
Dès son plus jeune âge, l'enfant prend conscience de la mort. Il sait qu'il peut mourir, que ses proches peuvent mourir, et il apprendra bientôt que tout le monde finit par mourir, un jour ou l'autre. Un corps gisant sur le sol, inanimé, ayant perdu ses couleurs, sa chaleur, sa vie... Voilà sans doute de quoi terroriser l'humanité pour l'éternité.
Pourquoi les religions ont-elles inventé l'au-delà ?
L'homme, lorsqu'il ne disposait pas d'une connaissance scientifique suffisante, attribuait les phénomènes naturels inexpliqués à un ou plusieurs dieux, et c'est ce qu'il fit pour la mort. Ainsi, les hommes s'imaginèrent très vite, pour se rassurer, que seul le corps pouvait mourir, et pas l'âme, c'est-à-dire la personnalité, la pensée et les souvenirs d'une personne. Celle-ci quitterait le monde matériel et survivrait à jamais.
Mais ce concept n'est pas encore suffisant. On le sait, certains hommes aiment profiter d'autres hommes, les asservir, et les contrôler, dans leurs intérêts personnels. Alors, la religion va créer un mythe diaboliquement génial. L'homme ne craint plus la mort, puisqu'il sait que son âme survivra. Pourquoi ne pas faire croire aux hommes qu'après leur mort, ils devront d'abord être jugés, afin de déterminer si leur âme pourra continuer à vivre en paix, ou au contraire continuer à vivre dans la souffrance, pour l'éternité ? La crainte de la mort est sauvegardée, et donne ainsi un moyen de pression aux hommes ayant soif de domination.
Le jugement des morts : de l'Égypte antique aux religions actuelles

C'est ainsi que la civilisation égyptienne croyait à un jugement après la mort. Les dieux Anubis et Thot avaient pour charge de peser le cœur du défunt. Si le résultat de la pesée était défavorable, le mort était jeté dans la gueule d'Ammit qui le dévorait. Dans le cas contraire, le défunt était admis dans le domaine d'Osiris et pouvait accéder à la vie éternelle. Mais cette croyance ancienne n'a pas disparu, et certaines religions actuelles continuent à maintenir l'idée d'un jugement se terminant dans les deux cas par une vie éternelle, au paradis ou en enfer.
Réincarnation, paradis et autres mythes sur l'après-vie
De nombreuses autres croyances, moins excessives, sont admises sur la mort. On croit par exemple à la réincarnation, chez les bouddhistes. Là encore, la survie de l'âme est admise. Une fois le corps mort, l'âme le quitte et vient s'installer dans un nouveau corps, humain ou animal, et ainsi de suite. D'autres personnes croient quant à elles que l'âme s'envole vers un monde immatériel, où elle ne cessera d'exister et générera un « grand rêve » qui ne prendra jamais fin.
Mais l'homme a oublié quelque chose : aujourd'hui, il possède assez de connaissances scientifiques pour expliquer ce qu'est l'âme, ce qu'est la mort.
Ce que la science nous apprend sur la mort et l'âme

L'âme, même si cela peut paraître difficile à concevoir, n'est en fait constituée que de réactions chimiques, de phénomènes physiques et biologiques qui se produisent dans notre cerveau. La mort, c'est la défaillance d'une ou de plusieurs fonctions vitales (comme le système respiratoire, la distribution du sang par le cœur...) qui rendent impossible le bon fonctionnement des organes du corps, dont le cerveau fait partie, faute d'une bonne alimentation en oxygène (maintenant appelé dioxygène), en nutriments (à savoir les aliments qui, une fois digérés, sont passés dans le sang) ou encore à cause d'une maladie. Ces organes vont alors mourir, c'est-à-dire devenir inactifs.
La conclusion paraît presque évidente : l'âme disparaît en même temps que le corps, puisqu'en tant qu'organe, le cerveau meurt. Il n'y a donc rien au-delà du corps et de la matière. L'âme n'est en fait qu'une croyance.
Accepter la mort pour mieux profiter de la vie
Mais cette réalité scientifique, peu de gens semblent vouloir l'accepter. Si l'idée que l'homme n'est rien avant sa naissance ne choque pas, on a peur de considérer qu'il en est de même après sa mort. Et pourtant, cette idée n'est pas si effrayante, si on a pris le temps d'y réfléchir. En effet, une fois mort, une fois réduit à néant, ne persisteront ni la réflexion, ni les souvenirs. Aucun homme ne pourra donc regretter, souffrir, ou même tout simplement s'apercevoir qu'il est mort.
Cet état de fait nous permet également de prendre de la distance quant au poids trop excessif que veut prendre la religion sur le monde. Pourquoi ne pas profiter de la vie, sans se préoccuper de la mort ?