Éjaculation faciale, homme nu debout se masturbant au-dessus du visage d'une femme nue allongée, éjaculation en cours
Sexualité

Éjaculation faciale : statistiques, risques et alternatives pour le couple

Entre fantasme pornographique et réalité, découvrez les statistiques, risques infectieux et alternatives à l'éjaculation faciale pour une sexualité épanouie et consentie.

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L'éjaculation faciale s'est imposée comme un classique incontournable des films pour adultes, au point de sembler parfois obligatoire lors des rapports sexuels. Pourtant, si l'on y regarde de plus près, la réalité des chambres à coucher est bien éloignée de la fantasmagorie des écrans. Entre désir visuel masculin, débats sur la notion d'humiliation et risques sanitaires réels, il est urgent de démêler le vrai du faux. Explorer ce sujet demande de comprendre ce qui alimente ce fantasme, tout en gardant à l'esprit les règles d'hygiène et de consentement indispensables pour une sexualité épanouie.

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Une pratique vraiment courante en France ?

Il existe un fossé considérable entre la fréquence à laquelle on voit l'éjaculation faciale dans les contenus pornographiques et sa réalité statistique au sein des couples. Cette sur-représentation visuelle donne l'illusion d'une pratique standardisée, presque banale, alors qu'elle reste minoritaire et sujette à de vifs débats sociétaux. Avant d'analyser les ressorts psychologiques de l'excitation, il est crucial de remettre les compteurs à zéro avec des chiffres concrets qui ramènent à la réalité.

L'étude IFOP de 2018 : seulement 12 % des femmes françaises concernées

Si l'on se fiait uniquement aux images diffusées par l'industrie du X, on pourrait croire que ce geste est systématique lors des rapports sexuels. Pourtant, une étude menée par l'IFOP en 2018 pour Femme Actuelle révèle une tout autre réalité. En France, seulement 12 % des femmes déclarent que leur partenaire leur a déjà éjaculé sur le visage.

Ce chiffre bas contraste violemment avec l'omniprésence du « facial » dans les vidéos consultées massivement sur Internet. Cette faible fréquence s'accompagne d'opinions tranchées. L'étude souligne que la pratique est jugée comme très polémique. Au sein de la sphère privée française, elle ne constitue ni une obligation ni une règle standard, mais un choix spécifique qui découle souvent de la dynamique du couple ou de l'influence de la pornographie. Il est essentiel de garder à l'esprit que ce n'est pas une habitude sexuelle universelle.

Les chiffres américains de Salmon et Hehman : 47,7 % des hommes, 32,3 % des femmes

Pour élargir la perspective, il est intéressant d'observer ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique. Une étude américaine menée par les chercheurs Salmon et Hehman, citée par Le Point, montre des pourcentages bien plus élevés qu'en France. Selon ces données, 47,7 % des hommes âgés de 18 à 60 ans déclarent avoir déjà éjaculé sur le visage d'un partenaire. Du côté des femmes, 32,3 % disent avoir déjà reçu une éjaculation faciale, un chiffre qui monte à 52,7 % chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes.

Ces écarts majeurs entre la France et les États-Unis soulignent l'impact déterminant de la culture sur les pratiques sexuelles. La culture américaine, très imprégnée par l'industrie pornographique, semble avoir intégré cette pratique plus largement dans les mœurs. Cela nous rappelle que les comportements sexuels ne sont pas gravés dans le marbre biologique, mais sont modelés par les environnements culturels et médiatiques.

L'influence des représentations culturelles sur les normes sexuelles

Au-delà des simples statistiques, il est fascinant de constater comment la représentation médiatique influence notre perception de la normalité. L'Organisation mondiale de la santé définit la santé sexuelle comme un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social lié à la sexualité. Cependant, la pression sociale et l'exposition répétée à certains scénarios pornographiques peuvent fausser cette perception individuelle du plaisir.

Ce qui est présenté comme une norme à l'écran peut devenir une source d'anxiété pour ceux qui ne s'y reconnaissent pas. Il est donc crucial de se rappeler que la « normalité » en matière de sexualité est élastique et contextuelle. Se sentir différent parce que l'on ne pratique pas tel ou tel acte est un sentiment construit bien plus par la culture que par la biologie elle-même.

Pourquoi l'éjaculation faciale excite-t-elle autant les hommes ?

