Écran de jeu Battlefield 6 montrant l'interface de précommande du Battle Pass Saison 3 avec prix de 9,99€ et 24,99€, fond sombre et effets lumineux verts
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Battlefield 6 : la précommande de son Battle Pass Saison 3, arnaque ?

EA propose de précommander le Battle Pass de la Saison 3 de Battlefield 6 sans révéler son contenu, pour 9,99€ ou 24,99€.

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Depuis fin avril 2026, Electronic Arts permet aux joueurs de Battlefield 6 de précommander le Battle Pass de la Saison 3 sans en révéler le contenu. Les prix sont fixes : 9,99 € pour le Pass standard, 24,99 € pour le Pass Pro. Aucune réduction, aucune information sur les récompenses à venir. Lancé le 10 octobre 2025 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S (classé PEGI 16), le jeu accuse une perte massive de joueurs depuis son démarrage record. Cette décision soulève une question simple : s'agit-il d'une arnaque ou du nouveau standard des jeux-service ?

Écran de jeu Battlefield 6 montrant l'interface de précommande du Battle Pass Saison 3 avec prix de 9,99€ et 24,99€, fond sombre et effets lumineux verts
Écran de jeu Battlefield 6 montrant l'interface de précommande du Battle Pass Saison 3 avec prix de 9,99€ et 24,99€, fond sombre et effets lumineux verts

Bienvenue dans le « blind buying » : EA vend l'avenir de Battlefield 6 à prix d'or

La polémique a éclaté quand les joueurs ont découvert un nouvel onglet dans l'interface du jeu. EA proposait de précommander le Battle Pass de la Saison 3, qui démarre le 12 mai 2026, sans divulguer son contenu. Le principe est simple : acheter un produit dont on ignore tout — du « blind buying » dans le jargon des joueurs, comme le rapporte GamingBolt.

Cette annonce intervient dans un contexte de défiance installée. Battlefield 6 a connu un démarrage record en octobre 2025, mais l'enthousiasme initial a vite laissé place à la désillusion. Les microtransactions agressives, un suivi de contenu jugé médiocre et des polémiques à répétition ont vidé les serveurs. Selon des données compilées par Geekslands.fr, le jeu peine à maintenir 92 000 connexions simultanées sur Steam, contre un pic estimé entre 500 000 et 750 000 joueurs au lancement.

Dans ce climat, EA tente une approche commerciale inédite. Plutôt que d'attendre que les joueurs reviennent pour acheter le Battle Pass, l'éditeur veut sécuriser des revenus avant la sortie de la saison. Une stratégie qui ressemble plus à un filet de sécurité qu'à une offre séduisante.

Un achat à l'aveugle qui défie la logique

Le « blind buying » n'est pas nouveau dans l'industrie, mais il atteint ici un niveau rarement vu. Les joueurs qui précommandent le Battle Pass de la Saison 3 ne savent pas ce qu'ils achètent réellement. Aucune information sur le thème de la saison, les skins inclus, les emotes ou les autres récompenses cosmétiques. La page de précommande affiche seulement les bonus immédiats : un paquetage d'arme pour la mitrailleuse L110, deux paliers débloqués et des boosts d'XP.

Pour le Pass Pro à 24,99 €, les bonus sont légèrement plus généreux : un skin pour le pistolet P18 « Cobra Fang », quatre paliers déverrouillés et davantage d'XP. Mais le cœur du produit — le contenu du Battle Pass lui-même — reste une boîte noire.

Les joueurs comparent cette pratique à celle des loot boxes qui ont tant fait polémique. Sauf qu'ici, on ne paie pas pour une chance d'obtenir quelque chose, mais pour la certitude de ne pas savoir ce qu'on obtient. Sur le Xbox Store, la précommande est listée avec une description minimale, validant l'absence de transparence.

Le contexte d'une défiance installée

Cette annonce n'arrive pas dans un vide. La communauté Battlefield est déjà sur les dents depuis l'affaire du skin Wicked Grin. En février 2026, EA avait introduit un cosmétique bleu vif avec un sourire maléfique qui détonnait totalement avec l'ambiance réaliste du jeu. Les joueurs avaient menacé de ne pas réanimer les porteurs de ce skin, une forme de boycott radical.

Battlefield Studios avait finalement cédé, retravaillant le skin dans la mise à jour 1.1.3.0 (Winter Offensive) pour atténuer les couleurs et supprimer le sourire. Christian Buhl, directeur technique du studio, avait promis que les visuels resteraient réalistes « pendant un certain temps », comme le rapporte IGN France. Mais le mal était fait : la confiance entre l'éditeur et sa base de joueurs était brisée. Aujourd'hui, la précommande du Battle Pass arrive comme une nouvelle provocation, dans un climat où chaque décision d'EA est scrutée avec méfiance.

Une stratégie qui sent la panique

Pourquoi EA prend-il ce risque ? La réponse tient en un mot : l'audience. Avec une perte estimée entre 85 % et 90 % des joueurs en six mois, le jeu est en sursis. Les développeurs ont promis de jouer la carte de la nostalgie en réintroduisant des cartes adorées des vétérans, comme Golmud Railway de Battlefield 4 dans la Saison 3. Mais ces promesses n'effacent pas l'impression que l'éditeur cherche à soutirer de l'argent avant que les joueurs ne désertent complètement.

Précommander la Saison 3 de BF6 : 9,99 € ou 24,99 € pour du vide ?

Détaillons l'offre commerciale proposée par EA. Deux versions du Battle Pass sont disponibles en précommande, sans aucune réduction par rapport au prix de vente prévu à la sortie de la saison, le 12 mai 2026.

Le Battle Pass Standard coûte 9,99 € (ou 1100 Battlefield Coins pour ceux qui ont accumulé la monnaie virtuelle). En précommandant, le joueur reçoit immédiatement le paquetage d'arme « Verdant » pour la L110, puis débloque deux paliers supplémentaires une fois le Battle Pass actif.

Le Battle Pass Pro grimpe à 24,99 €. Il inclut le paquetage d'arme « Verdant » pour la L110, le paquetage « Cobra Fang » pour le P18, quatre paliers déverrouillés, 60 minutes de boost d'XP pour le Battle Pass et 60 minutes de boost d'XP pour les armes.

L'absence de réduction est le premier point qui fâche. Habituellement, les précommandes s'accompagnent d'un avantage tarifaire ou d'un contenu exclusif significatif. Ici, EA demande un engagement financier sans contrepartie financière.

25 € pour un pistolet et un booster : le vrai calcul du Pass Pro

Prenons le Pass Pro à 24,99 €. Que reçoit-on exactement ? Un skin pour une arme secondaire (le P18), un skin pour une mitrailleuse (la L110), des paliers débloqués et des boosts d'XP. Dans l'écosystème des jeux-service, les skins d'armes se vendent généralement entre 2 € et 5 €. Les boosts d'XP sont souvent offerts ou inclus dans des packs à faible coût.

La valeur perçue du Pass Pro est donc faible. Pour 25 €, les joueurs attendent un contenu substantiel : un skin de personnage complet, une arme légendaire ou un ensemble d'emotes. À titre de comparaison, un Battle Pass complet dans Call of Duty coûte environ 10 € et propose 100 paliers de récompenses, dont des skins d'opérateur, des plans d'armes et de la monnaie virtuelle.

Le calcul est simple : le Pass Pro de Battlefield 6 offre moins de valeur que le Pass Standard de ses concurrents, pour un prix plus de deux fois supérieur. Et ce, sans garantie sur la qualité des récompenses à venir.

Apex Legends le fait, Call of Duty ne le fait pas : EA ouvre-t-il une brèche dangereuse ?

La pratique de la précommande de Battle Pass n'est pas totalement inédite. Apex Legends, également publié par Electronic Arts via son studio Respawn, propose une option similaire depuis plusieurs saisons. Les joueurs peuvent acheter le Battle Pass à l'avance, avec des bonus immédiats.

