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Jason Momoa : bien plus que le roi des océans

Quand on pense à Jason Momoa, l'image qui vient immédiatement à l'esprit est celle du colosse torse nu, une hache à la main ou un trident en éveil, dominant les écrans avec une présence physique aussi terrifiante que charismatique. Pourtant, réduire...

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Quand on pense à Jason Momoa, l’image qui vient immédiatement à l’esprit est celle du colosse torse nu, une hache à la main ou un trident en éveil, dominant les écrans avec une présence physique aussi terrifiante que charismatique. Pourtant, réduire ce géant d’un mètre quatre-vingt-treize à ses seuls pectoraux serait une erreur monumentale. Derrière les muscles et les tatouages se cache un artiste complexe, un réalisateur passionné et un militant écologiste engagé qui utilise sa plateforme pour défendre des causes qui lui tiennent à cœur. De ses débuts en tant que mannequin à son statut actuel de pilier de l’univers cinématographique DC, en passant par son passage marquant dans Game of Thrones, le parcours de l’acteur est tout sauf un long fleuve tranquille. Plongeons dans l’univers fascinant de Joseph Jason Namakaeha Momoa, une star qui a su transformer son image de “barbare” en celle d’un icône culturel incontournable.

Des origines hawaïennes à la Californie

Pour comprendre l’homme qu’il est aujourd’hui, il faut remonter à la source, là où l’océan Pacifique rencontre les traditions ancestrales. Né le 1er août 1979 à Honolulu, Hawaï, Jason Momoa est un véritable enfant du melting-pot culturel américain. Son prénom complet, Joseph Jason Namakaeha, reflète déjà cette double appartenance entre un nom classique occidental et un hawaïen profondément enraciné. Il est le fils unique de Coni Lemke, une photographe d’ascendance allemande, irlandaise et Pawnee, et de Joseph Momoa, un peintre natif hawaïen.

Naissance et métissage

La vie familiale de Jason prend un tournant très tôt alors que ses parents divorcent peu après sa naissance. Sa mère décide alors de quitter Hawaï pour l’élever à Norwalk, dans l’Iowa. Ce déménagement radical va marquer le jeune garçon qui se retrouve loin des plages ensoleillées de son enfance pour grandir dans le Midwest américain. Cette expérience, loin de le briser, forge en lui une identité hybride : il est le “garçon des îles” transplanté dans les plaines américaines. Ce mélange unique de sang polynésien et européen lui donnera plus tard ce visage si singulier, capable d’incarner à la fois le guerrier sauvage et le héros romantique moderne.

Une jeunesse entre océan et art

Bien qu’il ait passé l’essentiel de sa scolarité dans l’Iowa, Jason n’a jamais coupé les ponts avec ses racines hawaïennes. Il retourne régulièrement sur son île natale pour y passer ses vacances et y reconnecter avec la culture de son père. C’est là, entre deux sessions de surf sur les vagues de la North Shore et les leçons de son père peintre, que son amour pour la nature et l’art s’est épanoui. Il ne se contente pas de regarder le monde, il apprend à l’interpréter, que ce soit à travers le pinceau ou, plus tard, à travers l’objectif d’une caméra. Cette connexion profonde avec la terre et la mer deviendra plus tard le moteur de son engagement militant.

Les débuts dans le mannequinat

Comme pour beaucoup de stars d’Hollywood, la porte d’entrée du showbiz s’est ouverte par hasard, grâce à son physique hors norme. En 1998, alors qu’il travaille dans une boutique de surf à Hawaï après l’obtention de son diplôme universitaire en biologie marine, un designer international le repère. Il est lancé dans le monde exigeant du mannequinat et travaille rapidement pour de grandes marques comme Calvin Klein ou Yves Saint Laurent. Cependant, Jason se lasse vite de la passivité du mannequinat. Il ne veut pas juste être un visage, il veut raconter des histoires. C’est cette envie qui le pousse à auditionner pour la télévision, une décision qui va changer sa vie à jamais.

