il que de caucasienne, précisent les auteurs, «dans un souci davoir une population homogène». On ne peut donc pas en tirer de conclusions universelles.

Avec lâge le clitoris rétrécit

Les résultats, publiés fin juin dans le Journal international dobstétrique et de gynécologie (BJOG), montrent lincroyable variabilité du sexe féminin.
La longueur du clitoris variait de 0,5 à 34 mm.
La distance séparant le clitoris de lorifice urinaire allait de 3 à 65 mm.
La longueur des petites lèvres (celles qui dépassent) variait de 0,5 à 10 cm. Avec des asymétries possibles entre la petite lèvre droite et la petite lèvre gauche.
Leur largeur oscillait entre 1 mm et 6,1 cm!
Enfin, les grandes lèvres, celles qui sont les plus externes, sous forme de bourrelets, variaient en longueur de 1,2 à 18 cm.

Des résultats qui confirment, en les élargissant, les grandes variations observées en 2005 par quatre gynécologues britanniques de lUniversity College Hospital de Londres sur un groupe de 50 femmes non ménopausées.
Cette fois, les médecins suisses remarquent aussi que les dimensions varient avec lâge. Contrairement aux testicules qui grossissent avec lâge, les petites lèvres ont tendance à se réduire, de même que la taille du clitoris et la distance qui le sépare de lorifice urinaire.

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Une meilleure connaissance de la diversité naturelle du sexe féminin améliore limage de soi intime.

Prenez une bonne quarantaine de femmes bien dans leur corps et demandez-leur, dans un questionnaire, ce quelles pensent de leur anatomie la plus intime:
apparence de leur vulve, fonctionnement, odeur intime, satisfaction et pensées positives liées à leur sexe, absence dembarras à le dévoiler à un médecin et à un ou une partenaire*.
La plupart sen diront satisfaites, sattribuant une note moyenne de 21/27. Cest le résultat dun travail mené par le Dr Ellen Laan, psychologue et professeur associée de sexologie, avec ses collègues de luniversité dAmsterdam.

Mais létude publiée en ligne dans le Journal of Psychosomatic Obstetric & Gynecology (JPOG) le mois dernier ne sarrête pas là. Le test a été reconduit avec 29 dentre elles après quelles ont regardé le diaporama dun échantillon dune quarantaine de photographies de vulves naturelles (non opérées). Quatorze autres, formant un groupe témoin, ont regardé un diaporama dimages neutres (paysages, art, animaux, architecture).
Si le groupe témoin na pas modifié son score au test, les chercheurs néerlandais ont en revanche eu la surprise de voir celui des femmes exposées aux images de sexes féminins saméliorer dun point et demi (22,6/27). Une amélioration persistant dailleurs lorsquelles durent refaire le test deux semaines plus tard.

Une femme sur sept se croit anormale

«Cest une contribution formidable au domaine de lapparence génitale féminine, se réjouit Gemma Sharp, psychologue à luniversité Flinders (Adélaïde, Australie), y voyant «des applications pratiques prometteuses».
«Il faut néanmoins souligner que les femmes dans cette étude étaient demblée satisfaites de leur sexe et il serait maintenant important de déterminer si cela pourrait aider les femmes qui sont préoccupées depuis longtemps par laspect de leur vulve et envisagent une labiaplastie (opération de réduction des petites lèvres)», explique-t-elle au Figaro.

Selon une étude réalisée en 2009 auprès de 482 étudiantes hollandaises, 95% avaient déjà entendu parler de labiaplastie, 14% considéraient leur propre sexe «anormal» et 7% envisageaient une intervention chirurgicale.
Une autre étude, américaine, menée en 2012 sur 352 femmes, concluait que 8% des 18-44 ans et 15% des 45-72% songeaient à une telle intervention.

Chacune sa vulve

Pourtant, personne navait une idée très claire de ce quétait une vulve «normale» au sens statistique du terme avant quune étude anglaise, conduite par 4 femmes médecins, ne vienne aborder la question.
Des chirurgiens avaient défini arbitrairement que des petites lèvres larges de plus de 4 cm (au plus large) étaient hypertrophiées. En 2008, deux chirurgiens, Davidson et West, affirmaient même quune hypertrophie était sévère à partir de 3 cm et modérée dès1 cm!

Létude anglaise, basée sur 50 volontaires, a suffi à montrer que la largeur variait naturellement entre 0,7 et 5 cm pour une moyenne denviron 2,2 cm. La longueur était tout aussi variée, de 2 à 10 cm! Lasymétrie entre les deux petites lèvres est fréquente.


>Pour cette équipe anglaise, la seule véritable indication chirurgicale légitime est lasymétrie importante (de plus de 3 cm), qui est peu fréquente. En analysant les mensurations vulvaires de 33 femmes qui consultaient pour une labiaplastie, les médecins ont constaté que leurs mensurations se situaient autour de 2,5 cm de large et 2,8 cm de long, soit parfaitement dans les normes, et que seule trois dentre elles avaient une asymétrie importante.

Marketing vulvaire

«Nous savons depuis longtemps que les demandes de labiaplastie sont assez subjectives et non objectives et la présente étude donne des arguments pour comprendre pourquoi», commente Petra De Sutter, professeur de gynécologie à luniversité de Gand (Belgique).
Du magazine Playboy, qui retouche systématiquement les petites lèvres qui dépassent, au marketing des chirurgiens esthétiques, affirmant faussement quune vulve parfaite et jeune est une vulve lisse, en passant par les médias qui répercutent lidée dun idéal vulvaire, tout concourt à faire douter les femmes de leur normalité.

En 2009, Virginia Braun, professeur associé de psychologie à luniversité dAuckland, dénonçait le marketing de «la vulve parfaite».
«Ce nouveau travail renforce lidée que linformation sur la diversité de lapparence génitale est importante pour les femmes (pour tous!), explique-t-elle au Figaro.
Comprendre ce qui est «normal» peut améliorer limage de soi génital». Le Pr Braun insiste «sur la nécessité dune éducation sexuelle, à la fois parentale et formelle, qui commence dès lenfance par une promotion positive du corps et de sa diversité», et met en garde contre une vision simpliste qui ferait limpasse sur la souffrance psychologique de certaines femmes. «La narration sociale sur ce à quoi ressemble une vulve idéale et désirable (et même «normale) est envahissante et beaucoup de jeunes femmes (et plus âgées) vivent une insécurité génitale et une anxiété».

Linterdiction de cette chirurgie nest sans doute pas souhaitable même si les vrais gênes physiques sont largement surestimées, comme le montrent les entretiens individuels avec les demandeuses de labiaplastie. Il serait toutefois souhaitable que les femmes soient mieux informées de la réalité des vulves existantes: dans létude néerlandaise, une femme sur trois navait jamais vu dautres vulves que la leur.
Il faudrait enfin quelles connaissent le rôle des lèvres dans lexcitation via lengorgement sanguin. Même si elles ne contiennent pas de tissus érectiles, il existe des risques daltération de la sensibilité consécutive à la labiaplastie..

Modifié le 31/05/2019 12:09:15

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