Si tu suis un tant soit peu l’actualité de la famille royale britannique, tu sais que le drama est permanent. Mais parmi tous les membres du clan Windsor, il y en a un qui a réussi l’exploit de passer de héros de guerre à paria quasi total en quelques années. Andrew Mountbatten-Windsor, autrefois connu sous le titre de Prince Andrew, Duc d’York, est aujourd’hui l’homme que personne ne veut invoquer dans les couloirs du palais de Buckingham. Son histoire, c’est une chute libre spectaculaire, mêlant erreurs de jeunesse, amitiés douteuses et conséquences juridiques dévastatrices. On fait le point sur la carrière militaire, les scandales qui ont tout changé et la bataille immobilière qui tient actuellement le Royaume en haleine.
L’origine d’un prince controversé
Né le 19 février 1960, Andrew Albert Christian Edward a vu le jour au palais de Buckingham. Il est le troisième enfant de la reine Élisabeth II et du prince Philip. Contrairement à son frère aîné Charles, destiné à régner, Andrew avait dès le départ une position différente : celle du “spare”, le remplaçant. À sa naissance, il était deuxième dans l’ordre de succession au trône, une place qui a reculé progressivement au fil des naissances et des décès, pour finir à la huitième place après l’accession au trône de son frère Charles III.
Le nom de famille qui fait débat
Pendant longtemps, utiliser un nom de famille pour un royal était presque un non-dit. Ils sont connus par leurs titres. Pourtant, c’est bien Mountbatten-Windsor qui figure sur les documents officiels quand la nécessité s’en fait sentir. Ce nom hybride est une fusion entre le nom de famille de son père, Mountbatten (que Philip avait adopté en renonçant à ses titres grecs et danois), et celui de sa mère, Windsor. C’est une particularité administrative qui permet de distinguer la branche descendante directe d’Élisabeth II et Philip des autres branches de la famille royale.
Ce nom, Mountbatten-Windsor, est apparu officiellement pour la première fois sur des documents administratifs importants, notamment lors du mariage de la princesse Anne à l’abbaye de Westminster. Pour Andrew, ce nom est redevenu d’actualité récemment, non pas pour des questions protocolaires, mais parce qu’il est devenu l’identité par défaut d’un prince privé de ses fonctions officielles.
Une éducation sous les projecteurs
Fils de la reine, Andrew a grandi dans l’ombre de la couronne mais avec une liberté relative que Charles n’a jamais eue. Élève à Gordonstoun, l’école réputée rude que son père et son frère avaient fréquentée, il s’y est taillé une réputation de sportif et de rebelle modéré. C’est cette jeunesse relativement insouciante, loin du poids de la couronne, qui l’a probablement poussé vers une carrière active dans les forces armées, une décision qui, à l’époque, a été saluée par le public britannique.
La carrière militaire : l’âge d’or
Avant de devenir l’homme que l’on évite dans les dîners mondains, Andrew Mountbatten-Windsor était un vrai héros aux yeux des Britanniques. Sa carrière dans la Royal Navy, de 1979 à 2001, n’était pas une sinécure de cérémonie. Il a choisi l’action, servant comme pilote d’hélicoptère et participant à des missions de combat réelles. C’est probablement la seule période de sa vie publique où sa réputation est restée intacte, voire admirable.
Un héros de la guerre des Malouines
Le point d’orgue de sa carrière militaire reste sans conteste sa participation à la guerre des Malouines (Falklands War) en 1982. En tant que pilote d’hélicoptère Seahawk à bord du HMS Invincible, il a participé à des missions dangereuses, incluant le leurre des missiles Exocet argentins. Il faut se rappeler le contexte : la guerre était brutale, et la perte de navires britanniques était fréquente. Voir un membre de la famille royale au cœur de l’action, risquer sa vie au même titre que les autres matelots, a créé un lien fort avec l’opinion publique.
Il a ensuite poursuivi son service comme instructeur de vol, transmettant son expérience à la prochaine génération de pilotes, avant de finir sa carrière active en commandant un destroyer, le HMS CAMPBELTOWN. À l’époque, Andrew n’était pas “le prince gênant”, mais “le prince courageux”. Cette image de militaire respectable a longtemps servi de bouclier contre les critiques, mais ce bouclier finirait par se briser face à la réalité de sa vie privée.
Commandement et retraite anticipée
Son passage dans la marine s’est terminé en 2001 avec le grade de commandant. Certains suggèrent qu’il aurait pu aller plus haut s’il n’avait pas été prince, car la vie militaire à long terme est difficile à concilier avec les obligations royales. Néanmoins, Andrew a gardé un lien très fort avec l’uniforme. Il a accumulé les titres honorifiques et les rôles de colonel dans divers régiments, devenant l’incarnation vivante du lien entre la monarchie et les forces armées. C’est précisément ces titres militaires honorifiques, gagnés par le respect mais conservés par la naissance, qui lui ont été arrachés brutalement, marquant la fin symbolique de sa “carrière” de prince utile.
Le mariage avec Sarah Ferguson : le soap opera
Après la gloire militaire, les années 80 ont vu Andrew s’installer dans la vie conjugale. Son mariage avec Sarah Ferguson en 1986 a été l’événement médiatique de l’année.
Un reality show avant l’heure
À l’époque, c’était le match parfait : un prince rebelle et une duchesse pétillante, un peu maladroite, qui ne correspondait pas au moule rigide de la royauté traditionnelle. Le public a adoré leur fraîcheur. C’était le duo fun et dynamique que la monarchie britannique commençait à désespérer de trouver pour moderniser son image.
Mais la lune de miel n’a duré qu’un temps. Si Charles et Diana faisaient la une pour leurs disputes silencieuses, Andrew et Fergie, eux, étaient bruyants. Leur divorce en 1996, après une séparation tumultueuse en 1992, a été marqué par des photos scandaleuses qui ont fait le tour du monde. On se souvient tous de ces clichés du “Toe Sucking Gate” où le financier John Bryan suçait les orteils de Fergie… Une image indélébile qui a définitivement brisé le décorum royal et annoncé la fin de l’idylle.
Pourtant, bizarrement, c’est peut-être la relation la plus stable de la famille royale. Des années après leur divorce, Andrew et Sarah continuent de vivre ensemble (ou à quelques pas l’un de l’autre) au Royal Lodge de Windsor. Pour les observateurs, c’est un arrangement économique et émotionnel étrange. Ils sont les “besties” inséparables, un couple sans le titre, naviguant dans les scandales de l’autre avec une loyauté aveugle qui frôle parfois le syndrome de Stockholm. Fergie, malgré ses propres dettes et problèmes d’image, reste la plus grande défenseuse du prince, une alliée incontournable dans son bunker de plus en plus étanche.
La descente aux enfers : l’amitié toxique avec Jeffrey Epstein
C’est ici que l’histoire bascule du soap opera romantique au thriller judiciaire sombre. Si Andrew avait réussi à rester relativement épargné par les crises conjugales de ses frères et sœurs, c’est sa vie sociale qui allait précipiter sa perte. L’amitié avec le financier américain Jeffrey Epstein, condamné pour pédophilie, n’est pas une simple “erreur de jugement”. C’est une bombe à retardement qui a explosé en pleine face de la monarchie.
Les premières alertes ignorées
Tout a commencé (ou du moins, a été rendu public) au début des années 2000. Epstein, cet homme brillant et mystérieux, a réussi à infiltrer les cercles les plus fermés de la haute société britannique. Andrew a été vu en sa compagnie à maintes reprises : à Mar-a-Lago chez Trump, à New York, et même lors de vacances privées en Thaïlande. En 2011, une photo montrant Andrew marchant dans Central Park aux côtés d’Epstein est devenue virale. Le scandale était tel que le prince a dû démissionner de son poste de Représentant spécial pour le Commerce et l’Investissement du Royaume-Uni.
À l’époque, le palais a tenté la technique de la table rase : “C’est fini, ils ne se voient plus”. Mais l’opinion publique, armée d’internet et d’une mémoire d’éléphant, n’a pas oublié. C’était le premier signe vraiment grave que le jugement du prince était gravement altéré. Comment un membre de la famille royale, formé depuis l’enfance aux enjeux géopolitiques, a-t-il pu croire qu’amener un prédateur condamné dans le sillage de la couronne était une bonne idée ? La réponse réside probablement dans l’arrogance d’un homme qui a toujours pensé que son statut le mettrait à l’abri de toute conséquence.
L’interview qui a tué une carrière : Le désastre BBC Newsnight
Si la fréquentation d’Epstein était déjà une tache indélébile, c’est l’interview catastrophique accordée à la BBC en novembre 2019 qui a sonné le glas de la vie publique d’Andrew. Dans une entrevue avec Emily Maitlis, le prince a tenté de “s’expliquer”. Le résultat fut l’un des pires exercices de relations publiques de l’histoire moderne, un véritable “car crash” télévisuel visionné des millions de fois.
Andrew n’a montré aucune empathie pour les victimes d’Epstein. Au lieu de cela, il s’est enfermé dans des justifications physiologiques totalement absurdes pour nier les allégations de l’une des victimes, Virginia Giuffre, qui l’accusait d’avoir eu des relations sexuelles avec elle alors qu’elle était mineure.
- Le problème de la sueur : Pour expliquer pourquoi il ne pouvait pas avoir dansé avec Virginia Giuffre (car elle prétendait qu’il avait transpiré abondamment en discothèque), Andrew a affirmé qu’il était médicalement incapable de transpirer à cause d’un traumatisme subi lors de la guerre des Malouines lors d’une “overdose d’adrénaline”. Une affirmation qui a fait rire jaune les médecins militaires et le grand public.
- L’alibi Pizza Express : Il a affirmé ne pas se souvenir d’avoir rencontré la jeune femme car il était à Pizza Express à Woking un soir particulier avec ses filles. Un détail trivial qui a sonné faux et qui est devenu un mème instantané sur les réseaux sociaux.
L’effet immédiat fut dévastateur. Le prince a dû se retirer de la vie publique “pour le futur prévisible”. Plus de charités, plus de cérémonies, plus de représentations. Il est passé du statut de prince actif à celui de paria confiné dans ses domaines privés.
Conséquences juridiques et le “strip-tease” honorifique
L’interview BBC n’était pas la fin, c’était le catalyseur. En 2021, Virginia Giuffre a porté plainte civile contre lui à New York pour agression sexuelle présumée. Pendant des mois, les avocats d’Andrew ont tenté de faire traîner les choses, invoquant des raisons techniques pour bloquer le procès, allant jusqu’à prétendre que Virginia ne pouvait pas poursuivre car elle vivait en Australie (une argumentation rejetée par le juge).
Le jugement hors cour et ses mystères
En février 2022, quelques mois avant la mort de la reine Élisabeth II, Andrew a accepté de payer un règlement amiable (un settlement) à Virginia Giuffre pour éviter un procès médiatique à haut risque. Le montant exact n’a jamais été officiellement divulgué, mais les rumeurs persistantes parlent d’une somme astronomique, souvent estimée par la presse britannique à plusieurs millions de livres, certains chuchotant un chiffre avoisinant les 12 millions.
La question qui a agité le Royaume-Uni : d’où vient cet argent ? Le prince n’a pas de fortune personnelle visible de cette ampleur. Rapidement, les soupçons se sont tournés vers la “Maman”, la Reine. Le scandale de voir des fonds potentiels de la Souveraine utilisés pour éteindre une affaire aussi sombre a été l’une des dernières blessures infligées au règne d’Élisabeth II. Ce paiement, sans aveu de culpabilité juridique mais perçu comme une reconnaissance morale par l’opinion publique, a scellé son destin.
Le jour où Charles a coupé le cordon

Si la reine protégeait son fils jusqu’au bout (le fameux “favourite son”), son frère Charles III n’a aucune envie de porter le fardeau Andrew. Dès son accession au trône, le nouveau roi a lancé une “monarchie slimmed-down” (monarchie allégée). Andrew n’y avait clairement pas sa place.
Début 2022, sous la pression de Charles et alors que la Reine était déjà affaiblie, Andrew a été dépouillé de tous ses titres militaires et de ses rôles royaux de bienfaisance. Il a dû rendre ses titres de colonel en chef de régiments prestigieux. Plus d’uniforme, plus de saluts militaires. C’était l’humiliation ultime pour un ancien héros de guerre. S’il conserve techniquement son titre de Duc d’York, il ne peut plus l’utiliser officiellement. Il est désormais, administrativement parlant, un citoyen privé (bien que toujours prince par naissance), traité avec une distance glaciale par l’institution. Son absence lors des grandes cérémonies, relégué au second plan ou effacé des balcons officiels, a envoyé un message clair : le roi a effacé son petit frère de l’Histoire en cours d’écriture.
La bataille du toit : Royal Lodge vs Frogmore Cottage
Aujourd’hui, le drame a quitté les tribunaux américains pour les pages de la presse people immobilière.
Le bail doré qui vire au cauchemar
Le cœur du conflit actuel se situe à Windsor, dans un domaine qui sent le pouvoir et le moisi à la fois. Andrew résiste encore et toujours depuis le Royal Lodge, sa résidence de 30 pièces qu’il occupe depuis 2003. C’est sa forteresse, son dernier bastion de prestige, et il n’a aucune intention de la quitter. Le problème, c’est que le bail est entre les mains de la Couronne, autrement dit de son frère, le Roi Charles III. Depuis qu’Andrew a été “mis à la retraite” forcée sans la dotation royale (le “sovereign grant”) qui finançait une partie de son train de vie, les factures s’accumulent. L’entretien de cette maison géante coûte une fortune, et sans fonds publics, c’est la bourse personnelle du prince qui en prend un coup.
Charles a une mission : nettoyer les écuries. Proposer à Andrew de déménager au Frogmore Cottage, l’ancienne résidence d’Harry et Meghan, n’est pas une simple suggestion immobilière, c’est une insulte calculée. Frogmore est une propriété beaucoup plus modeste, souvent décrite comme une “maison de poupée” comparée au vaste Royal Lodge. Pour l’ancien prince, c’est une dégradation inacceptable. Il argue qu’il a passé des millions en rénovations avec ses propres fonds et qu’il jouit d’un bail de longue durée qui le protège. Mais la réalité du pouvoir est simple : si le roi coupe l’argent pour la sécurité et l’entretien, vivre dans une maison de 30 chambres devient vite impossible, même pour un aristocrate. La presse britannique s’attend à ce que cette bataille de volonté dure encore longtemps, transformant ce drame immobilier en le dernier épisode d’un feuilleton sans fin.
Frogmore Cottage ou la chambre de bonne symbolique
L’ironie ne manque pas d’acidité. On demande à Andrew d’emménager dans un lieu marqué par le scandale des Sussex, ceux qui ont eux aussi fui la famille. Pour Charles, c’est la solution parfaite : regrouper les “éléments problématiques” loin du cœur du pouvoir et dans des logements plus modestes et moins coûteux pour la Couronne. Mais pour Andrew, qui s’est toujours considéré comme le fils favori, le “spar” (le remplaçant) le plus important, cette relégation est le signe ultime qu’il ne pèse plus rien. C’est une bataille d’ego où l’argent est le principal levier. Charles, en bon gestionnaire de la fortune des Windsor, ne veut plus financer le style de vie d’un frère discrédité. Andrew, acculé, joue la carte de la victimisation et du respect dû à sa mère, la défunte Reine, mais face à la rigidité du nouveau monarque, ses arguments s’effondrent un par un.
Le statut incertain : Citoyen Andrew ou Prince fantôme ?
Si l’éviction physique est une menace, la survie symbolique du prince est tout aussi complexe. Contrairement à ce que certains spectateurs de la saga royale auraient pu espérer, Andrew n’a pas officiellement renoncé à son titre de Duc d’York. Ce titre, porté historiquement par le second fils du monarque, reste ce qui le relie à son rang supérieur, même s’il est devenu une étiquette toxique pour l’institution.
L’abandonner signerait sa sortie définitive du système, une étape que l’ancien héros de guerre refuse de franchir tant qu’il peut se battre pour son maintien au Royal Lodge. Dès lors, il se retrouve dans une zone grise administrative et sociale. Il est traité comme “Monsieur Mountbatten-Windsor” dans les médias et par le public, une forme de retour aux sources forcée qui sonne comme une condamnation. Ce nom hybride, forgé il y a des décennies pour marquer la modernité de la Couronne, est aujourd’hui devenu synonyme de disgrâce.