La révélation télévisuelle

Rugged portrait of actor Jason Momoa with intense gaze and long hair.

Le passage du mannequinat à l’acting n’est pas une évidence, mais Jason Momoa a su saisir chaque opportunité pour prouver qu’il n’était pas qu’un bel athlète. Sa carrière télévisuelle se construit par étapes, chaque rôle lui permettant d’ajouter une nouvelle corde à son arc et de diversifier son jeu d’acteur loin des clichés.

Alerte à Malibu : le premier pas

En 1999, il décroche son premier rôle majeur dans la série culte Baywatch: Hawaii. Il y incarne Jason Ioane, un sauveteur local. Pour beaucoup, ce rôle aurait pu être une impasse, le label éternel du “beau gosse qui court sur la plage”. Mais Jason y voit une formidable école. Il apprend le rythme du tournage, la discipline du plateau et gagne en confiance devant la caméra. Il reste dans la série pendant deux saisons, jusqu’en 2001, utilisant cette visibilité pour se faire un nom dans l’industrie. C’est aussi à cette période qu’il commence à sculpter son physique massif, comprenant que son apparence peut être un atout majeur s’il sait l’utiliser avec intelligence.

Stargate Atlantis : l’entrée dans la SF

Après Alerte à Malibu, il faut attendre 2004 pour qu’il revienne sur le devant de la scène avec un rôle qui va marquer la communauté des fans de science-fiction. Il rejoint la distribution de Stargate Atlantis dans le rôle de Ronon Dex. Ce personnage de guerrier Satedan, taciturne et dangereux, correspond parfaitement à l’aura de Momoa. Durant quatre saisons, il incarne ce survivant au passé tragique, armé de ses dreads et de son arme d’énergie. Ce rôle prouve qu’il peut tenir la rampe dans des ensembles complexes et qu’il possède une présence dramatique qui dépasse la simple prestation physique. Les fans de la saga Stargate retiennent encore aujourd’hui son interprétation comme l’un des sommets de la série.

Game of Thrones : le rôle qui change tout

C’est pourtant en 2011 que sa carrière explose véritablement au niveau mondial grâce à la série phénomène Game of Thrones. Il est choisi pour interpréter Khal Drogo, le chef des Dothraki, un guerrier impitoyable qui parle peu mais frappe fort. Le défi est de taille : le personnage ne parle que la langue fictive dothraki et doit exprimer toute sa puissance et sa complexité par le regard et le langage corporel.

Jason Momoa s’investit corps et âme dans le rôle. Sa scène de rencontre avec Daenerys Targaryen est devenue culte, tout comme sa montée en puissance brutale puis poignante. Bien que le rôle ne dure que la première saison, l’impact est dévastateur. Il incarne la virilité sauvage mais aussi l’amour dévastateur, offrant une performance qui reste gravée dans les annales de la série. Ce rôle lui ouvre les portes des blockbusters hollywoodiens et le place sur la liste des acteurs à surveiller de près pour les producteurs à la recherche d’un “héros dur à cuire”.

La consécration cinématographique

Après le succès planétaire de Game of Thrones, Jason Momoa n’a plus à prouver qu’il est un capable de mener un film. Mais l’industrie du cinéma est impitoyable : passer du statut d’acteur de série secondaire à celui de tête d’affiche de blockbusters demande du tact et des choix stratégiques. Sa transition vers le grand écran va se faire par étapes, mêlant essais, erreurs et coups de génie.

Le challenge de Conan le Barbare

En 2011, il prend la suite d’Arnold Schwarzenegger en incarnant le héros mythique de l’heroic fantasy, Conan le Barbare.

