Isabelle Mergault, comédienne française.
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Isabelle Mergault, Maya et Iris : l’adoption inachevée qui bouleverse sa fin de vie

Décédée d'un cancer, Isabelle Mergault laisse un combat inachevé : l'adoption d'Iris. Retour sur l'histoire de Maya, Iris et la reconstruction d'une mère par l'amour.

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La disparition d'Isabelle Mergault, survenue le vendredi 20 mars 2026 à l'hôpital Ambroise-Paré de Neuilly-sur-Seine, a laissé un immense vide dans le paysage médiatique français. À 67 ans, l'artiste s'est éteinte des suites d'un cancer du poumon métastasé contre lequel elle se battait depuis plusieurs mois, une maladie qu'elle avait longtemps gardée secrète. Si le public s'attendait à un hommage centré sur sa carrière radiophonique et cinématographique, c'est son intimité qui a capturé l'attention, révélant une mère de famille au parcours inouï. Au-delà des rires et des sketches, se dessine l'histoire touchante d'une femme qui, ne voulant pas d'enfants, a construit une famille à la force de l'amour et de la volonté, laissant derrière elle deux filles, Maya et Iris, liées par un destin complexe qu'elle a tout mis en œuvre pour unir. 

Isabelle Mergault, comédienne française.
Isabelle Mergault, comédienne française. — (source)

« Je suis un peu fatiguée » : les derniers mots d'Isabelle Mergault

L'annonce du décès d'Isabelle Mergault a provoqué une onde de choc, tant la comédienne semblait encore présente dans le paysage audiovisuel français. Pourtant, ses proches savaient que la fin approchait à grands pas. Les derniers jours de l'artiste ont été marqués par une lutte silencieuse mais intense, menée loin des caméras, dans l'intimité d'une chambre d'hôpital. C'est par la voix de ses amies les plus proches que l'on mesure aujourd'hui la fragilité de cette femme qui a toujours fait de sa force de caractère un rempart.

Le dernier échange avec Chantal Ladesou

L'émotion était palpable sur les ondes de RTL lorsque Chantal Ladesou, sa complice de toujours, a évoqué leur ultime conversation. Cet échange téléphonique, survenu la semaine précédant son hospitalisation finale, restera gravé dans la mémoire de l'humoriste comme un adieu implicite. Chantal Ladesou a raconté avoir perçu, dès les premières secondes, que l'état de santé de son amie s'était considérablement dégradé. 

Isabelle Mergault en plateau télévisé.
Isabelle Mergault en plateau télévisé. — (source)

Elle a confié avoir entendu une « petite voix », teintée d'une immense fatigue, lui avouer simplement : « Je suis un peu fatiguée ». Cette phrase, en apparence anodine, résonne aujourd'hui avec une tristesse poignante. Elle témoigne de l'acmé d'un combat physique que l'humour ne pouvait plus masquer. Pourtant, même dans cet affaiblissement visible, Isabelle Mergault restait tournée vers les autres, incapable de se couper de ceux qu'elle aimait.

Penser à l'avenir jusqu'au bout

Ce qui rend le témoignage de Chantal Ladesou si bouleversant, c'est la capacité d'Isabelle à se projeter malgré la souffrance. Au cours de ce même appel, alors qu'elle luttait contre les métastases, l'actrice a tenu à partager sa joie de travailler à nouveau. Elle a affirmé : « Je suis tellement contente qu'on joue ensemble ». Ces mots prouvent que jusqu'à son dernier souffle, la scène et l'amitié de ses confrères ont été ses principaux moteurs. Elle ne pensait pas à la fin qui approchait, mais aux projets qui l'attendaient encore, refusant de se laisser définir par sa maladie.

Un combat silencieux contre un cancer du poumon

Le grand public a découvert la nouvelle de sa mort avec stupeur, car Isabelle Mergault avait choisi de mener ce combat loin des feux de la rampe. Si l'entourage de la comédienne connaissait la gravité de son état depuis plusieurs mois, elle n'avait pas souhaité transformer sa maladie en événement médiatique. Hospitalisée à l'Ambroise-Paré, elle a lutté contre une pathologie impitoyable, entourée de l'affection des siens. Ce cancer du poumon, diagnostiqué alors qu'elle était encore active, a finalement eu raison de sa vitalité. Cette discrétion lui permet aujourd'hui de rejoindre le panthéon des artistes discrets, laissant derrière elle une œuvre immense et une image de femme pudique.

