
Pourquoi Del Bosque a-t-il choisi le 4-6-0 ?
L'ancien entraîneur du Real Madrid avait déjà joué en 4-6-0, une formation sans attaquant de pointe, mais personne ne pensait qu'il rééditerait l'expérience avec la sélection espagnole. Rien n'est moins sûr que Del Bosque l'ait prémédité. L'Euro 2012 de Vicente Del Bosque n'a pas commencé en mai, au moment de la préparation, mais en décembre 2011 lorsque David Villa s'est blessé et a annoncé ses doutes sur sa présence en Ukraine et en Pologne six mois plus tard. À ce moment-là, il a cherché des solutions de secours.
L'Espagne ne manque pas d'attaquants de grande classe comme Fernando Torres, Soldado, Negredo ou Llorente. Mais dans la tête de Del Bosque, seul l'attaquant catalan, malheureusement blessé, avait la place de titulaire indiscutable. Pendant les six mois qui ont précédé ce championnat d'Europe, on pouvait sentir que Torres était en pole position pour le rôle de 9. C'est donc avec surprise que l'on apprit la titularisation de Fabregas à la place de Torres, lors du premier match contre l'Italie.
Quels sont les objectifs de cette tactique ?
Il faut avouer que ce système n'a pas séduit dès le départ. À partir de là, les supputations se sont enchaînées. Pourquoi renforcer un secteur dans lequel excelle la Roja ? L'hypothèse la plus probable est que Del Bosque a senti ses joueurs émoussés après des saisons très remplies (demi-finale de Ligue des Champions pour les joueurs du Real Madrid et le FC Barcelone et finale de la Coupe du Roi le 26 mai avec le FC Barcelone). Il a donc préféré sacrifier sa pointe contre un milieu de terrain supplémentaire.
D'autres, dont les médias espagnols, pensaient que Xavi était très court physiquement, ce qui est vrai, mais que Del Bosque ne pouvait mettre un de ses leaders sur le banc. Cela peut justifier la présence d'un technicien catalan en plus.
Comment Del Bosque a-t-il géré la physique des joueurs ?
Du côté physique, sa gestion fut parfaite, même s'il prit le risque de jouer un peu moins bien que d'habitude. Se sentant moins puissant d'un point de vue physique, il donna l'instruction à ses joueurs de ne pas tout donner et d'en garder sous la pédale pour les matches importants. Cela explique que la formation ibère joua plus horizontalement que verticalement et que la finale contre l'Italie fut, de loin, la rencontre la plus aboutie, comme si Del Bosque leur avait demandé de se lâcher pour le dernier match avant les vacances.
Un poste de sélectionneur se libère de l'autre côté des Pyrénées. Si Vicente Del Bosque est intéressé...