Maintenant que nous avons établi que la pratique est loin d'être universelle, une question persiste : pourquoi suscite-t-elle autant d'excitation chez ceux qui l'apprécient ? La réponse réside souvent moins dans une recherche de domination pure que dans une mécanique visuelle puissante. Pour comprendre cet engouement, il faut décrypter comment le cerveau masculin traite l'imaginaire pornographique et l'acte sexuel.

Alexandra Hubin, sexologue : « Le caractère visuel renforce le côté érotique »

Alexandra Hubin, sexologue interrogée par Femme Actuelle, met en avant un élément déterminant : le pouvoir de l'image. Selon elle, le caractère visuel peut renforcer le côté érotique et stimulant. L'éjaculation est le sommet du plaisir masculin, et ce sommet est, par nature, un événement très visuel. Dans le porno, la caméra cherche à tout montrer, à rendre l'acte le plus explicite possible. L'éjaculation faciale permet donc de visualiser l'orgasme de manière crue et immédiate.

Ce biais pornographique a fini par transformer une nécessité de tournage — montrer la preuve du plaisir — en un fantasme grand public pour beaucoup d'hommes. En associant l'image du sperme sur le visage à l'idée de plaisir intense, le porno a câblé une connexion neuronale chez de nombreux spectateurs. Ainsi, l'excitation ne vient pas nécessairement de l'acte d'éjaculer sur le visage en soi, mais de la représentation visuelle de la puissance de l'orgasme que cette scène incarne.

Visualiser sa virilité : le sperme comme preuve de puissance

Au-delà de la simple esthétique pornographique, Alexandra Hubin identifie une dimension psychologique plus profonde : la visualisation de sa propre virilité. Éjaculer sur le visage de son partenaire permet à l'homme de matérialiser concrètement sa puissance et sa virilité par le sperme. C'est une preuve physique tangible du plaisir qu'il a procuré et ressenti. Voir le résultat de son excitation peut renforcer le sentiment d'accomplissement sexuel.

Cette dynamique s'inscrit aussi dans une idée de maîtrise. L'homme qui éjacule sur le visage de sa partenaire peut se sentir « maître du plaisir ». Percevoir concrètement l'issue de son désir peut revêtir une importance capitale. Ce geste ne marque pas systématiquement une volonté de domination malsaine, mais agit plutôt comme une affirmation de la virilité. Le sperme devient ainsi une trace passagère, une manifestation tangible de la passion commune.

La théorie évolutionniste et l'effet Coolidge : le cerveau masculin programmé pour le visuel

L'article du Point apporte un éclairage évolutionniste intéressant pour comprendre cette fascination visuelle. Selon cette théorie, l'excitation masculine est fondamentalement visuelle. Historiquement, les stratégies d'accouplement à court terme reposaient sur la capacité à repérer rapidement des partenaires fertiles, ce qui a favorisé le développement d'un cerveau très réactif aux stimuli visuels.

On parle aussi de l'effet Coolidge : ce phénomène psychologique décrit la restauration rapide du désir sexuel masculin en présence de nouveaux partenaires. La variété et la nouveauté visuelle sont des moteurs puissants de l'excitation masculine. Les gros plans sur les visages dans la pornographie, et par extension l'éjaculation faciale, nourrissent ce besoin de renouvellement visuel constant. Le visage est le centre de l'expression humaine, et le concentrer sur le visage d'une partenaire lors de l'orgasme crée une image d'une forte intensité émotionnelle et sensorielle.

Humiliation ou plaisir partagé : ce que dit la science

Si l'aspect visuel explique une partie de la popularité de la pratique, l'éjaculation faciale reste au cœur d'une controverse féministe majeure. Est-ce un acte de domination humiliante pour la femme ou une expression d'un plaisir partagé ? Les avis sont souvent tranchés, mais la science récente apporte des nuances importantes qui contredisent certaines idées reçues véhiculées par la pornographie traditionnelle.

Le parallèle avec le crachat au visage : quand l'éjaculation devient humiliante

Il est impossible d'évoquer ce sujet sans aborder la question de l'humiliation. Comme le souligne Alexandra Hubin dans Femme Actuelle, le geste peut rappeler le crachat au visage, un acte universellement reconnu comme humiliant et méprisant. Dans cette optique, projeter son sperme sur le visage de l'autre peut être perçu comme une forme de marquage, une volonté de « salir » son partenaire.