Des Grosses Têtes au César 2007 : le parcours d'une iconique

Isabelle Mergault et Gérard Jugnot sur scène lors de la pièce « La Raison d'Aymé » en 2019.
Isabelle Mergault et Gérard Jugnot sur scène lors de la pièce "La Raison d'Aymé" en 2019. — ManoSolo13241324 / CC BY-SA 4.0 / (source)

Avant d'être la mère dévouée que l'on pleure aujourd'hui, Isabelle Mergault a longtemps été l'une des voix les plus reconnaissables de France. Figure incontournable de la bande à Ruquier et actrice prolifique, elle a accompagné plusieurs générations de téléspectateurs et d'auditeurs. Pour comprendre l'ampleur du deuil populaire, il faut se rappeler la place centrale qu'elle occupait dans le paysage culturel français, oscillant avec brio entre sketches de radio, réalisation de films et écriture de théâtre.

La dyslalie devenue signature : du virage de 1991 aux seconds rôles

C'est dans les années 1980 qu'Isabelle Mergault fait ses premières armes au cinéma. On la retrouve alors dans de nombreux seconds rôles comiques, où elle utilise sa particularité physique comme un atout majeur. Atteinte d'une dyslalie, un trouble de la parole provoquant un chuintement caractéristique, elle en fait sa marque de fabrique. Plutôt que de subir ce défaut, elle le théâtrise, enchaînant les personnages de bonnes femmes pipelettes ou d'employées névrosées qui deviennent vite populaires.

Cependant, consciente des risques d'être enfermée dans ce gimmick, elle prend une décision radicale en 1991 : elle arrête le jeu d'acteur pour se consacrer exclusivement à l'écriture. Ce virage artistique, rare à une époque où elle était pourtant très demandée, démontre sa volonté de ne pas se laisser enfermer dans une image facile. Elle troque la scène pour la plume, affirmant ainsi sa volonté de maîtriser son destin créatif.

Sociétaire des Grosses Têtes : 30 ans de présence à la radio

Si le cinéma l'a révélée, c'est la radio qui lui a offert une popularité intemporelle. Dès 1988, elle intègre la célèbre émission Les Grosses Têtes sur RTL, aux côtés de Philippe Bouvard, devenant une sociétaire appréciée pour sa répartie. Sa présence y est constante jusqu'en 1998, avant qu'elle ne rejoigne la fameuse « bande à Ruquier ». Elle devient alors une voix familière de France Inter avec Rien à cirer, d'Europe 1 avec On va s'gêner, et de France 2 avec On a tout essayé.

En 2014, elle fait son grand retour aux Grosses Têtes, cette fois sous l'égide de Laurent Ruquier, où elle reste jusqu'à sa disparition. C'est dans ce cénacle d'esprits brillants qu'elle s'est forgée une réputation de femme d'esprit, capable d'autodérision comme de piques cinglantes. Suite à son décès, Laurent Ruquier lui a rendu un hommage bouleversant, résumant en une phrase la dualité qui la fascinait : « Tu es la femme à la fois la plus drôle et la plus fragile que j'ai jamais rencontrée ». 

Isabelle Mergault portrait, reconnaissable à ses cheveux courts et son col roulé gris.
Isabelle Mergault portrait, reconnaissable à ses cheveux courts et son col roulé gris. — (source)

« Je n'ai jamais voulu avoir d'enfant » : la femme avant Maya

L'histoire familiale d'Isabelle Mergault est d'autant plus fascinante qu'elle contredit entièrement le discours qu'elle tenait pendant la première moitié de sa vie. Longtemps, l'actrice s'est positionnée contre l'idée de maternité, assumant une solitude choisie et une vie dédiée à sa carrière et à ses animaux. Ce n'est que bien plus tard que cette certitude a vacillé, laissant place à une maternité inattendue qui a tout changé.

Les confessions sur sa tendance destructrice

Isabelle Mergault n'a jamais cherché à se donner une image de perfection, bien au contraire. Lors de sa dernière interview sur Europe 1, en août 2025, elle s'est livrée avec une brutalité et une honnêteté déroutantes. Elle y a dressé un portrait sans fard de la femme qu'elle était avant l'arrivée de Maya, avouant ses luttes intérieures. 