Mais Call of Duty, pourtant champion de la monétisation agressive avec ses bundles à 20 € et ses opérateurs crossover, ne propose pas cette option. Comme le résume un joueur Reddit cité par IGN : « Not even Call of Duty does it. » La référence est parlante : si l'éditeur le plus décrié pour ses pratiques commerciales refuse de franchir cette ligne, pourquoi EA s'y engouffre-t-il ?

La réponse tient peut-être à la différence de santé des deux franchises. Call of Duty continue d'attirer des millions de joueurs chaque saison. Battlefield 6, lui, voit sa base fondre. EA tente de sécuriser des revenus avant que les joueurs ne désertent complètement. C'est une stratégie de survie, pas une innovation commerciale.

Les bonus de précommande : un cache-misère

Les bonus offerts avec la précommande sont décevants. Le paquetage « Verdant » pour la L110 et le « Cobra Fang » pour le P18 sont des skins d'armes ordinaires, sans animation ni effet spécial. Les paliers débloqués et les boosts d'XP sont des incitations à jouer, mais ils ne remplacent pas un contenu de qualité.

La Saison 3 inclut pourtant un remake de Golmud Railway, carte emblématique de Battlefield 4. Mais ce contenu est accessible à tous les joueurs, pas seulement à ceux qui précommandent le Battle Pass. Les précommandeurs n'obtiennent donc aucun accès anticipé ni contenu exclusif lié à cette carte.

Du skin Wicked Grin au Battle Pass précommandé : l'engrenage de la défiance

Pour comprendre la virulence des réactions, il faut replacer cette annonce dans l'histoire récente des tensions entre EA et la communauté Battlefield. L'affaire du skin Wicked Grin, en février 2026, a marqué un tournant.

Ce skin, vendu dans la boutique du jeu, représentait un personnage avec une peau bleu vif et un sourire maléfique démesuré. Pour une communauté attachée au réalisme militaire — Battlefield n'a jamais été Call of Duty ou Fortnite — c'était une insulte. Les joueurs ont organisé un boycott radical : quiconque portait le skin Wicked Grin ne serait pas réanimé. Les équipes entières refusaient de soigner les « blue skins ».

La pression a été telle que Battlefield Studios a dû reculer. Le patch 1.1.3.0, déployé en mars 2026, a retravaillé le skin : couleurs atténuées, sourire supprimé, design ramené à quelque chose de plus sobre. Christian Buhl, directeur technique du studio, avait promis que les visuels resteraient réalistes « pendant un certain temps ». Une promesse qui semble déjà oubliée.

« On ne réanime pas les Wicked Grin » : la communauté dicte-t-elle les règles cosmétiques ?

Le mouvement « No Rez for Wicked Grin » a montré la puissance de la communauté Battlefield, surtout en France où les joueurs sont particulièrement exigeants sur le réalisme. Les streams, les discussions sur JeuxVideo.com et les forums Reddit ont amplifié le message.

Mais cette victoire a eu un effet pervers. EA a compris que la communauté pouvait faire plier le studio sur les cosmétiques. Aujourd'hui, en proposant la précommande du Battle Pass, l'éditeur teste une nouvelle limite. Si les joueurs acceptent, la pratique deviendra la norme. S'ils refusent, EA reculera comme il l'a fait pour le Wicked Grin.

La question est : la communauté a-t-elle l'énergie pour mener une nouvelle bataille ? Les joueurs qui sont restés fidèles à Battlefield 6 malgré la chute des effectifs sont peut-être trop fatigués pour s'indigner encore.

Du DLC payant à la précommande de pass : l'évolution inquiétante du modèle économique

Regardons l'évolution du modèle économique de Battlefield sur les dix dernières années. À l'époque de Battlefield 4 et Battlefield 1, le Season Pass coûtait 50 € et donnait accès à quatre extensions majeures avec de nouvelles cartes, armes et modes de jeu. Le contenu était tangible, les cartes changeaient vraiment l'expérience.

Avec Battlefield V, EA a abandonné le Season Pass pour adopter les microtransactions cosmétiques et un système de « Tides of War » gratuit. En théorie, c'était mieux pour les joueurs. En pratique, le suivi de contenu a été chaotique et le jeu abandonné prématurément.

Battlefield 2042 a tenté un modèle hybride avec un Battle Pass saisonnier, mais le jeu était si mal reçu à son lancement que la monétisation est passée au second plan.

Aujourd'hui, Battlefield 6 combine Battle Pass, boutique cosmétique et maintenant précommande de pass. Chaque itération repousse un peu plus les limites de ce que les joueurs sont prêts à accepter. La prochaine étape ? Peut-être la précommande de la précommande, ou des abonnements à plusieurs niveaux.

L'impact sur la réputation de la franchise

Cette décision ternit un peu plus l'image de Battlefield. La franchise a déjà souffert du lancement chaotique de Battlefield 2042, et Battlefield 6 avait redonné espoir aux fans avec son réalisme et ses batailles de 64 joueurs. Mais les microtransactions agressives et les polémiques à répétition effacent ce capital sympathie.

Les joueurs qui hésitaient à revenir pour la Saison 3 pourraient être dissuadés par cette annonce. Au lieu d'attirer les anciens joueurs, EA risque de les repousser définitivement.

L'hémorragie des joueurs : de 750 000 à 90 000, pourquoi EA panique

Le vrai moteur de cette décision n'est pas l'innovation commerciale, mais la panique. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Au lancement d'octobre 2025, Battlefield 6 atteignait un pic estimé entre 500 000 et 750 000 joueurs simultanés sur Steam. Un démarrage record pour la franchise.

Six mois plus tard, le tableau est bien différent. Pendant la Saison 2, le pic de joueurs simultanés est tombé à environ 92 000. Une chute estimée entre 85 % et 90 %. Certaines sources évoquent même des creux à 30 000 joueurs, selon les données compilées par Geekslands.fr. Pour un jeu-service qui repose sur des serveurs multijoueurs et une boutique cosmétique, c'est une hémorragie fatale.

Plusieurs facteurs expliquent cette dégringolade. Les microtransactions agressives ont lassé les joueurs dès les premières semaines. Le suivi de contenu, jugé trop lent et trop pauvre, n'a pas retenu l'attention. Et la concurrence — ARC Raiders, Call of Duty — a siphonné les joueurs déçus.

-89 % de joueurs sur Steam : la fuite qui explique la nouvelle stratégie d'EA

Quand un jeu perd presque 9 joueurs sur 10 en six mois, la priorité n'est plus de conquérir de nouveaux publics, mais de monétiser ceux qui restent. C'est exactement ce que fait EA avec la précommande du Battle Pass.

En sécurisant des revenus avant la sortie de la Saison 3, l'éditeur se couvre contre le risque que les joueurs ne reviennent pas. Si la saison déçoit ou si les joueurs continuent de partir, EA a déjà encaissé l'argent. C'est une stratégie de « cash grab » typique des jeux en fin de vie.

Le calcul est cynique mais logique : plutôt que d'investir dans du contenu de qualité pour faire revenir les joueurs, EA préfère extraire le maximum d'argent de la base existante avant qu'elle ne disparaisse complètement. Dans un marché où même les abonnements comme le Xbox Game Pass Ultimate revoient leurs prix pour attirer les joueurs, cette approche semble d'autant plus désespérée.

Fidéliser ou soutirer : l'équilibre fragile d'un jeu-service en sursis

La précommande de Battle Pass est une épée à double tranchant. D'un côté, elle peut rapporter de l'argent à court terme. De l'autre, elle accélère la fuite des joueurs qui se sentent pris pour des vaches à lait.

Les joueurs les plus fidèles, ceux qui sont restés malgré la chute des effectifs, sont aussi les plus susceptibles de se sentir trahis. Ils ont soutenu le jeu, acheté des skins, participé aux saisons. Leur récompense ? Une nouvelle tentative de leur soutirer de l'argent sans contrepartie claire.

Le parallèle avec la grogne sur les prix des abonnements est frappant. Un mémo interne de Xbox admettait récemment que l'abonnement Game Pass était devenu trop cher. Les joueurs sont de moins en moins disposés à payer sans savoir ce qu'ils obtiennent. EA semble ignorer ce signal.