En 2011, il prend la suite d’Arnold Schwarzenegger en incarnant le héros mythique de l’heroic fantasy, Conan le Barbare. Mission impossible, diront certains. Reprendre le manteau (ou plutôt le pagne) de celui qui a défini le genre dans les années 80 est un pari risqué. Mais Jason ne recule jamais devant un défi physique. Pour ce rôle, il subit un entraînement aussi brutal que le personnage lui-même : haltérophilie intensive, régime hyper-protéiné, apprentissage du maniement de l’épée. Si le film ne rencontre pas le succès commercial espéré et reçoit un accueil critique mitigé, souvent jugé trop vide scénariquement, la prestation de Jason Momoa elle ne laisse pas indifférente. Il y dégage une présence animale, une sauvagerie primitive qui lui colle parfaitement à la peau. Il prouve qu’il possède l’épaule pour porter un film d’action seul, même si le script ne suit pas toujours. Cette expérience est un passage obligé, un rite de passage qui le crédibilise auprès des studios comme un “tueur” capable d’encaisser des coups et d’en donner, littéralement comme figurément.

L’errance héroïque et les films d’action

Après Conan, l’industrie hésite encore à lui confier les clés d’une franchise majeure. Jason enchaîne alors les films d’action de seconde zone, souvent sortis directement en VOD ou dans quelques salles, mais qui servent de terrain de jeu pour affiner son style. Dans Bullet to the Head (2012) aux côtés de Sylvester Stallone, ou encore The Bad Batch (2016), un film d’anticipation déjanté où il joue un cannibale mutilé, il explore les méandres de l’anti-héros. Ces rôles, parfois sombres et violents, lui permettent de ne pas s’endormir sur ses lauriers. On le voit aussi dans Sugar Mountain (2016) ou Braven (2018), où il campe des hommes prêts à tout pour protéger leur famille. Ce sont des films “gueules”, des produits de genre solides où Jason peut décharger sa testostérone. C’est cette période de “galère” relative qui le motive à se réinventer, à ne pas se laisser enfermer dans le rôle de la brute muette. Il sent que l’or est proche, mais il doit encore patienter.

Aquaman : Le couronnement d’une star planétaire

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Le véritable tournant, celui qui le propulsera définitivement au statut de superstar mondiale, a lieu en 2016 lors du Comic-Con de San Diego. Zack Snyder annonce officiellement qu’il incarnera Arthur Curry, aka Aquaman, dans l’univers étendu DC. La réaction de la foule est électrique, mais sur les réseaux sociaux, le doute persiste. Pendant des années, Aquaman a été la risée de la Justice League, le super-héros qui parle aux poissons. Comment un acteur connu pour son côté “sauvage” pourrait-il incarner un roi digne de ce nom ?

Un casting contesté transformé en victoire

Rappelons-nous des premières rumeurs. Quand l’information a fuité, une partie du fandom de comics a crié au scandale. On le jugeait “trop barbare”, “t peu raffiné”Pour interpréter le fils de la reine Atlanna, Momoa disposait d’un atout de taille : c’est un passionné de bandes dessinées de longue date. Sa connaissance approfondie de la mythologie du héros, et plus particulièrement de la modernisation opérée par Peter David dans les années 1990, lui permet de prôner une image de guerrier impitoyable, barbu et manchot. L’acteur s’est fermement opposé à l’esthétique du héros blond et poli des années 1960, souvent réduit au rôle de faire-valoir de Superman. À la place, il a favorisé une incarnation plus rude, celle d’un Aquaman taché de sang, couvert de tatouages, amateur de bière et résidant dans un vieux phare. C’est grâce à cette approche qu’il a su redonner vie au personnage. L’atmosphère caractéristique est d’ailleurs esquissée dès sa première apparition dans Batman v Superman : L’Aube de la Justice (2016), lorsqu’il surgit d’une vague pour secourir Lois Lane.”wow” est immédiat.

Le blockbuster solo : 1 milliard de dollars au compteur

Mais c’est avec le film solo Aquaman, réalisé par James Wan et sorti en 2018, que le miracle opère. Le film est une explosion visuelle de couleurs, une aventure “popcorn”Cette orientation stylistique se distingue nettement de la teinte généralement sombre qui caractérise les films de l’univers DC. Le charisme de l’acteur y est prodigieux, fusionnant l’attitude d’un voyou avec la noblesse d’un souverain réticent. L’affrontement sous-marin contre son demi-frère Orm offre un moment clé qui synthétise son jeu : une puissance physique brutale couplée à une sensibilité émouvante. Le film finit par dépasser le milliard de dollars de recettes dans le monde, un exploit inédit pour un long-métrage DC mettant en vedette un super-héros en solitaire. Jason Momoa s’érige ainsi en leader de la franchise, et bien davantage encore, il s’affirme comme le”King” de la pop culture moderne. Son célèbre cri de guerre “Unite the Seven!” devient un meme viral, et son visage s’affiche sur tous les écrans du monde.