Portrait d'Isabelle Mergault posant sur fond clair.
Portrait d'Isabelle Mergault posant sur fond clair. — (source)

Elle s'est décrite comme ayant une « tendance destructrice, déprimée, parfois alcoolisée ». Ces mots lourds de sens révèlent une femme en souffrance, qui utilisait peut-être l'humour et le travail pour compenser un vide existentiel. Cette transparence radicale faisait partie de son charme : elle ne se positionnait pas en donneuse de leçons, mais en compagne d'infortune, partageant ses failles pour mieux se rapprocher du public.

Le refus assumé de la maternité et la compagnie des animaux

Avant 2009, Isabelle Mergault affirmait haut et fort que la maternité n'était pas faite pour elle. Dans une déclaration célèbre faite sur le plateau de C à vous en 2023, elle confiait : « Je n'ai jamais voulu avoir d'enfant, j'étais très bien toute seule avec mes animaux ». Pour elle, la vie idéale se résumait à la présence de ses chats et de ses chiens, loin du chaos qu'elle imaginait que l'éducation d'un enfant pourrait représenter.

Ce n'était pas un regret tapi au fond d'elle, mais un choix de vie assumé, qu'elle justifiait par sa propre nature tumultueuse. Elle se sentait incapable de transmettre quelque chose de positif à un être humain, craignant de reproduire ses propres schémas. Ce refus de la maternité rend le retournement de situation qui a suivi encore plus frappant et montre à quel point le destin a parfois des surprises en réserve.

Rencontre au Niger en 2009 : l'arrivée de Maya dans sa vie

C’est en 2009 que la vie d'Isabelle Mergault a basculé de manière radicale. L'histoire ne commence pas par une longue procédure administrative ou un désir ancien de fonder une famille, mais par une rencontre humaine fortuite. Cette rencontre va bouleverser ses certitudes et l'amener à devenir la mère d'une petite fille qu'elle n'aurait jamais imaginée accueillir.

De l'aide temporaire à l'adoption officielle en 2010

Alors qu'elle ne cherchait pas spécifiquement à adopter, Isabelle fait la connaissance d'une femme d'origine nigériane en grande difficulté. Cette dernière est la mère biologique d'une petite fille, Maya, née en 2009. Isabelle ne réagit pas en tant que future mère, mais simplement en tant qu'être humain face à une détresse. Elle commence à s'occuper de la petite, d'abord de manière informelle, pour soulager sa mère biologique.

Ce qui devait n'être qu'une aide ponctuelle s'est rapidement transformé en lien profond. Isabelle racontait plus tard : « Je suis devenue maman par hasard ». Face à l'attachement grandissant et à la complexité de la situation de la mère biologique, Isabelle prend la décision d'officialiser les choses. Elle déclare avoir dit à la mère de l'enfant : « Écoute, si tu veux, je la garde à la maison, mais il faut faire les choses en règle ». L'adoption est finalisée en 2010 au Niger, offrant à Maya un foyer stable et à Isabelle un nouveau rôle. 

Isabelle Mergault accompagnée d'un homme et d'un enfant lors d'une soirée publique.
Isabelle Mergault accompagnée d'un homme et d'un enfant lors d'une soirée publique. — (source)

Une adoption simple : le lien avec les origines préservé

L'adoption de Maya a été pensée de manière très ouverte et généreuse, loin des schémas rigides de l'adoption plénière. Isabelle Mergault avait opté pour ce que le juridique nomme une « adoption simple », un statut particulier qui permet de maintenir le lien avec les origines biologiques de l'enfant tout en lui assurant une sécurité affective et légale avec sa mère adoptive.

Cette configuration originale permettait à Maya de conserver des liens avec ses racines. Isabelle expliquait d'ailleurs sur Europe 1 que la petite fille voyait toujours ses parents biologiques régulièrement. « Hier soir par exemple, elle a dîné avec son père. Moi, je suis chargée de son éducation, mais ça va au-delà de ça. C'est un peu comme une famille recomposée », confiait-elle en août 2025. Cette approche témoigne d'une grande sagesse et d'une absence totale de possessivité, prouvant qu'on peut aimer un enfant sans chercher à effacer son passé.

« Je suis ce qu'elle croit que je suis » : comment Maya a sauvé Isabelle

L'impact de l'arrivée de Maya dans la vie d'Isabelle Mergault ne se limite pas au rôle de mère ; il a agi comme une véritable reconstruction de la femme elle-même. C'est dans ses nombreuses confessions, notamment sur Europe 1 ou dans l'émission En aparté sur Canal+, qu'on mesure à quel point la petite fille a sauvé sa propre mère. Maya n'a pas seulement donné un sens à sa vie, elle a agi comme un miroir valorisant.

