Image 1
Essais

Le BAFA, grande aventure

De l'incertitude après le lycée à la passion pour l'animation : je vous raconte mon parcours BAFA, entre formations, stages en centre aéré, colos et accueil périscolaire.

As-tu aimé cet article ?

De l'incertitude à la vocation d'animatrice

Quand je suis sortie du lycée, je ne savais pas vraiment quoi faire de ma vie. J'ai accompagné une copine à la porte ouverte de la fac et, comme cela m'avait plu, je m'y suis inscrite aussi — au dernier moment, c'est vrai, mais inscrite quand même !

J'ai tenu trois mois, en licence LLCE Anglais et Russe, mais rester assise devant un vieux prof qui dicte des phrases qu'il vient de lire dans un bouquin, ça ne m'intéressait plus. J'avais déjà donné !

Étant la deuxième d'une famille de cinq enfants, j'ai un jour inscrit mes deux petits derniers — frère et sœur, 4 et 6 ans — au centre aéré. C'est là que l'idée d'être animatrice a commencé à germer en moi. Sur le chemin du retour, je suis passée devant la cour de récréation d'une école primaire. Les enfants étaient dans la cour, en pleine course. L'un d'entre eux s'est arrêté et m'a fait un signe de la main. J'ai pris ça comme un signe du destin. Pourquoi pas ? Alors j'ai décidé d'être animatrice.

Comment obtenir son BAFA : le stage de formation générale

Mais comment devient-on animatrice ?, me suis-je dit. Ma voisine, une amie avec qui j'étais déjà partie en « colo » en tant qu'enfant, m'a conseillé un organisme et je me suis inscrite.

Là, j'étais loin, à des milles et des milles d'imaginer à quel point j'allais m'éclater. C'est simple : j'ai vécu ce stage de base, dans un manoir au bord de la mer qui s'appelle Géorama, comme ma dernière « colo ». Qu'est-ce qu'on a pu rigoler !

Devenir animatrice : mon stage pratique en centre de loisirs

Ensuite vint la recherche de stage pratique. Alors que je m'étais exilée à l'île de Ré avec un charmant garçon rencontré lors de ce stage de base, mon téléphone a sonné. C'était ma première directrice qui m'appelait pour un entretien.

Et allez donc ! À peine rentrée de l'île de Ré, me voilà partie pour mon premier job, puisque tout ce que j'avais fait avant, c'était du bénévolat, sans BAFA.

Cela se trouvait au Sillon de Bretagne, cité légèrement tendue de la ville de Saint-Herblain. Une petite place, sous la masse des immeubles : c'était la maison de l'enfance.

J'ai commencé le mois suivant. Le premier jour, je suis arrivée en avance pour me familiariser avec les animateurs déjà présents. Puis les enfants sont arrivés. J'avais mal au ventre : que me réservait cette journée ?

Eh bien, elle fut riche en émotions ! Les enfants couraient partout, se sortaient des insultes que j'aurais imaginé ne jamais sortir d'une bouche de cet âge-là, puisqu'on m'avait confié les 4-6 ans. Non pas que j'aie été élevée dans un couvent — je venais moi-même d'une cité assez chaude — mais je pensais que tout de même, il y avait des limites.

À la pause de midi, j'avais envie de rentrer chez moi. Mais le soir même, j'avais hâte d'être au lendemain pour recommencer. Les enfants ne demandaient qu'à ce que l'on s'occupe d'eux, qu'on les aime, qu'on soit attentifs. Je me suis mise à imaginer des activités, à les suivre dans les leurs, à leur raconter des histoires venues de je ne sais où.

C'est vrai que les journées étaient très éprouvantes, c'était du sport ! Certains avaient des crises de colère et les voir si perdus me fendait le cœur. Je me suis rendu compte que j'avais maintenant une trentaine de petits frères et sœurs, à des niveaux différents. J'ai travaillé trois mois là-bas, et le dernier jour, j'en avais gros sur le cœur.

Ma première colo : séjour itinérant en VTT avec des ados

Ensuite vint la première colo — enfin, le premier séjour — et là, changement total de décor : séjour itinérant en VTT le long du canal de Nantes à Brest, avec des ados de douze à quatorze ans, comme le plus vieux de mes petits frères !

Là, c'est un tout autre univers. Certes, on peut avoir des conversations autres qu'avec des enfants de 6 ans, mais alors les ados… quelles feignasses ! C'étaient des enfants de Nantes centre — c'est pas la cité, Nantes centre — et ça se sent ! Faire la vaisselle ? Moi ? Ça va pas, nan ? Vous voyez le genre. Mais je peux vous dire qu'ils l'ont faite, leur vaisselle, nan mais ho !

Ce séjour fut fatiguant, mais très riche. J'en ai appris beaucoup sur les relations que l'on pouvait entretenir avec les enfants lors d'un séjour. Et aujourd'hui, plus d'un an après, on continue de se faire des sorties patinoires, et on se téléphone.

Accueil périscolaire et séjours d'été

À la rentrée suivante, avec la même directrice que ce séjour, je suis allée travailler dans un accueil périscolaire. C'est-à-dire que nous prenions les enfants à partir de 7h30 du matin, que nous les amenions à l'école, et qu'on les récupérait à la fin de la journée, jusqu'à dix-neuf heures le soir. Cela se trouvait dans un petit village, Le Cellier.

Les enfants constituaient une grande famille, puisqu'ils se connaissaient depuis la maternelle, les plus grands prenant soin des plus petits. Au début je me suis dit : voilà des enfants dont les parents doivent rêver ! Polis, calmes, gentils, et créatifs en plus ! Je n'avais jamais vu ça, sincèrement. Mais alors au bout d'un moment… je me suis ennuyée.

Quoi ? Plus de disputes ? Plus de bagarres à calmer ? Plus de gros chagrins à soigner par de gros câlins ? Mais alors c'est pas drôle ! C'est un autre univers.

Mes bagarres et disputes, je les ai retrouvées dans les deux séjours suivants, à Pornichet, avec 60 enfants de huit à treize ans — que des enfants des cités ! Formidable ! Oui, formidable. Quand je suis rentrée chez moi j'ai dormi 36 heures de suite, mais ça valait franchement le coup. Une super équipe, des mômes très drôles, même si certains l'étaient franchement moins !

Certains des plus petits ont vraiment vu une maman en moi, car ils n'étaient jamais partis sans leurs parents. Alors je leur racontais des histoires avant de dormir, je veillais à ce qu'ils s'intègrent bien — comme avec tous, d'ailleurs. Vous me direz… mais avec un régime spécial, parce qu'on a beau dire, avec soixante enfants, ce n'est pas facile de s'occuper de tous de la même façon !

Prochains projets BAFA : direction la Moselle

Depuis, j'attends le mois de juillet car j'ai organisé avec un ami un petit séjour avec une dizaine d'enfants de l'accueil périscolaire. On va partir une semaine en Moselle et, pour une fois, je pourrai jouer le rôle de la directrice, même si nous partons en tant que particuliers.

Puis au mois d'août, c'est reparti pour les séjours, avec les 4-8 ans cette fois-ci ! Vivement le mois d'août ! Vive l'animation ! Vivent les gosses !

As-tu aimé cet article ?
elodelu
elodelu @elodelu
75 articles 0 abonnés

Commentaires (10)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires