L'équipage de Shenzhou-21 lors de la cérémonie de départ.
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Shenzhou-21 : 210 jours dans l'espace, retour en images d'une mission record

210 jours en orbite, un record chinois, mais aussi un retour mouvementé : hublot fissuré par un débris, permutation de vaisseau inédite, naissance de souriceaux dans l'espace et une pomme symbolique.

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La nuit tombait sur la steppe de Mongolie-Intérieure quand le parachute de la capsule Shenzhou-22 s'est ouvert dans le ciel du site de Dongfeng. Il était 20h11, heure de Pékin, ce 29 mai 2026. À l'intérieur, trois hommes venaient de boucler 210 jours en orbite, un record national. Les images diffusées par l'agence Xinhua montrent la capsule touchant le sol dans un nuage de poussière, puis les secouristes s'activant autour de l'habitacle. Quelques minutes plus tard, Zhang Lu, Wu Fei et Zhang Hongzhang émergeaient, souriants, visiblement en bonne santé. Leur mission Shenzhou-21 s'achevait, mais elle laisse derrière elle une moisson scientifique impressionnante et une histoire technique hors du commun. 

L'équipage de Shenzhou-21 lors de la cérémonie de départ.
L'équipage de Shenzhou-21 lors de la cérémonie de départ. — (source)

Retour sur Terre de Shenzhou-21 : les premières images de l'équipage dans la nuit mongole

La capsule se pose dans la steppe : le spectacle d'un retour réussi

Un astronaute de Shenzhou-21 salue après être sorti de la capsule, assisté par l'équipe de récupération.
Un astronaute de Shenzhou-21 salue après être sorti de la capsule, assisté par l'équipe de récupération. — (source)

Les dernières minutes du vol sont un ballet parfaitement orchestré. Après avoir largué le module orbital, la capsule de retour a entamé sa descente dans l'atmosphère à près de 28 000 km/h. Le bouclier thermique a encaissé des températures de plus de 2 000 degrés, puis le premier parachute s'est déployé pour stabiliser la chute. À 6 km d'altitude, le parachute principal, d'une surface de 1 200 m², s'est ouvert, ralentissant l'engin à une vitesse d'impact de seulement 2 mètres par seconde. Les caméras au sol ont capté l'instant précis où la capsule a heurté la terre ferme, soulevant un panache de poussière ocre dans la lumière des projecteurs.

L'équipe de récupération, composée d'une vingtaine de techniciens et de médecins, a rejoint l'engin en moins de trois minutes. Les images montrent les hélicoptères militaires Z-8 se posant à proximité, leurs rotors soulevant encore la poussière de la steppe. Les techniciens ont d'abord vérifié l'absence de fuite de propergol, puis ont ouvert la trappe. À 20h59, les trois taïkonautes étaient sortis, accueillis par les applaudissements de l'équipe au sol. Le Monde a consacré une vidéo à ce retour, soulignant le caractère historique de la mission.

210 jours en orbite : le nouveau record des taïkonautes chinois

Passation d'équipage entre Shenzhou-21 et les astronautes en poste dans le module Tianhe.
Passation d'équipage entre Shenzhou-21 et les astronautes en poste dans le module Tianhe. — (source)

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 210 jours, 7 heures et 27 minutes précisément. C'est le nouveau record chinois de durée en orbite, dépassant les 186 jours de l'équipage de Shenzhou-18. L'équipage était composé de Zhang Lu, commandant de bord déjà vétéran de Shenzhou-15, de Wu Fei, 32 ans au lancement — le plus jeune astronaute chinois de l'histoire — et de Zhang Hongzhang, spécialiste de charge utile. Tous deux, Wu Fei et Zhang Hongzhang, avaient été sélectionnés en 2020 dans le troisième groupe de taïkonautes chinois.

Leur état de santé général a été jugé excellent par les médecins de l'Agence spatiale chinoise (CNSA) présents sur le site. Les trois hommes ont été transportés à Pékin pour une période de réadaptation de deux semaines, avant de retrouver leur famille. Les images de leur retour les montrent levant le poing, souriant aux photographes, une scène devenue familière mais jamais banale.

Un équipage soudé malgré la pression

La vie à bord de Tiangong pendant 210 jours n'a pas été un long fleuve tranquille. Les trois hommes ont dû faire face à l'isolement, au bruit constant des ventilateurs et des systèmes de support de vie, et à la promiscuité d'un espace de 340 m³. Pourtant, les comptes rendus officiels de la CNSA, accessibles sur China.org.cn, décrivent une équipe soudée, où chacun avait son rôle précis. Zhang Lu, en tant que commandant, supervisait les opérations critiques. Wu Fei, plus jeune et plus énergique, prenait en charge les sorties extravéhiculaires les plus exigeantes. Zhang Hongzhang, le scientifique de l'équipe, gérait le planning des expériences avec une minutie d'horloger.

L'incroyable histoire du vaisseau échangé : quand un débris spatial a changé la donne

Un hublot fissuré qui force une permutation historique

Ce que le grand public ignore souvent, c'est que Zhang Lu, Wu Fei et Zhang Hongzhang ne sont pas revenus dans leur propre vaisseau. Pour comprendre cette situation unique, il faut remonter à novembre 2025. L'équipage de Shenzhou-20, alors amarré à la station Tiangong, a détecté un problème grave : un débris spatial avait fissuré le hublot de leur capsule de retour. Un hublot endommagé présente plusieurs risques : dépressurisation rapide lors de la rentrée atmosphérique, points chauds localisés qui pourraient fragiliser la structure, voire rupture de l'habitacle.

Face à cette menace, la CNSA a pris une décision inédite dans l'histoire des vols habités. Le vaisseau Shenzhou-21, qui venait d'arriver avec son équipage frais, a été réaffecté. Au lieu de rester amarré six mois comme prévu, il est reparti vers la Terre seulement deux semaines après son arrivée, transportant l'équipage de Shenzhou-20. Le vaisseau Shenzhou-22, initialement prévu pour la mission suivante, a été lancé en avance pour servir de véhicule de retour à l'équipage de Shenzhou-21. Une permutation logistique d'une complexité rare, qui a nécessité une coordination parfaite entre les équipes au sol et les astronautes en orbite.

Les risques d'un hublot endommagé en vol spatial

Pourquoi un simple hublot fissuré justifie-t-il une telle opération ? La réponse tient en deux mots : sécurité thermique. Lors de la rentrée atmosphérique, la température à l'extérieur de la capsule dépasse les 2 000 degrés. Un hublot intact résiste à cette chaleur grâce à une structure multicouche en verre trempé et en céramique. Mais une fissure, même microscopique, crée un point faible. La chaleur peut s'infiltrer, fragiliser la structure, et dans le pire des cas, provoquer une dépressurisation explosive. Les ingénieurs chinois ont estimé que le risque était trop élevé pour autoriser le retour de l'équipage de Shenzhou-20 dans son vaisseau d'origine. Le Monde décrit cette réparation comme inédite dans l'histoire du programme spatial chinois.

La gestion des débris spatiaux, le nouveau casse-tête de l'orbite basse

Cet incident n'est pas un cas isolé. L'orbite basse terrestre est de plus en plus encombrée. Selon les dernières estimations, plus de 36 000 débris de plus de 10 cm sont suivis par les radars, et des millions de fragments plus petits circulent à des vitesses dépassant les 28 000 km/h. À cette vitesse, même un éclat de peinture peut endommager un hublot ou percer une paroi. La Chine n'est pas exempte de critiques sur ce sujet : la masse des débris de fusées chinoises en orbite explose : 252 tonnes en 2026, un phénomène qui inquiète les spécialistes.

La CNSA a depuis renforcé ses procédures de détection et d'évitement de collisions. Les vaisseaux Shenzhou sont désormais équipés de capteurs supplémentaires pour surveiller l'état des hublots, et des protocoles d'urgence permettent un désamarrage rapide en cas de menace. Mais l'incident de Shenzhou-20 montre que même les meilleures précautions ne suffisent pas toujours : le débris en question n'avait pas été détecté avant l'impact. La question des débris spatiaux est devenue un enjeu central pour tous les programmes spatiaux, et la Chine, qui contribue à ce problème avec ses étages de fusées, doit aussi en gérer les conséquences.

Sept mois dans Tiangong : souriceaux, sorties spatiales et une pomme pour la science

Des souris dans l'espace : une première pour la Chine et un pas pour l'humanité

Parmi les 27 expériences scientifiques menées par l'équipage, une a particulièrement retenu l'attention : la première reproduction de souris en environnement fermé à bord de la station spatiale chinoise. Le 10 décembre 2025, une femelle souris a donné naissance à 9 souriceaux en bonne santé. Les scientifiques de l'Académie chinoise des sciences, qui ont supervisé l'expérience, ont pu démontrer que les vols spatiaux de courte durée — ici plusieurs semaines — n'endommageaient pas les capacités de reproduction des mammifères. Les résultats préliminaires, rapportés par China.org.cn, montrent un développement normal, sans malformation ni retard de croissance.

Cette expérience est cruciale pour l'avenir des missions longues. Si l'humanité veut un jour coloniser la Lune ou Mars, il faudra comprendre comment les organismes se reproduisent en microgravité. Les souriceaux, nés dans un module spécialement conçu, ont été suivis par vidéo et leurs paramètres biologiques transmis en temps réel aux chercheurs au sol. La nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux scientifiques, fascinant un public jeune souvent plus attiré par les images de fusées que par les protocoles de laboratoire. 

Une astronaute de Shenzhou-21 sort de la capsule, assistée par l'équipe de récupération.
Une astronaute de Shenzhou-21 sort de la capsule, assistée par l'équipe de récupération. — (source)

Les 27 expériences qui ont rythmé la mission

Au-delà des souris, l'équipage a mené un programme scientifique dense. Les expériences couvraient plusieurs domaines : biologie spatiale, physique des fluides en microgravité, science des matériaux, et observation de la Terre. Parmi les résultats notables, les chercheurs ont étudié la croissance de cristaux de protéines dans l'espace, une piste prometteuse pour le développement de nouveaux médicaments. Les échantillons, rapportés dans la capsule Shenzhou-22, sont actuellement analysés dans les laboratoires de l'Académie chinoise des sciences à Pékin.

Un autre volet concernait l'agriculture spatiale. Zhang Hongzhang a supervisé la culture de laitues et de tomates cerises dans le module de culture hydroponique de Tiangong. Les plants ont poussé plus vite qu'attendu, avec des tiges plus longues mais des feuilles plus fragiles. Ces données aideront à concevoir des systèmes de production alimentaire pour les futures bases lunaires. Les astronautes ont également effectué des observations de la Terre, contribuant à la surveillance des catastrophes naturelles et à l'étude du changement climatique.

Zhang Lu, Wu Fei, Zhang Hongzhang : le palmarès des astronautes chinois les plus aguerris

Le palmarès de cet équipage est impressionnant. Zhang Lu totalise désormais 7 sorties extravéhiculaires (EVA) à son actif, un record chinois. Lors de la mission Shenzhou-21, il a effectué deux sorties supplémentaires, dont une pour inspecter et réparer un panneau solaire du module Wentian. Wu Fei, malgré son jeune âge, a réalisé 3 EVA, devenant le plus jeune astronaute chinois à marcher dans l'espace. Lors de sa première sortie, il a passé 6 heures à l'extérieur, installant de nouveaux équipements scientifiques sur la coque de Tiangong.

Zhang Hongzhang, spécialiste de charge utile, n'a pas effectué de sortie mais a supervisé l'essentiel des expériences scientifiques. Son domaine de prédilection : la biologie spatiale et la croissance des plantes en microgravité. Les trois hommes ont cumulé plus de 5 000 heures d'expérience en orbite à eux seuls, un capital précieux pour les futures missions. Les données recueillies sur leur santé pendant 210 jours serviront à affiner les protocoles médicaux pour les missions lunaires.

Tiangong contre ISS : comment le Wolf Amendment a paradoxalement renforcé la Chine

Tiangong vs ISS : le match des chiffres et des philosophies

Comparer Tiangong à la Station spatiale internationale, c'est comparer deux philosophies différentes. L'ISS, avec ses 915 m³ de volume pressurisé et ses 450 tonnes, est un mastodonte assemblé par 15 nations sur deux décennies. Tiangong, avec ses 340 m³ et ses 100 tonnes, est plus modeste. Mais la station chinoise présente des avantages certains : elle est plus récente, ses équipements sont à la pointe de la technologie, et elle utilise des propulseurs à effet Hall — une première pour une station habitée — qui permettent une maintenance orbitale plus efficace.

Actuellement composée de trois modules (le module central Tianhe et les modules d'expérimentation Wentian et Mengtian), Tiangong doit passer à six modules à partir de 2027. La station est occupée en continu depuis juin 2022, ce qui en fait la seule station permanente en orbite aux côtés de l'ISS. Mais cette dernière approche de sa retraite, prévue pour 2030. À cette date, si les plans chinois se maintiennent, Tiangong pourrait devenir la seule station spatiale habitée en orbite terrestre. Wikipedia précise que la station chinoise est l'une des deux seules stations opérationnelles en orbite avec l'ISS.