« Elle m'a appris à être gentille avec moi-même »

La citation la plus puissante à ce sujet est sans doute celle qu'elle a livrée en août 2025 sur les ondes d'Europe 1. Face aux auditeurs, elle a avoué combien l'arrivée de la petite avait bouleversé son ancien mode de fonctionnement destructeur. Elle confiait avec émotion : « L'arrivée de cette petite a tout changé. Elle m'a appris à être gentille avec moi-même. » 

Isabelle Mergault sociétaire des Grosses Têtes en plateau.
Isabelle Mergault sociétaire des Grosses Têtes en plateau. — (source)

Cette phrase résume tout le miracle de cette adoption tardive. C'est grâce au regard innocent et bienveillant de Maya qu'Isabelle a appris à se pardonner, à s'apprécier, à prendre soin d'elle. La femme qui se décrivait comme fragile, déprimée et parfois alcoolisée s'est vue projetée dans le rôle d'une protectrice forte et aimante par sa fille. À force d'essayer d'être la mère idéale pour son enfant, elle est devenue une femme épanouie pour elle-même, apaisant les démons qui la hantaient depuis des années.

Le miroir que Maya tendait à sa mère

Isabelle Mergault a souvent expliqué comment sa fille dictait inconsciemment sa conduite, agissant comme un véritable miroir psychologique. Elle décrivait ce jeu de miroir fascinant lors d'une apparition télévisée : « Elle croit que je suis forte, du coup je suis forte. Elle croit que je suis drôle, alors du coup je suis drôle. » C'est une mécanique vertueuse : l'amour inconditionnel de l'enfant confère une confiance en soi inébranlable au parent.

Avec son humour habituel, elle étendait ce principe à d'autres domaines de sa vie, comme la cuisine. « Elle pense que je suis une bonne cuisinière… Alors du coup je vais chez Picard… », racontait-elle avec malice. Elle ajoutait que l'amour de sa fille lui faisait accepter ses propres défauts, allant jusqu'à ruser pour maintenir cette image idéale sans que cela n'entame leur complicité. Maya l'a non seulement sauvée de ses démons intérieurs, mais elle l'a aussi aidée à s'accepter avec ses petites imperfections humaines.

Iris, la sœur de Maya : le projet d'adoption inachevé

Si l'histoire d'Isabelle et de Maya est celle d'un conte de fées moderne, le chapitre concernant Iris est plus complexe et teinté de mélancolie. En 2010, alors qu'elle officialisait l'adoption de Maya au Niger, Isabelle a rencontré Iris, la petite sœur biologique de Maya. Dès ce moment, une nouvelle obsession est née en elle : celle de réunir ces deux sœurs séparées par les circonstances et d'offrir à Iris le même foyer chaleureux qu'à Maya.

La volonté de réunir deux sœurs séparées

Pour Isabelle, il était rapidement devenu impensable de séparer ce lien du sang. Dès qu'elle a appris l'existence d'Iris lors de ses démarches pour Maya, son projet familial s'est élargi. Elle ne voulait pas simplement adopter une enfant, elle souhaitait recomposer une famille brisée. L'idée de laisser Iris grandir ailleurs, loin de sa sœur Maya, lui semblait cruelle et illogique, surtout après avoir adopté l'aînée.

Le projet de réunir les deux filles est né quasi simultanément à l'adoption de Maya. Cela montre que cette famille s'est construite dans la tête d'Isabelle comme un tout indissociable dès le départ. Elle voyait déjà les deux filles grandir ensemble, se soutenir, former ce duo inséparable que seule une adoption complète permettrait de réaliser. C'est ce projet qui l'a animée pendant les quinze dernières années de sa vie.

Iris, environ 12 ans aujourd'hui : une séparation complexe

La réalité administrative et humaine s'est révélée plus complexe que les rêves d'Isabelle. Iris, née un peu après Maya, a grandi au Niger, séparée de sa sœur aînée. Au moment où Isabelle a commencé à mettre les démarches en branle de manière intensive, Iris n'était plus un bébé, mais une fillette, puis une pré-adolescente. Aujourd'hui, Iris a environ 12 ans, une période charnière de l'existence.

