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Dépression, Mutilation, Scarification...

Dépression, automutilation, scarification… Pourquoi ces souffrances touchent-elles tant d'ados ? Signes à repérer, témoignages et solutions pour surmonter le mal-être.

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La période de l'adolescence… Ah, tout une histoire ! Quoi ? Qui a osé dire que c'était « la meilleure période de la vie » ? « Profites-en, ce sont encore les belles années »… Qui a prononcé ces insanités ?

L'adolescence est une période très difficile de la vie. On se cherche… On découvre les joies de la vie, le bonheur d'aimer, mais on subit aussi de fortes désillusions, des humiliations, des troubles, des malaises qui peuvent nous marquer et nous suivre toute notre vie.

C'est la période où nous sommes confrontés à de nombreux problèmes, qu'ils soient moraux, corporels ou sentimentaux. C'est une barrière difficile à franchir… On commence à se rendre compte de la réalité, de la dureté de la vie. C'est une étape fondamentale et parfois turbulente.

La plupart des personnes sur ce site font d'ailleurs partie de cette catégorie bien particulière : les adolescents… Une phase étrange, de transition, parfois incomprise par les adultes… Qui sont pourtant passés par là eux aussi !

Mal-être des adolescents : une souffrance réelle

Nous, les ados, avons toutes sortes de problèmes. Comment s'habiller ? Comment mettre son corps en valeur, alors qu'il nous semble si terne et si mal formé ? Il est en développement, il change, et on a souvent du mal à s'y habituer.

Naissent alors les complexes ! L'acné arrive tôt ou tard, et rares sont les rescapés de cette horreur ! Les veinards :) Qu'ils se rendent compte de leur chance ! La peau est trop grasse ou trop sèche, les cheveux partent dans tous les sens.

Les phrases habituelles, qui reviennent en particulier chez les filles qui extériorisent plus facilement leurs problèmes, sont :
- « J'ai pas de seins ! »
- « J'ai un gros cul ! »
- « J'ai de grosses cuisses ! »

Oui, apparemment on se regarde dans des miroirs qui nous déforment, car on n'est pas des monstres ! :) Quand même !

Enfin bref, on peut rire de tout cela en prenant du recul. Allez, l'autodérision ne fait pas de mal ! (Oui, je suis moi aussi concernée, évidemment !)

Automutilation chez les adolescents : comprendre ce phénomène

Mais cet article concerne un sujet plus sérieux. Chez certaines personnes, surtout les adolescents, les mal-êtres se font insurmontables et les troubles persistent, deviennent de plus en plus envahissants… La douleur intérieure s'exprime alors par des douleurs corporelles que l'on s'inflige soi-même.

Oui, malheureusement certains aboutissent à l'automutilation. Un peu au départ, puis elle devient régulière, parfois même quotidienne.

J'ai d'ailleurs lu dans divers forums, et même ceux de ce site, que certaines personnes avaient ces problèmes. C'est un phénomène à présent répandu.

Les causes de la dépression et de l'automutilation chez les jeunes

Plusieurs émotions se bousculent en nous : on découvre différents sentiments jamais éprouvés auparavant. Amour, amitié, déception, rejet, humiliation… On peut se sentir bien, puis désespérer à cause d'une futilité qui prend beaucoup de place dans notre conscience. On débouche parfois à de légères dépressions passagères… mais persistantes chez certains.

Cela peut faire basculer le moral d'une personne et entraver son inclusion sociale. Certaines situations entraînent des dépressions plus ou moins graves : une forte émotion, une angoisse, un accident, une agression, un décès…

Comment reconnaître les signes de la dépression chez les jeunes ?

La personne a des difficultés d'apprentissage, des problèmes scolaires, ou des troubles de l'alimentation, du sommeil… ou bien elle se réfugie dans le tabac, la drogue… Une hyperactivité trahit aussi un mal-être. Des variations d'humeur également.

Plus grave : les errances à répétition, les fugues, et même les tentatives de suicide… Certains se laissent aller dans la délinquance.

Une souffrance psychique se développe : l'insertion sociale se fait plus difficile, la solitude devient grandissante, indispensable, puis permanente. On découvre une incapacité à comprendre ce qui ne va pas, d'où vient le trouble.

Adolescents et mal-être : les différents profils

Je vais classer les adolescents dans certaines catégories, d'après un sondage, pour que vous puissiez vous identifier si les caractéristiques décrites vous correspondent :

  • Adolescents sans problèmes apparents : ils représentent 26 % des jeunes. Ils ont une opinion positive de leurs parents, ils sont satisfaits de leur vie familiale, ils sont parfois timides mais en général plutôt bien dans leur peau. Ils font peu d'excès et aiment sortir avec leurs amis, écouter de la musique, exercer des sports ou des activités extrascolaires.

  • Adolescents à problèmes multiples : ils représentent 10 % des jeunes. Ils ont des problèmes de sommeil, leur vie familiale leur paraît pénible (« mon père il est nuuuuul »… Qui n'a jamais dit ça ?), et les parents sont jugés comme manquant de compréhension. Ils ont certains complexes et investissent énormément dans leur vie relationnelle (les amis, les amours, les sorties).

  • Niveau intermédiaire : ils représentent la majorité des adolescents ! C'est-à-dire 63 %… S'ils veulent une situation plus favorable, il faudrait qu'ils se hissent dans la première catégorie… :)

Pourquoi les jeunes se scarifient-ils ?

Certains jeunes parviennent à un stade où ils se mutilent, se scarifient : mais pourquoi ?

