
Mais je n'ai malheureusement pas d'autre choix.
Je disais donc : "Faire de la musique dans l'unique but de faire du fric, c'est fatalement faire de la merde".
Le gros problème, lorsqu'un artiste devient commercial, est qu'il ne produit que ce que les gens veulent. Elles sont rares les rock stars capables de dire à leur public en demande : "Le rock est à l'agonie ? Qu'il crève, ça ne nous empêchera pas d'écrire ce qu'on veut". L'artiste commercial, lui, oublie d'exprimer sa propre pensée et ne produit donc que des tubes sans âme ni texture (d'où le terme de "soupe", extrêmement usité par les intellectuels rebelles de la vie).

On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar
On ne fait pas artiste pour être une superstar

Ce qui y est le plus honteux n'est pas, comme ces derniers le prétendent, le voyeurisme ou l'orchestration supposée des acteurs. Non, ce qui y est honteux, c'est l'idée que des professeurs de narcissisme ignorant jusqu'à l'existence du mot "création" pensent que le "talent" qu'ils espèrent inculquer à leurs élèves se résume à une capacité technique (évoquer que le point commun entre tous ces "professeurs" est d'être des ratés du show-biz ne serait pas un argument très approprié ici...).
En clair, ils ont la prétention de leur apprendre à "devenir artiste". Et, à en juger par les ventes de brouets infâmes qualifiés, à la limite du cynisme, d'"albums" et de "films", force est de constater que les gens ne savent plus ce qu'est l'art.
Dans la Grèce antique, on considérait que pour les divertissements, les professionnels étaient viciés par le fait qu'ils devaient vivre de leurs œuvres, et c'étaient donc les amateurs qui étaient les plus valorisés. Aujourd'hui, c'est complètement l'inverse.

Heureusement, un moyen radical d'inculquer quelques valeurs est apparu avec Internet : non, je ne parle pas des sites pornos (c'est vrai que ces derniers ont levé de nombreux obscurantismes en matière de sexualité, mais nous n'allons pas développer ce sujet tout de suite). Je parlais de l'autre révolution : l'échange peer-to-peer (P2P) de fichiers "artistiques".
Oui, le P2P est le seul moyen connu (à part changer l'éducation de la société mondiale dans son intégralité) de sauver la musique.

Le peer to peer est la chimiothérapie de la musique
Car en téléchargeant les musiques, les gens arrêtent de payer les "artistes". S'en vont alors du marché ceux qui s'intéressent plus à la gloire et à l'argent qu'à leurs créations, laissant ainsi un peu de place aux autres.
Et là, ça devient génial, car le public se met à écouter de vraies œuvres d'art, c'est-à-dire des musiques qui n'ont pas été créées uniquement pour lui plaire : des messages artistiques non viciés (notez que je n'ai pas utilisé le terme "bonne musique" et à ce niveau du texte, si quelqu'un me le ressort, je lui mets une claque).
Un bémol, cependant : il est possible que cet engouement pour le piratage ait été, pour beaucoup, lié principalement à une simple envie de possession. Par conséquent, les pirates scatophages risquent de se désintéresser de CD gravés qui ne font pas bien dans leur bibliothèque où il y a de belles jaquettes (eh oui, on en est là), freinant ainsi cet élan salvateur de la musique, voire de l'art en général.
Si, cependant, les ravages causés à "l'industrie du disque" (expression transformant, par son affligeante grossièreté, le cynique en stoïcien) sont suffisamment importants, alors on pourra découvrir les vrais artistes.
Mais tout le problème n'est-il pas là : l'envie de possession d'un CD comme d'un bien ?
En fait, il faudrait voir les réseaux peer-to-peer comme une bibliothèque géante dans laquelle chacun peut, à tout moment, emprunter un ouvrage (album mp3) et hors de cette bibliothèque, chacun peut en acheter d'autres (de meilleure qualité comme le CD original) s'il aime suffisamment l'auteur.
Ce système existe déjà avec les livres et il marche très bien. Avoir une carte de bibliothèque ne m'empêche pas d'acheter des livres...
Je sais ce que vous vous dites : vous pensez qu'il ne faut pas manger des Chicken McNuggets parce qu'ils sont nourris avec des farines animales. Moi, je vous dis que c'est vrai, mais ce n'est pas le sujet. Alors vous vous rattrapez et vous me dites que le livre qu'on emprunte à la bibliothèque, on n'en garde pas de copie... Oui, mais un livre, une fois qu'on l'a déjà lu, on l'achète rarement. Donc, pour les revenus de l'auteur, ça revient au même.
Purifiez le paysage artistique
Je vous encourage donc, vous la résistance à cette dictature des trucs pourris, vous qui stimulez frénétiquement votre matière grise à la recherche d'un plaisir stérile, vous qui n'écoutez que de la merde, et vous qui refusez de vous reconnaître dans l'une des deux dernières catégories : purifiez les immondices qui polluent le paysage artistique actuel, découvrez ce qui fait de l'homme autre chose qu'un virus ambulant semeur de déjections qui arrive à pourrir même les plus belles choses qu'il a créées.
Je vous en conjure ! TÉLÉCHARGEZ DE LA MUSIQUE !!!