Cette différence d'âge et le contexte de sa séparation avec Maya ont considérablement complexifié la procédure d'adoption. Adopter un adolescent ou un pré-adolescent issu d'un autre pays, avec un vécu et des souvenirs différents, est un défi majeur comparé à l'adoption d'un nourrisson. Il ne s'agissait pas simplement de signer des papiers, mais de construire des liens, de rassurer, d'intégrer une personnalité déjà formée au sein d'un nouveau foyer, une tâche qu'Isabelle acceptait avec amour mais qui demandait du temps et de la patience. 

Isabelle Mergault en interview ou en plateau.
Isabelle Mergault en interview ou en plateau. — (source)

Roselyne Bachelot et la bataille administrative pour faire venir Iris

La volonté d'Isabelle de faire venir Iris en France s'est heurtée à des obstacles de taille, et l'un des plus importants a été la pandémie de Covid-19. En 2020 et 2021, le monde entier s'est arrêté, et avec lui, la quasi-totalité des procédures d'adoption internationale. C'est dans ce contexte difficile qu'Isabelle a dû déployer des trésors d'ingéniosité et utiliser son réseau pour ne pas laisser tomber Iris.

Le cauchemar du Covid pour les familles adoptantes

Pendant la pandémie, la situation est devenue un véritable cauchemar pour Isabelle. Avec les restrictions sanitaires mondiales, les frontières étaient closes et les démarches administratives interminables. Pour Iris, restée au Niger, chaque mois de retard signifiait un mois de plus séparé de sa sœur Maya et de sa mère adoptive en devenir. C'était une course contre la montre pour une Isabelle déjà inquiète pour l'avenir de la petite fille.

Cette période a été marquée par une angoisse latente, celle de voir son rêve de famille recomposée se briser contre le mur des politiques sanitaires mondiales. Les déplacements étaient impossibles, les services administratifs saturés ou à l'arrêt, plongeant de nombreuses familles adoptantes dans le désespoir. Isabelle, refusant de se résigner, a alors cherché des solutions alternatives pour contourner ces blocages institutionnels massifs.

L'aide précieuse de Roselyne Bachelot

C'est à ce moment critique que ses relations dans le monde du spectacle ont joué un rôle inattendu mais crucial. Isabelle Mergault connaissait Roselyne Bachelot à travers l'émission Les Grosses Têtes. Cette amitié de plateau, née de rires et de bons mots diffusés en direct, s'est transformée en levier politique concret quand il en a fallu.

Roselyne Bachelot, alors ministre, n'a pas hésité à tendre la main à son amie. Elle a témoigné de son aide précieuse, expliquant : « Je l'ai aidée au moment du Covid à faire venir la sœur de Maya, sa fille adoptive. On a vraiment fraternisé à ce moment-là ». Ce n'était pas un simple coup de fil de politesse entre célébrités, mais une aide active pour naviguer dans les méandres bureaucratiques de la crise sanitaire. Grâce à cette intervention, un pont a pu être jeté entre le Niger et la France, permettant à Iris de rejoindre le foyer malgré la paralysie mondiale. 

L'actrice Isabelle Mergault posant lors d'un événement officiel.
L'actrice Isabelle Mergault posant lors d'un événement officiel. — (source)

L'adoption inachevée d'Iris : le combat d'une vie

Si Iris a pu vivre au sein de la famille Mergault grâce à l'aide précieuse de Roselyne Bachelot et à l'acharnement d'Isabelle, la situation juridique est restée en suspens jusqu'au bout. L'adoption d'Iris n'a pas eu le temps d'être finalisée légalement avant que le cancer ne ravage Isabelle. C'est la partie inachevée de son œuvre, le combat qu'elle menait jusqu'à son dernier souffle, ajoutant une note de tristesse au récit de cette famille recomposée.

Un décalage douloureux entre le cœur et la loi

Il est important de préciser les faits avec exactitude : Iris vivait bel et bien avec Isabelle et Maya, intégrée à la vie de famille, partageant le quotidien et l'affection. La petite fille était présente, aimée et choyée au foyer. Mais sur le plan strictement administratif, le statut d'adoption n'était pas finalisé. C'est ce décalage entre la réalité du cœur et la rigidité de la loi qui rend la situation si poignante.