La concurrence en embuscade

Pendant qu'EA s'enfonce dans des pratiques contestables, la concurrence avance. ARC Raiders a attiré une partie des joueurs déçus de Battlefield 6. Call of Duty continue de dominer le marché du FPS. Même Fortnite, pourtant dans un registre très différent, capte des joueurs avec son Battle Pass transparent et ses collaborations régulières.

Battlefield 6 n'est plus le seul jeu de tir réaliste sur le marché. Des titres comme Hell Let Loose ou Squad proposent des expériences militaires authentiques sans microtransactions agressives. Si EA continue sur cette voie, il risque de perdre définitivement sa place dans le paysage du FPS.

La communauté BF6 contre-attaque : « Même Call of Duty ne fait pas ça »

La réaction de la communauté ne s'est pas fait attendre. Dès l'annonce, les forums Reddit et les sections commentaires de JeuxVideo.com se sont enflammés.

Un joueur cité par IGN résume le sentiment général : « Not even Call of Duty does it. » La comparaison est frappante. Call of Duty, pourtant régulièrement critiqué pour ses bundles à 20 € et ses opérateurs à 30 €, n'a jamais osé proposer la précommande d'un Battle Pass.

Un autre joueur pousse la logique plus loin : « Look you'll be able to buy passes for the pass that gets you the battle pass. » C'est ce que les joueurs appellent le « pass-ception » — une mise en abyme absurde de la monétisation.

« Payer pour un pass qui débloque un pass » : l'absurdité mathématique de la proposition EA

Le système de Battle Pass repose sur un cycle vertueux : le joueur paie 10 € pour un pass, progresse, débloque des récompenses et gagne suffisamment de monnaie virtuelle pour acheter le pass suivant. C'est le modèle qui fonctionne chez Fortnite, Apex Legends ou Call of Duty: Warzone.

En précommandant le Battle Pass de la Saison 3, EA casse ce cycle. Le joueur paie en argent réel (ou en monnaie virtuelle qu'il a économisée) pour un pass dont il ne connaît pas le contenu. Si le pass est mauvais, il a perdu son argent. S'il est bon, il n'aura pas eu la satisfaction de débloquer les récompenses par le jeu.

Les joueurs soulignent aussi l'absurdité de payer pour des paliers débloqués. Le Battle Pass est censé récompenser le temps de jeu. Payer pour sauter des paliers, c'est admettre que le jeu n'est pas assez intéressant pour y jouer.

De JV.com aux streams Solary : la colère des joueurs français monte-t-elle plus haut qu'ailleurs ?

La communauté française de Battlefield est connue pour son exigence et sa voix forte. L'affaire Wicked Grin l'a montré : les joueurs français ont été parmi les plus virulents, et leur pression a forcé EA à reculer.

Sur JeuxVideo.com, les forums sont en ébullition. Les topics sur la monétisation agressive cumulent des centaines de messages. Les joueurs appellent au boycott, menacent de ne pas acheter la Saison 3.

Du côté des streams, la colère est aussi palpable. Sur les chaînes Solary, les discussions sur Battlefield 6 tournent souvent à la critique de la monétisation. Les streameurs, qui sont aussi des joueurs, relaient le mécontentement de leur communauté.

Mais cette colère est-elle suffisante pour faire plier EA ? La communauté est plus petite qu'à l'époque de Battlefield 1 ou Battlefield 4. Les joueurs qui restent sont peut-être trop peu nombreux pour peser.

Les précédents qui inquiètent

L'histoire du jeu vidéo montre que les pratiques contestables finissent souvent par s'imposer si personne ne résiste. Les loot boxes ont envahi l'industrie avant d'être régulées par certains pays. Les passes saisonniers ont divisé les communautés avant de devenir la norme. Les microtransactions cosmétiques, aujourd'hui acceptées, étaient jugées scandaleuses à leurs débuts.

Si les joueurs de Battlefield 6 acceptent la précommande du Battle Pass, d'autres éditeurs suivront. Call of Duty, Overwatch ou Destiny pourraient un jour proposer la même option. La frontière recule, comme elle a reculé à chaque étape de la monétisation des jeux-service.

