
Ségolène Royal, battue de seulement 42 voix lors du second tour, a répliqué à la volonté de sa rivale d'être « le premier secrétaire de tous les militants » lors du journal télévisé de 20h de TF1.
« C'est quand même très étrange de voir une candidate à une élection de s'auto-proclamer élue, alors même qu'il y a actuellement un certain nombre de décomptes de voix qui sont en cours d'examen. »
Ségolène Royal et ses représentants ont accusé le camp Aubry d'avoir triché, faussant ainsi le scrutin dans deux fédérations : Lille et la Nouvelle-Calédonie. Selon les premières vérifications, Madame Royal aurait été lésée de 20 voix à Lille, le fief de Madame Aubry, et en Nouvelle-Calédonie. Si ces résultats sont confirmés, l'écart entre les deux femmes serait alors quasi inexistant. C'est pourquoi la motion Royal souhaite un troisième tour afin de rassembler les militants et de voter, sans tensions ni attaques, pour élire le successeur de François Hollande, en poste depuis 11 ans à la tête du parti.
Ces contestations lancent une « polémique destinée à entacher le scrutin » selon Christophe Borgel, mandataire de la motion Aubry, qui appelle à attendre la « commission nationale de récolement ». Cette procédure consistant à réviser le scrutin peut être contestée puisque les éventuelles tricheries de la motion Aubry pourraient faire l'objet d'un « recours à une médiation interne du parti voire de la justice », ont annoncé deux lieutenants de Ségolène Royal, Manuel Valls et Jean-Pierre Mignard.
Crise majeure ou simple confusion pour le PS ?
Les opinions concernant le statut actuel et l'avenir du Parti socialiste divergent. En effet, François Hollande reste optimiste sur « son » parti qu'il a longuement dirigé. Il reconnaît que le PS est fortement divisé mais estime que « le risque n'est pas du tout de scission ou d'éclatement, (mais) de confusion », tout en appelant « à la responsabilité de chacun et au respect de nos procédures, du vote et de nos instances ». Cependant, le directeur de la Fondation pour l'innovation politique, Dominique Reynié, annonce une possibilité que le parti entre « dans une crise dont il ne se relèvera pas ».
Cette crise semble éloigner le parti de la ferveur qu'il espérait tirer de cette élection après une longue période morose, avec trois échecs consécutifs à la présidentielle et les tensions entre les principales figures emblématiques.
Une crise interne qui profite à la droite
En raison de cette crise, la droite jubile en soulignant que le Parti socialiste est « un parti affaibli et coupé en deux, avec deux camps qui ne se respectent pas… Pire, qui se haïssent. »
Est-ce la fin du « vieux parti », principale opposition de la droite ?