Déjà, le fait de se faire des piercings peut être un acte esthétique, mais il est considéré comme une mutilation. Des jeunes le font pour défier la douleur, pour défier leur corps.

Il y en a qui se scarifient pour se rendre compte de leur existence. La douleur prouve qu'ils sont là, bien vivants, bien humains. Cela les rassure.

D'autres le font pour apaiser leur douleur morale : en souffrant physiquement, ils oublient légèrement leur malaise intérieur.

Certains le font pour se faire remarquer ; c'est un appel à l'aide, ils montrent par des cicatrices combien ils souffrent intérieurement.

Témoignages de personnes s'étant scarifiées

  • « Je me suis scarifié entre 6 mois et un an… Je ne me souviens pas très bien, je n'ai pas compté les jours. Il y a eu une période où c'était régulièrement, chaque jour, il y a aussi eu des périodes espacées de quelques jours. Je crois que même encore je ne sais pas très bien pourquoi je faisais ça, des sortes de crise… À un moment donné, lors de scarifications, la douleur physique prend le pas sur la douleur morale pendant un temps, et d'une certaine manière ça soulage, ça apaise, de voir le sang couler, de sentir la brûlure ou la lame du couteau/rasoir…

Ça a commencé sur les mains, c'est remonté sur les bras, jusqu'aux épaules, où les gens ne voyaient plus rien, j'ai ensuite attaqué un peu sur les jambes et sur le torse. Et puis un jour j'ai tout stoppé, je ne sais pas pourquoi, la douleur morale, elle, n'est pas partie, mais je crois que je n'ai plus supporté d'être dans un état pareil (lors et après les scarifs…). Il ne me reste plus que de vilaines cicatrices pour m'en rappeler… »

  • « Oui, j'me suis coupé les bras pendant 2 semaines… je me réveillais la nuit pour le faire… dès que j'étais de mauvaise humeur, je sortais le couteau… ou je grattais jusqu'au sang. Je voulais pas couper mes veines, je voulais simplement voir ma douleur. J'avais si mal à mon cœur, je ne comprenais pas… je ne voyais pas la douleur, je ne faisais que la ressentir, quand je me coupais, au moins je pouvais la voir ! C'était une sorte d'équilibre entre l'esprit et le corps… mais ça n'a rien arrangé, ça a juste inquiété mes ami(e)s. J'ai fini par arrêter… je vois toujours pas la douleur, mais avec mon thérapeute, je commence à la comprendre ! »

Témoignage d'une étudiante en psychologie : il y a de l'espoir

« Salut, moi c'est Virginie. Je suis étudiante en psychologie et je prépare un mémoire de fin d'études sur les scarifications. Il me semble important de vous rappeler que, bien souvent, c'est très difficile de s'en sortir seul. Or, il existe des gens qui connaissent ce que vous êtes en train de vivre et qui peuvent vous aider. Le "phénomène" des scarifications est assez nouveau en Europe (surtout sous cette forme). De ce fait, tous les thérapeutes ne connaissent pas le sujet "à fond". Cependant, les thérapeutes qui ont l'habitude de travailler avec des adolescents connaissent mieux le sujet. Mais il existe également des centres qui peuvent vous aider. Le tout est d'en parler et de se renseigner autour de soi.

Je sais combien cela peut être difficile, voire impossible, pour vous de mettre des mots sur ce que vous ressentez mais ce n'est qu'avec de la volonté que vous y arriverez. Commencez par trouver quelqu'un pour vous aider. Peu à peu, les choses deviendront de plus en plus claires. Vous devez savoir qu'après un traitement adéquat, 75 % des adolescentes (ce sont elles les plus touchées) ne se scarifient plus jamais. Non pas qu'elles ne souffrent plus mais elles arrivent à mieux canaliser leurs émotions. Et surtout, elles se sont remises "au clair" avec elles-mêmes. Gardez espoir… »

Récit d'un rétablissement réussi

Beaucoup s'en sortent après une aide d'un thérapeute ou d'un psychologue, comme cette jeune fille :

  • « Depuis quelques semaines, j'ai arrêté ces scarifications inutiles et je mange de nouveau normalement. J'ai été aidée par une psychologue et par une amie en particulier. Aujourd'hui, je me sens beaucoup mieux. Je n'ai plus ce besoin de me faire mal.

Je ressens ce que vous subissez, je vous comprends très bien, mais, pour vos amis, pour votre famille, et avant tout pour vous, stoppez ce carnage. »

Scarification : d'un rituel symbolique à un acte dangereux

À notre époque, la scarification est devenue problématique, mais avant, qu'était-elle ?

Eh bien, la scarification était en fait pratiquée par certains peuples africains ! C'était un type d'art corporel privilégié. Elle faisait partie d'un rituel, elle indiquait la position sociale et témoignait d'un exploit ou était simplement décorative. Autrefois, le visage était l'endroit de prédilection pour cette pratique. Puis d'autres parties du corps servirent de support, comme le cou, les flancs, les cuisses, les bras et les jambes.

La scarification était symbolique auparavant, maintenant elle est devenue un acte dangereux… Ne passez jamais par là. C'est un geste douloureux, inutile, et il est difficile de s'en sortir.

Ressources et liens utiles

Quelques liens sur des problèmes qui peuvent nous concerner :

Si vous êtes concerné(e) par des problèmes comme ceux traités dans cet article, il faut impérativement en discuter avec votre entourage et avec des spécialistes pour tenter de vous en sortir. Je vous souhaite bonne chance à tous…

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jubi07
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