L'argument des 1100 Coins : et si la précommande du Pass avait du sens ?

Avant de crier à l'arnaque, prenons un moment pour examiner les arguments en faveur de cette pratique. Certains joueurs, cités par IGN, défendent la précommande : « I finished Season 2, I have 1100 Battlefield Coins sitting there. Why wouldn't I do this lol. »

Pour un joueur actif qui a accumulé de la monnaie virtuelle, la précommande peut sembler une commodité. Il a l'argent, il sait qu'il jouera à la Saison 3, autant sécuriser son pass tout de suite et recevoir des bonus immédiats.

Apex Legends normalise cette pratique depuis plusieurs saisons. Les joueurs y sont habitués et ne s'en plaignent pas particulièrement. Pourquoi Battlefield ferait-il exception ?

Le cas des joueurs réguliers : la précommande comme simple extension de confort

Pour le joueur hardcore qui passe plusieurs heures par jour sur Battlefield 6, la précommande du Battle Pass est effectivement une commodité. Il sait qu'il jouera à la Saison 3, il a la monnaie virtuelle, et les bonus immédiats (skins, boosts) sont appréciables.

Le problème, c'est que cette catégorie de joueurs est de plus en plus rare. Avec la chute des effectifs, les « whales » (gros dépensiers) et les joueurs réguliers sont une espèce en voie de disparition. EA mise sur eux pour maintenir ses revenus, mais cette stratégie a des limites.

Si le contenu de la Saison 3 est bon, si les cartes sont réussies et les récompenses attractives, la précommande passera pour une simple option de confort. Mais si la saison déçoit, les joueurs se souviendront d'avoir payé pour du vide.

Le Battle Pass Pro est-il vraiment un « Pro » Pass ? L'absence de valeur ajoutée qui pose question

Le terme « Pro » dans le Battle Pass Pro suggère un produit premium, destiné aux joueurs sérieux. Mais que reçoit-on de « pro » pour 25 € ? Un skin d'arme secondaire, un skin de mitrailleuse, des paliers débloqués et des boosts d'XP.

Dans l'industrie, un Battle Pass « Pro » ou « Premium » inclut généralement des récompenses exclusives : un skin de personnage complet, une arme légendaire, des emotes animées, des effets visuels. Rien de tout cela ici.

L'absence de valeur ajoutée est flagrante. Pour 25 €, un joueur pourrait acheter deux ou trois skins dans la boutique directe, avec la certitude de ce qu'il obtient. Le Pass Pro offre moins de valeur pour plus d'argent, et sans transparence sur le contenu à venir.

La question de la confiance

Au-delà du calcul économique, la précommande du Battle Pass pose une question de confiance. Les joueurs doivent-ils faire confiance à EA pour livrer un contenu de qualité ? L'historique récent de l'éditeur ne plaide pas en sa faveur.

L'affaire Wicked Grin a montré qu'EA pouvait proposer des cosmétiques déconnectés des attentes des joueurs. Les microtransactions agressives ont terni l'expérience de jeu. Le suivi de contenu a été jugé insuffisant. Dans ces conditions, payer à l'avance pour un produit inconnu relève plus du pari que de la décision éclairée.

Conclusion : arnaque, nouvelle norme ou les deux ? Le futur trouble du modèle Battlefield

Alors, arnaque ou nouvelle norme ? La réponse est nuancée, mais elle penche dangereusement vers les deux à la fois.

Techniquement, ce n'est pas une arnaque. Le joueur reçoit bien ce qui est promis : des skins d'armes, des paliers débloqués, des boosts d'XP. La précommande n'est pas frauduleuse, elle est simplement vide. Le problème n'est pas le mensonge, mais l'absence d'information.

Commercialement, la pratique est limite. Vendre un produit dont le contenu est inconnu, sans réduction par rapport au prix de vente futur, c'est du « blind buying » pur et simple. Les joueurs paient pour un mystère, pas pour un contenu.