Isabelle se battait « à tout prix » pour que ces papiers soient signés, pour que rien ne puisse jamais séparer cette famille qu'elle avait construite avec tant d'abnégation. Cependant, l'aggravation rapide de son état de santé a empêché la conclusion de cette démarche longue et complexe. Iris était là, à la maison, mais ce sceau officiel, cette sécurité juridique définitive qui aurait scellé leur lien pour toujours, lui a manqué au moment où sa mère s'en est allée.

La course contre la montre de la dernière année

La dernière année de la vie d'Isabelle Mergault a été une course effrénée contre la montre, marquée par une double lutte épuisante. Elle jonglait entre les lourds traitements contre son cancer et les réunions avec les avocats et les organismes sociaux pour avancer le dossier d'Iris. La fatigue qu'elle confiait à Chantal Ladesou, cette fameuse « petite voix », n'était donc pas seulement physique, mais aussi psychologique.

Il y a une immense tristesse à penser que cette femme, qui avait déjà donné tant d'amour à Maya et s'était tant battue pour sa propre survie, a dû passer ses derniers instants à lutter contre des bureaucraties pour légitimer son amour pour Iris. Pourtant, même sans le tampon administratif final, l'amour était là. La légitimité de leur lien familial ne se trouvait pas dans un registre d'état civil, mais dans le quotidien qu'elles ont partagé et dans les sourires qu'elles ont échangés.

Conclusion : Maya, Iris et la famille inattendue

Le décès d'Isabelle Mergault laisse un vide immense dans le paysage médiatique français, mais c'est son rôle de mère qui restera comme son plus bel accomplissement. Elle qui ne voulait pas d'enfants a construit, par la force de sa générosité et du hasard, une famille unie et aimante. L'histoire de Maya et d'Iris est le témoignage vibrant d'une femme qui a su, malgré ses démons et les obstacles administratifs, donner de l'amour sans compter.

Aujourd'hui, Maya, devenue majeure à 18 ans, doit apprendre à vivre sans celle qui l'a sauvée en étant sauvée par elle. Quant à Iris, environ 12 ans, son avenir juridique et familial reste à écrire, mais elle peut compter sur le lien fort qui l'unit à sa sœur. Chantal Ladesou rappelait avec tendresse : « J'ai connu Maya toute petite. Elle était toujours dans les coulisses ». Ces filles, qui ont grandi dans l'ombre des projecteurs de leur mère, sont désormais le legs vivant d'Isabelle. Si l'adoption d'Iris reste inachevée sur le papier, elle est totale dans les cœurs. L'artiste repose en paix, laissant derrière elle une œuvre importante, mais surtout une leçon de vie émouvante sur la capacité de se réinventer par l'amour de l'autre.

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Questions fréquentes

Quelles étaient les dernières paroles d'Isabelle Mergault ?

Isabelle Mergault a confié à son amie Chantal Ladesou : « Je suis un peu fatiguée », lors d'un appel téléphonique la semaine précédant son hospitalisation finale.

Isabelle Mergault a-t-elle adopté Maya ?

Oui, elle a officiellement adopté Maya en 2010 au Niger après s'être occupée d'elle de manière informelle à la demande de la mère biologique.

Pourquoi l'adoption d'Iris n'a-t-elle pas abouti ?

L'adoption d'Iris n'a pas été finalisée juridiquement avant le décès d'Isabelle Mergault, car l'aggravation de son cancer a interrompu les démarches administratives.

Quelle maladie a causé le décès d'Isabelle Mergault ?

L'artiste est décédée des suites d'un cancer du poumon métastasé, diagnostiqué plusieurs mois plus tôt, qu'elle a longtemps gardé secret.

Sources

  1. Isabelle Mergault : “On avait fui la clinique”, ce séjour avec Laurent Ruquier qui s’était mal terminé · closermag.fr
  2. Mort d’Isabelle Mergault : "J’ai engueulé Laurent", Christine Bravo sort du silence après la disparition de sa "petite soeur" · closermag.fr
  3. C'était sur Europe 1... La dernière interview d'Isabelle Mergault · europe1.fr
  4. Isabelle Mergault — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  5. gala.fr · gala.fr
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Emma Chabot @style-hunter

Mode, beauté, bien-être – je partage mes découvertes avec authenticité. Pas de partenariats cachés ici, que des vraies recommandations. Graphiste freelance à Lyon, je privilégie les marques éthiques et le DIY. Mon dressing est un savant mélange de friperies et de pièces durables. Je crois qu'on peut être stylée sans détruire la planète. Et si je peux t'aider à trouver ton style, c'est encore mieux.

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