L'étrange cadeau américain : quand l'isolement booste l'innovation

Le Wolf Amendment, adopté par le Congrès américain en 2011, interdit à la NASA toute coopération bilatérale avec la Chine. Cette mesure visait à freiner le développement spatial chinois en le privant de l'expertise américaine. L'effet a été inverse : privée de partenaires, la Chine a dû développer son propre programme de bout en bout. Les investissements massifs — plusieurs dizaines de milliards de dollars sur quinze ans — ont porté leurs fruits. Aujourd'hui, la Chine dispose d'une indépendance technologique totale dans le domaine spatial habité.

Le coût du programme Tiangong est estimé entre 8 et 10 milliards de dollars, un montant bien inférieur aux 100 milliards investis dans l'ISS. Mais ce chiffre ne reflète pas les retombées politiques et stratégiques : la Chine s'est imposée comme une puissance spatiale majeure, capable de rivaliser avec les États-Unis et la Russie. L'ISS, elle, dépend d'un consortium de 15 nations aux intérêts parfois divergents, avec des contraintes budgétaires et politiques qui compliquent sa maintenance et son extension. The Conversation analyse comment cette isolation forcée a paradoxalement accéléré l'émancipation technologique de la Chine.

Les leçons d'une rivalité qui profite à tous

Si le Wolf Amendment a renforcé la Chine, il a aussi privé la communauté scientifique internationale d'une collaboration précieuse. Les chercheurs américains, par exemple, n'ont pas accès aux données des expériences chinoises sur la reproduction des souris en microgravité. À l'inverse, les scientifiques chinois ne peuvent pas participer aux programmes de recherche de l'ISS. Cette situation, absurde d'un point de vue scientifique, pourrait changer après 2030, quand Tiangong deviendra la seule station en orbite. Plusieurs agences spatiales européennes et asiatiques ont déjà entamé des discussions avec la CNSA pour des missions conjointes. La rivalité entre les deux stations a eu un effet stimulant : chaque camp a dû innover pour justifier son existence et attirer les financements.

Après Shenzhou-21, cap sur la Lune : les prochains défis de la conquête spatiale chinoise

Shenzhou-23 : une année dans Tiangong, le test ultime avant la Lune

Le 28 mai 2026, l'équipage de Shenzhou-21 a officiellement passé les « clés » de la station à l'équipage de Shenzhou-23, fraîchement arrivé. Cette passation de pouvoir, rapportée par l'agence de presse chinoise, marque le début d'une mission d'un an, un record absolu pour un taïkonaute individuel. Les enjeux physiologiques sont immenses : un an en microgravité entraîne une perte de densité osseuse, une atrophie musculaire et des modifications du système cardiovasculaire. Les médecins chinois suivront de près l'état de santé de cet équipage pour préparer les futures missions lunaires.

Car l'objectif est clair : la Chine vise un débarquement habité sur la Lune d'ici 2030. Les missions longues à bord de Tiangong servent de banc d'essai pour les technologies et les protocoles médicaux nécessaires aux voyages interplanétaires. La mission d'un an de Shenzhou-23 permettra de tester des systèmes de support de vie améliorés, des cycles de recyclage de l'eau et de l'air plus efficaces, et des contre-mesures médicales contre les effets de la microgravité prolongée. Reuters souligne que cette mission longue durée est une étape obligée vers l'exploration lunaire.

Le télescope Xuntian : un observatoire spatial amarré à Tiangong

Un autre projet majeur attend la station chinoise. Le télescope spatial Xuntian, dont le lancement est prévu pour fin 2026, s'amarrera périodiquement à Tiangong pour sa maintenance et ses mises à jour. Avec un miroir de 2 mètres de diamètre et un champ de vision 300 fois plus large que celui du télescope Hubble, Xuntian pourra observer jusqu'à 40 % du ciel en une seule fois. Les astronautes chinois seront formés pour effectuer des réparations et des remplacements d'instruments directement dans l'espace, une capacité que seule la NASA maîtrise aujourd'hui avec le télescope Hubble.

Ce télescope représente un bond en avant pour l'astronomie chinoise. Il permettra d'étudier la matière noire, les exoplanètes et l'évolution des galaxies avec une précision inédite. La maintenance par des astronautes, rendue possible par l'amarrage à Tiangong, prolongera sa durée de vie opérationnelle bien au-delà de celle des télescopes non serviciels.

