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Même l'Europe ne le réveille pas

PSG : un match nul à l'Ajax (1-1) qui inquiète. Entre milieu défaillant et manque d'efficacité, la Belle tarde à se réveiller.

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Il est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Le Paris Saint-Germain, à cette époque, remportait son premier match de Ligue des Champions. À vrai dire, cette tradition ne remporte qu'aux deux dernières éditions, mais on s'habitue rapidement à ce genre de choses. Il y a deux ans donc, Paris avait battu le Dynamo Kiev. Une première victoire en C1 depuis 2004 qui lui avait permis de lancer sa saison après un mois d'août pour le moins moyen. L'année passée, c'était aux dépens de l'Olympiakos (4-1) que le club de la capitale s'était élancé vers un second titre de champion de France après un premier mois de compétition en demi-teinte. On commençait à se dire que c'était le chant des étoiles ou la petite musique si douce qui accompagne les gladiateurs vers le coup d'envoi qui lui servait d'électrochoc. Mais force est de constater, après ce match nul concédé hier soir à Amsterdam (1-1), que le PSG a plus de mal que d'habitude à entrer dans sa saison et même la Ligue des Champions ne suffit pas à le sortir des limbes. Alors, il apparaît plus que certain, vu le niveau des adversaires qui devront le concurrencer, que Paris sera encore sur le toit de la Ligue 1 en mai prochain. Même avec toute la prudence du monde, il est tout de même nécessaire de se demander s'il pourra être à la hauteur de ses ambitions en Coupe d'Europe.

À voir ce qu'il y a écrit plus haut, on pourrait croire que Paris a perdu ou même qu'il a été lourdement battu par l'Ajax Amsterdam. Ce n'a pas été le cas grâce à un but survenu rapidement, après seulement dix minutes de jeu, sur un déboulé de Lucas qui mettait Boilesen à la faute avant de centrer vers Zlatan Ibrahimovic. Le Suédois voyait sa frappe contrée, ce qui n'était pas le cas d'Edinson Cavani qui lui mettait le ballon derrière la ligne blanche. Les Parisiens auraient même pu tenir la victoire si Schone n'était pas un aussi bon tireur de coup franc, lui qui crucifiait Salvatore Sirigu à vingt minutes de la fin.

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Un milieu de terrain en difficulté

Mais le score n'est pas si important que cela. C'est important bien évidemment car une victoire en Hollande aurait ouvert un large chemin vers les huitièmes de finale et parce qu'une défaite d'entrée aurait eu des airs de crise et on sait que Paris n'aime pas les crises parce qu'il ne sait jamais comment s'en sortir. On peut même se dire qu'aller prendre un point à une équipe quadruple championne d'Europe qui remporte son championnat national presque tous les ans, c'est plutôt bien malgré la faiblesse de cette équipe de l'Ajax qui n'a de grand que son stade et son public. Si la déception ne se trouve pas dans le match nul en lui-même, c'est surtout dans le jeu que le PSG n'a pas été à la hauteur, ce qui ne lui arrive pas si souvent sur la scène européenne. Il s'est déplacé dans la capitale néerlandaise comme il était allé à Rennes ou du moins avec les mêmes faiblesses.

On pourrait commencer par ce milieu de terrain excellent la saison passée mais très loin de ses standards depuis un mois. Marco Verratti agace par son manque d'engagement offensif. Il faudrait plus de deux mains pour compter le nombre de fois où le jeune Italien s'est retrouvé en position de frappe sans jamais tenter sa chance. Au lieu de ça, il reste dans sa zone de confort qui le voit récupérer des ballons à tout-va. Blaise Matuidi semble très loin du compte d'un point de vue physique. D'un seul coup, le marathonien mue fondeur qui ne tiendrait même pas vingt kilomètres. Sur le terrain, cela se caractérise par un trop grand déchet technique, des pertes de balles innombrables qui ont empêché les Parisiens de contrôler la rencontre.

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Panne d'efficacité devant le but

Mais c'est aussi dans la finition que le PSG aura des choses à améliorer. Malgré sa performance terne et sans relief, il aurait pu mais surtout dû tuer le match quand il en avait les occasions. On pense là à Lucas qui manquait son face à face sans que Cillessen n'ait eu besoin de faire quoi que ce soit. Comme on a pu s'en rendre compte sur les terrains de Ligue 1, il est incapable de tenir un résultat. Contre Reims, Rennes et maintenant l'Ajax Amsterdam, il a mené à chaque fois 1-0 avant de voir son adversaire le rejoindre. Et c'est peut-être ici que se situe le point le plus embêtant, à défaut d'être particulièrement inquiétant. La saison dernière, Paris semblait avoir la maturité de gérer un résultat qui lui était favorable. Quand il menait d'un but, il savait faire en sorte de le conserver même quand il n'était pas dans un bon jour. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Il se retrouve en danger à chaque fois qu'il ne parvient pas à assommer une bonne fois pour toutes son adversaire.

Une chose que Laurent Blanc a cernée : « On voit qu'il y a de la motivation dans cette équipe mais la technique et le physique ne suivent pas. Ce match, on aurait dû le remporter. Ce qui me rassure, c'est qu'on parvient à faire match nul en étant très loin de ce qu'on est capable de faire. Mais entre être capable et le faire, il y a un monde ». L'analyse de l'entraîneur parisien a au moins le mérite d'être lucide. Le PSG n'a pas pour habitude de commencer ses saisons à 100 % mais jamais il n'en était paru aussi loin. Le temps qu'il aura en Ligue 1, il ne l'aura pas en Coupe d'Europe sachant que c'est le FC Barcelone qui se déplacera à Paris dans quinze jours. Et qu'une défaite pourrait avoir des conséquences. Mais la Belle se réveillera bien un jour ou l'autre...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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