
Enfin bref, puisque cette rubrique se nomme « vos histoires », que c'est bientôt Noël et que j'ai justement en réserve une histoire de Noël dans ma hotte (ho ho ho !), je vais donc vous la conter.
Installez-vous dans un fauteuil bien confortable, au coin de la cheminée (allumée, de préférence) et écoutez ceci.
Mon plus beau souvenir de Noël en 1990
Le plus beau de tous les Noël a eu lieu pour moi en 1990. J'avais dix ans. (Non seulement je parle bien, mais en plus je sais compter !)
Cette année-là, c'était la dèche à la maison. Ma mère venait de nous rejoindre à Nice, dans ce petit appartement où nous ne possédions pas grand-chose, mais où j'ai d'excellents souvenirs.
Mon père travaillait un peu, ma mère l'aidait, mes deux frères et moi fréquentions le collège, l'école primaire et la maternelle. Mon plus jeune frère Pascal, cinq ans, était le seul à croire encore à l'existence du Père Noël, mais pas pour longtemps.
Une période difficile vécue simplement
Nos repas gastronomiques étaient constitués de pâtes, de riz, et encore de pâtes et de riz. Quelques fois, nos parents ne mangeaient pas pour que nous puissions manger ; ils allaient travailler avec des crampes d'estomac. Mes frères et moi n'avions même pas de lit, mais de simples matelas posés par terre, ce dont nous ne nous plaignions pas, car nous aimions ce petit côté « camping ». Pour nous, c'était un jeu.
La nuit de Noël approchait à grands pas, et pas un seul cadeau à la maison, pas de sapin, pas de décorations, si ce n'est les étoiles que j'avais fabriquées, coloriées puis accrochées un peu partout dans l'appartement.
Je sais, cela semble un peu dramatico-« Petite Maison dans la prairie », mais c'est véridique. Et encore, je passe certains détails, comme par exemple le fait que nous n'avions pas de frigo et que la nourriture à garder au frais se trouvait sur le balcon. Mais n'allez surtout pas croire que nous étions malheureux. Les enfants ne voient pas la même chose que les adultes, ils ont un angle de vue plus poétique, si je puis dire. Nous ne mangions que des pâtes et du riz ? Mais nous aimions ça. Nous dormions par terre et n'étions pas très bien habillés ? Mais dormir par terre nous plaisait et nous n'étions pas les seuls de nos écoles à être fringués comme l'as de pique !
Le miracle du 20 décembre
Mon père avait attendu toute la semaine un chèque qui ne venait pas, et qui pourtant aurait pu nous permettre de passer un Noël convenable. Alors, mes parents nous avaient avertis que nous n'aurions pas de cadeaux cette année. Mon grand frère et moi le savions depuis longtemps, mais ce n'était pas grave. C'est pour notre petit bout de frère, Pascalou, que c'était dur. Il avait fallu lui expliquer que le Père Noël n'existait pas, et que personne ne viendrait la nuit pour lui apporter voitures, garage, Playmobils, enfin tout ce qu'il avait demandé.
Mais le jour du 20 décembre, tin tin tin ! Dans la boîte aux lettres, le chèque était là ! Ce fameux bout de papier qui représentait tant pour nous !
Alors, ce jour-là, il y eut à la maison un frigo, avec de la nourriture dedans ! Un petit sapin que nous avions décoré tous ensemble, et surtout, au pied de cet arbre, quelques jolis paquets que nous eûmes la joie de déchiquetter le soir du 24 décembre !
Quelle est la vraie magie de Noël ?
Mais pour moi, personnellement, les cadeaux passèrent au second plan. Car pendant que mes frères jouaient avec leurs présents, ce que j'observais, moi, c'étaient les mines réjouies de mes parents, leur joie de nous avoir fait ce plaisir.
C'est ça, Noël, enfin, ce devrait être ça : ne pas se souvenir de ce qu'on a reçu, mais de la joie, des visages heureux de ceux qu'on aime.
Je vous invite donc à raconter, ci-dessous, vos meilleurs souvenirs, et je souhaite à tous ceux qui passeront par là un joyeux Noël et une bonne année !