Et c'est probablement une nouvelle norme en devenir. Si les joueurs acceptent — même à contrecœur — cette pratique, d'autres éditeurs suivront. Call of Duty, Fortnite, Overwatch pourraient un jour proposer la précommande de leurs Battle Pass. La frontière recule, comme elle a reculé avec les loot boxes, les passes saisonniers, les microtransactions.

La balle est dans le camp des joueurs. Boycotteront-ils la précommande, comme ils ont boycotté le skin Wicked Grin ? Ou laisseront-ils la pratique s'installer, faute d'énergie pour se battre ?

Cette défiance des joueurs n'est pas isolée. Les débats sur la valeur des abonnements, comme le montre le mémo interne de Xbox sur le prix du Game Pass Ultimate, témoignent d'un marché qui sature. Les joueurs en ont assez de payer sans savoir, de s'engager sans garantie.

Battlefield 6 n'est pas mort, mais son agonie commerciale est visible. La précommande du Battle Pass de la Saison 3 est un aveu de faiblesse : EA n'a plus confiance en son propre jeu pour attirer les joueurs. Alors il tente de les piéger avant qu'ils ne partent.

La question n'est plus de savoir si c'est une arnaque. C'est de savoir si les joueurs laisseront faire.

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Questions fréquentes

Précommander le Battle Pass Saison 3 de Battlefield 6 est-il une arnaque ?

Techniquement, ce n'est pas une arnaque car le joueur reçoit bien les bonus promis (skins, paliers, boosts). Mais c'est un achat à l'aveugle : EA ne révèle pas le contenu du pass, sans réduction par rapport au prix futur, ce qui rend la pratique limite et suscite la défiance.

Quels sont les bonus de la précommande du Battle Pass Saison 3 ?

Le Pass Standard à 9,99€ offre un skin d'arme L110 et deux paliers débloqués. Le Pass Pro à 24,99€ ajoute un skin pour le pistolet P18, quatre paliers et des boosts d'XP. Aucun accès anticipé ni contenu exclusif lié à la carte Golmud Railway n'est inclus.

Pourquoi EA propose-t-il cette précommande malgré la polémique ?

EA panique face à une perte massive de joueurs : le pic est passé de 750 000 à 92 000 joueurs simultanés sur Steam en six mois. L'éditeur cherche à sécuriser des revenus avant la Saison 3, au risque d'accélérer la fuite des joueurs fidèles.

Combien de joueurs reste-t-il sur Battlefield 6 ?

Le jeu peine à maintenir 92 000 connexions simultanées sur Steam, contre un pic estimé entre 500 000 et 750 000 au lancement en octobre 2025. Cela représente une perte d'environ 85 à 90 % des joueurs en six mois.

Le Battle Pass Pro de Battlefield 6 vaut-il 25 euros ?

Non, la valeur perçue est faible : pour 25€, on obtient deux skins d'armes ordinaires, des paliers débloqués et des boosts d'XP. À titre de comparaison, un Battle Pass complet dans Call of Duty coûte environ 10€ pour 100 paliers de récompenses, dont des skins de personnage.

Sources

  1. OL-Rennes: les raisons de la nouvelle célébration de Corentin Tolisso depuis deux matchs · rmcsport.bfmtv.com
  2. fr.ign.com · fr.ign.com
  3. Battlefield 6 : EA introduit un nouveau système pour les Battle Pass qui va faire jaser les joueurs · gamekult.com
  4. gamingbolt.com · gamingbolt.com
  5. geekslands.fr / notebookcheck.biz / lacremedugaming.fr · geekslands.fr / notebookcheck.biz / lacremedugaming.fr
game-master
Maxime Aubot @game-master

Je joue à tout, je critique tout, je n'épargne personne. Gamer depuis la GameBoy de mon grand frère, j'ai aujourd'hui une collection qui ferait pâlir un musée. AAA, indés, mobile, retrogaming : si ça a des pixels ou des polygones, j'y ai touché. Mon avis ? Toujours honnête, parfois salé. Je défends les consommateurs contre les DLC abusifs et les microtransactions prédatrices. Si t'aimes les critiques complaisantes, passe ton chemin.

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