Andrew reste une figure fantôme, un homme qui doit se battre pour garder son toit et qui tient désespérément à ses titres pour ne pas sombrer dans l’anonymat total. Pour la jeune génération qui observe cette saga, c’est un feuilleton captivant qui rappelle que dans le monde réel, l’argent et le sang ne suffisent pas toujours à acheter l’impunité. La “monarchie allégée” prônée par Charles III s’est faite aux dépens de son frère cadet, sacrifiant le “Spare” pour sauver l’Institution. Le drame d’Andrew, c’est la fin d’une époque où l’on pouvait être royal à moitié
Un train de vie coûteux sans revenus fixes
Le plus grand paradoxe d’Andrew Mountbatten-Windsor reste cet écart abyssal entre son train de vie aristocratique et ses revenus réels. Pendant des années, le prince a bénéficié de la générosité de la Couronne et de subventions discrétionnaires, mais depuis son retrait de la vie publique, le robinet a été fermé. Charles III, en bon gestionnaire des fonds familiaux, ne semble pas disposé à signer des chèques en blanc pour financer les caprices d’un frère discrédité. Pourtant, maintenir le Royal Lodge exige des moyens colossaux : entretien des jardins, personnel de maison, sécurité privée (puisqu’il n’a plus droit à la protection publique officielle à plein temps), et les frais de rénovation incessants.
La situation est d’autant plus délicate que le prince n’a jamais eu de véritable “carrière” civile après sa retraite de la marine. Il a occupé des fonctions de représentation, qui ne nécessitaient pas de salaire classique mais venaient avec des avantages en nature conséquents. Aujourd’hui, ces avantages ont disparu. Si on ajoute à cela le coût exorbitant du règlement financier avec Virginia Giuffre, on obtient un cocktail explosif pour la trésorerie du duc. Les rumeurs vont bon train dans la presse londonienne : Andrew serait-il forcé de vendre certaines de ses propriétés de vacances, ou même des biens personnels et des chevaux de course, pour payer ses factures ? C’est le retour brutal à la réalité pour un homme qui a vécu dans une bulle dorée protégée des contraintes du quotidien, transformant chaque dépense en un calcul mathématique angoissant.
Beatrice et Eugenie : l’ultime rempart familial

Dans cette tempête médiatique, il ne reste que deux figures qui ne lâchent pas le morceau : ses filles, les princesses Beatrice et Eugenie. Contrairement à leur cousine Kate ou aux enfants de William et Harry, elles ne sont pas des “working royals” (membres actifs de la famille royale). Elles travaillent dans le privé et paient leurs factures, mais elles restent profondément attachées à leur père. Pour Andrew, elles sont devenus ses dernières alliées, un lien vital avec un monde extérieur qui lui est de plus en plus hostile. On les voit souvent l’accompagner à l’église le dimanche à Windsor, tentant de composer une façade de normalité familiale sous les objectifs des photographes.
Cependant, cette loyauté a un prix. Leur association avec leur père ternit parfois leur propre image, à une époque où la nouvelle génération de la royauté tente de se moderniser. Beatrice et Eugenie se retrouvent souvent obligées de jouer les équilibristes, soutenant leur père tout en essayant de préserver leur réputation professionnelle et leurs propres mariages. Elles sont devenues les gardiennes involontaires de l’héritage du duc d’York, essayant de maintenir une dignité qui s’effrite à chaque nouvelle révélation. C’est un lourd fardeau à porter pour deux femmes qui n’ont jamais choisi d’être sur le devant de la scène, mais qui semblent être les seules à vouloir endiguer l’hémorragie de son image publique.
L’isolement social : quand on devient fantôme à Windsor
Au-delà de l’argent et des titres, il y a la solitude. Andrew Mountbatten-Windsor a été pendant des décennies un pilier de la “high society” britannique et internationale. Il était l’invité VIP, le prince charmant qui ouvrait les balles et rassemblait les donateurs pour ses charités. Aujourd’hui, c’est un paria social. Les invitations ont cessé de pleuvoir, et son carnet d’adresses ressemble de plus en plus à un cimetière de noms qui ne veulent plus être associés au sien.
Cet isolement se vit de manière très concrète à Windsor, où les rumeurs de quartier se propagent vite. Il lui arrive de tenter de jouer au golf sur le parcours privé du Royal Berkshire, mais l’accueil est souvent glacial. Les autres membres du club, habitués à côtoyer des célébrités, ne croisent plus volontiers son regard. La scène où il a été aperçu, en janvier 2025, conduisant seul son Range Rover avec une mine grave, a fait le tour des réseaux sociaux, résumant à elle seule sa situation : un homme enfermé dans une forteresse de luxe, mais totalement coupé du monde. C’est une forme de prison à ciel ouvert, où chaque apparition publique est scrutée à la loupe, critiquée et moquée. Le prince qui aimait tant être vu est désormais condamné à être invisible, une anomalie vivante au sein d’une monarchie qui tourne la page sans lui.
Leçon d’une chute spectaculaire
L’histoire d’Andrew Mountbatten-Windsor n’est pas seulement celle d’un homme qui a tout perdu ; c’est une tragédie grecque moderne qui sert de mise en garde à toute institution.
Leçon d’une chute spectaculaire

Ce qui rend le destin d’Andrew Mountbatten-Windsor aussi fascinant que terrifiant pour les observateurs de la monarchie, c’est la brutalité avec laquelle le mythe de l’impunité royale s’est effondré. Pendant des siècles, l’adage voulait que “le roi peut faire faux” (the King can do no wrong), une protection qui s’étendait par extension à sa progéniture. Andrew a vécu la majorité de sa vie dans cette bulle de certitude, convaincu que son statut de “fils préféré” d’Élisabeth II et ses états de service militaires lui conféreraient une armure indestructible. Il a eu tort. Son cas illustre une rupture générationnelle et sociétale majeure : l’ère de l’accountability, ou la reddition de comptes, a finalement atteint les murs du palais.
L’attitude de Charles III face à cette crise est révélatrice de la nouvelle stratégie de la Couronne. Le nouveau roi ne s’est pas contenté de laisser son frère couler ; il a activement coupé les cordes de sauvetage. On est loin du temps où la famille royale se murait dans un silence complice pour protéger l’un des siens. Aujourd’hui, la marque “Royauté” est un produit qui doit être préservé à tout prix, et si cela signifie sacrifier un membre de la famille pour éviter un scandale permanent, alors le sacrifice sera fait. C’est une approche glaciale, presque CEO-gestionnaire, qui tranche radicalement avec l’émotion maternelle de la défunte reine. Andrew a servi de bouc émissaire parfait pour nettoyer l’image de l’institution, une opération de “relations publiques” radicale qui consistait à amputer la partie malade pour sauver le corps.
La leçon ultime de cette descente aux enfers, c’est que le talent et le courage du passé ne suffisent plus à racheter les erreurs du présent. Être un héros de guerre ne te protège pas contre le jugement moral de l’opinion publique sur tes fréquentations privées. La pression médiatique et sociale, exacerbée par les réseaux sociaux, a rendu la situation insoutenable pour un homme habitué à contrôler le narratif. Selon les dernières informations, cette pression serait devenue telle qu’elle a forcé la main au prince jusqu’au sacrifice ultime : en octobre 2025, il a déclaré renoncer à son titre de Duc d’York, un adieu symbolique déchirant à son identité publique quelques jours seulement avant que son frère ne prenne une décision encore plus drastique le concernant. C’est la fin définitive d’une époque où un prince pouvait croire qu’il était au-dessus des lois communes, simplement parce qu’il était né Windsor.
Conclusion
L’histoire d’Andrew Mountbatten-Windsor ressemble à une tragédie grecque moderne, mais avec un casting de téléréalité et des enjeux juridiques très réels. On est passé d’un pilier de la monarchie, un pilote d’hélicoptère respecté et un prince populaire, à un fantôme social errant dans les couloirs de ses propres domaines. Sa chute n’est pas seulement le résultat d’une “amitié toxique” avec Jeffrey Epstein, c’est l’aboutissement inévitable d’une vie vécue dans le déni et la certitude de sa propre invulnérabilité.
Aujourd’hui, la bataille pour le Royal Lodge est plus qu’une dispute immobilière de riches ; c’est le dernier combat d’un homme qui cherche désespérément à garder une parcelle de sa dignité passée. Que ce soit par la perte de ses titres militaires honorifiques, le règlement financier massif ou son retrait forcé de la scène publique, Andrew a payé au prix fort le prix de ses erreurs. Son destin nous rappelle cruellement que dans le monde actuel, l’héritage génétique ne garantit plus la protection, et que même les “spares” de la famille royale ne sont pas à l’abri d’une chute libre vertigineuse. Reste à savoir si la monarchie, en se débarrassant ainsi de ses éléments problématiques, sortira renforcée de cette épreuve ou si elle ne fera qu’accentuer sa propre descente vers l’obsolescence aux yeux d’une jeunesse de plus en plus critique. En attendant, Andrew continue de résister à Windsor, figure solitaire d’un âge d’or révolu qui ne reviendra plus.