Redéfinir la masculinité moderne

Ce qui fascine dans Aquaman, et ce que Jason apporte involontairement à la table, c’est une nouvelle forme de masculinité. Son Arthur Curry n’est pas le héros stoïque qui ne pleure jamais. Il peut être blessé, perdu, avoir peur de ses responsabilités. Et en même temps, c’est un homme qui assume ses émotions. Dans la vraie vie, Jason n’est pas en reste. Sur Instagram, il n’hésite pas à poster des vidéos où il pleure de bonheur en retrouvant son vieux van restauré, où il danse avec ses enfants, où il exprime son amour inconditionnel pour sa famille. C’est ce côté “douceur” caché derrière le mur de muscle qui rend le personnage d’Aquaman si attachant pour le public d’aujourd’hui. Il casse les codes du “tough guy” traditionnel d’Hollywood pour quelque chose de plus authentique et de plus connecté à son époque.

Vers une diversification artistique : Au-delà des blockbusters

Une fois assis sur le trône d’Atlantide, Jason Momoa aurait pu se contenter d’enchaîner les super-produits et d’empocher les chèques. Mais ce serait ignorer sa soif de créer et sa curiosité insatiable. L’acteur cherche constamment à diversifier son portfolio, à prouver qu’il n’est pas qu’une machine à muscles.

Dune : entrée dans la cour des grands du cinéma d’auteur

En 2021, il participe à l’événement cinématographique qu’est Dune, l’adaptation magistrale de Denis Villeneuve. Dans ce film, il troque son trident contre une épée cryogénique pour incarner Duncan Idaho, le maître d’armes de la maison Atreides. C’est un rôle plus secondaire, mais crucial dans l’œuvre de Frank Herbert. Le choix de Villeneuve de le caster est intéressant : Jason y apporte cette chaleur humaine, cette loyauté indéfectible qui contraste avec la froideur politique de l’univers de Dune. Sa scène de combat finale, bien que brève, est d’une intensité dramatique rare. Participer à une telle œuvre, couronnée par de nombreux Oscars, lui donne une légitimité artistique indéniable auprès des cinéphiles les plus exigeants. Il prouve qu’il peut servir la vision d’un réalisateur auteur sans l’éclipser par sa seule présence physique.

See : La performance brute chez Apple TV+

Dans le même temps, il s’attaque à la télévision de prestige avec la série See sur Apple TV+. Il y joue Baba Voss, un chef de clan guerrier dans un futur post-apocalyptique où l’humanité a perdu la vue. Ce rôle est un défi technique monumental : comment jouer un guerrier aveugle de manière convaincante ? Jason y travaille avec une intensité rare, utilisant son ouïe et son sens du toucher pour se repérer. La série est visuellement sombre et brutale, et Momoa y délivre une performance d’une puissance vocale et physique époustouflante. Il nous montre un personnage vieilli, marqué par les cicatrices, protecteur farouche de sa famille adoptive.

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Chloé Jabot @buzz-tracker

Je vis sur TikTok comme d'autres vivent sur Terre. À 22 ans, j'ai déjà prédit trois tendances virales avant qu'elles n'explosent – dont un challenge dance que j'ai vu naître dans un live à 3h du matin. Étudiante en communication digitale à Paris, je stage dans une agence qui surveille les réseaux sociaux pour des grandes marques. Mon feed For You est tellement bien calibré que mes amis m'envoient des screenshots pour savoir si c'est « encore tendance » ou « déjà cringe ». Réponse en moins de 10 secondes, toujours.

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