Filières et carrières : pourquoi la Chine forme massivement sa nouvelle génération d'astronautes

Le contraste avec les programmes spatiaux européens est frappant. Alors que l'Agence spatiale européenne (ESA) forme une poignée d'astronautes tous les dix ans, la Chine recrute et entraîne une nouvelle vague d'ingénieurs et de pilotes chaque année. Le troisième groupe de taïkonautes, sélectionné en 2020, comptait 18 membres, dont des spécialistes de charge utile issus de la recherche scientifique. Un quatrième groupe est déjà en cours de sélection.

Pour les jeunes ingénieurs chinois, l'espace est un employeur majeur. Les salaires sont compétitifs, les conditions de travail excellentes, et la perspective de voler vers la Lune ou Mars attire les meilleurs éléments. Cette compétition pour les talents alimente un cercle vertueux : plus la Chine investit dans son programme spatial, plus elle attire de candidats brillants, plus ses missions sont ambitieuses. Un modèle qui contraste avec les coupes budgétaires que connaissent certains programmes spatiaux occidentaux.

Conclusion : une pomme, un record et le début d'une nouvelle ère spatiale

Revenons à l'image qui a marqué les réseaux sociaux chinois au lendemain du retour. En sortant de la capsule, Zhang Lu a sorti de sa poche une pomme, qu'il a brandie devant les caméras. Ce n'était pas un simple fruit : c'était un symbole offert aux travailleurs scientifiques chinois pour la Fête nationale du 30 mai. « Le voyage d'un homme dans la mer des étoiles repose sur le dévouement absolu de toute une équipe », a-t-il déclaré, selon China.org.cn. Une phrase qui résume la philosophie collective du programme spatial chinois.

Shenzhou-21 ferme un chapitre de sept mois, mais ouvre la voie à une décennie décisive. Alors que l'ISS approche de sa retraite, Tiangong devient le centre de gravité de l'orbite basse, tandis que la Chine vise la Lune pour 2030. Le télescope Xuntian, qui doit être lancé fin 2026 et s'amarrer à la station, ajoutera une capacité d'observation astronomique inédite. La course spatiale est relancée, et elle ne se joue plus seulement en anglais ou en russe : elle se joue aussi en chinois. Ce n'est plus une promesse lointaine. La nouvelle ère spatiale a commencé.

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Questions fréquentes

Combien de jours a duré la mission Shenzhou-21 ?

La mission Shenzhou-21 a duré 210 jours, 7 heures et 27 minutes, battant le précédent record chinois de 186 jours détenu par Shenzhou-18.

Pourquoi l'équipage de Shenzhou-21 n'est-il pas revenu dans son vaisseau ?

Un débris spatial avait fissuré le hublot de la capsule de retour de Shenzhou-20. Pour des raisons de sécurité thermique, la Chine a réaffecté le vaisseau Shenzhou-21 pour rapatrier cet équipage, forçant celui de Shenzhou-21 à utiliser le Shenzhou-22 lancé en avance.

Quelle première scientifique a eu lieu à bord de Tiangong ?

La première reproduction de souris en environnement fermé à bord de la station chinoise a eu lieu le 10 décembre 2025, avec la naissance de 9 souriceaux en bonne santé, démontrant que la microgravité de courte durée n'endommage pas la reproduction des mammifères.

Quel est l'objectif lunaire de la Chine après Shenzhou-21 ?

La Chine vise un débarquement habité sur la Lune d'ici 2030. La mission d'un an de Shenzhou-23, qui a pris la relève, sert de banc d'essai pour les technologies et protocoles médicaux nécessaires aux voyages interplanétaires.

Comment le Wolf Amendment a-t-il affecté le programme spatial chinois ?

Adopté en 2011, le Wolf Amendment interdit à la NASA toute coopération bilatérale avec la Chine. Paradoxalement, cet isolement forcé a poussé la Chine à développer une indépendance technologique totale, avec des investissements massifs qui ont abouti au programme Tiangong.

Sources

  1. En images, l’équipage de la mission chinoise Shenzhou-21 de retour sur Terre après sept mois en orbite · lemonde.fr
  2. china.org.cn · china.org.cn
  3. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  4. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  5. english.news.cn · english.news.cn
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Sarah Lebot @world-watcher

Journaliste en herbe, je synthétise l'actu mondiale pour ceux qui n'ont pas le temps de tout suivre. Étudiante en journalisme à Sciences Po Lille, je contextualise les événements sans prendre parti. Mon objectif : rendre l'info accessible et compréhensible, surtout pour ma génération. Pas de jargon, pas de sensationnalisme – juste les faits et leur contexte. Parce que comprendre le monde, c'est le premier pas pour le changer.

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