Cette lecture est particulièrement prégnante dans certains scénarios pornographiques où la dynamique est explicitement basée sur la domination et la soumission. Si l'un des partenaires se sent dégradé, rabaissé ou utilisé comme un simple objet, alors l'acte bascule dans l'humiliation. C'est une dimension qui existe bel et bien et qui ne doit pas être niée. Certains hommes rapportent d'ailleurs ce sentiment ambivalent, partagé entre l'excitation du moment et le malaise de voir leur partenaire ainsi traité une fois la passion retombée.

L'étude Salmon et Hehman (2022-2024) qui contredit le mythe de l'humiliation

Cependant, une étude publiée dans les Archives of Sexual Behavior par Salmon et Hehman entre 2022 et 2024 vient bousculer l'idée reçue selon laquelle l'humiliation serait le moteur principal de cette pratique. Comme le rapporte Le Point, les chercheurs ont présenté des scénarios d'éjaculations faciales à des spectateurs en faisant varier l'expression faciale du receveur.

Les résultats sont sans appel : les participants jugent les éjaculations faciales de manière beaucoup plus positive lorsque le visage du récepteur exprime une émotion positive (sourire, plaisir) plutôt que négative (douleur, dégoût). Cela suggère que ce qui excite réellement les spectateurs, et probablement les acteurs, ce n'est pas l'humiliation infligée, mais bien le plaisir partagé visualisé. L'humiliation n'est pas une condition sine qua non de l'excitation ; au contraire, le fait de voir que l'autre prend plaisir serait un facteur de stimulation plus puissant.

Pornographie vs réalité : le biais du scénario humiliant

Il est crucial de dissocier la réalité des fantasmes scénarisés. La pornographie met souvent en scène l'humiliation parce que c'est un produit qui se vend bien, qui joue sur des tabous et des transgressions fortes. Mais ce qui fonctionne à l'écran, pour un spectateur qui cherche une stimulation intense et éloignée de sa réalité quotidienne, n'est pas forcément ce que les gens recherchent dans leur intimité.

La science, avec l'étude de Salmon et Hehman, montre que le plaisir mutuel visualisé est en réalité plus excitant pour la majorité que la dégradation pure et simple. Le biais du porno a donc pu donner une image faussée de la pratique, la reléguant injustement à un acte purement misogyne. Si le porno utilise souvent l'éjaculation faciale comme « point final » humiliant, cela ne signifie pas que tous les couples qui l'expérimentent vivent cela comme une violence.

Éjaculation sur le torse et la poitrine d'une femme nue allongée sur le dos, regardant son partenaire nu, ambiance intime et érotique
Éjaculation sur le torse et la poitrine d'une femme nue allongée sur le dos, regardant son partenaire nu, ambiance intime et érotique

Quels sont les risques infectieux réels pour le visage ?

Après avoir exploré les mécanismes psychologiques, il est impératif de basculer vers le domaine de la santé. Car au-delà du débat sur la domination ou le plaisir, l'éjaculation faciale implique un contact biologique direct avec des fluides corporels. Et contrairement à une croyance populaire, le visage n'est pas une zone invulnérable. Le Dr Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue renommé, tire la sonnette d'alarme sur les risques infectieux réels.

« Le vrai risque est infectieux » : les germes présents dans le sperme

Lors d'un interview sur Allodocteurs, le Dr Sylvain Mimoun est formel : « Le vrai risque est infectieux ». Beaucoup pensent à tort que le sperme est un liquide stérile ou inoffensif hors du contexte de la reproduction. Or, il peut contenir une multitude de pathogènes. Le médecin cite notamment le chlamydiae, une bactérie très fréquente qui peut passer inaperçue chez l'homme mais causer des dommages sérieux, comme des infections pouvant mener à l'infertilité.

Mais ce n'est pas tout. Le Dr Mimoun met également en garde contre la présence du Papillomavirus (HPV) dans le sperme. Ce virus, extrêmement courant, est souvent associé au cancer du col de l'utérus, mais on oublie trop souvent qu'il présente aussi un risque de cancer des amygdales lorsqu'il est en contact avec la muqueuse buccale. Recevoir une éjaculation faciale, c'est potentiellement exposer ses muqueuses buccales et pharyngées à ces virus.

Peau lésée, muqueuses sensibles : pourquoi le visage est une zone à risque

Le visage est une zone du corps particulièrement vulnérable, bien plus qu'il n'y paraît. Contrairement au dos ou aux cuisses, la peau du visage est fine et richement vascularisée. De plus, elle présente des « portes d'entrée » directes vers l'organisme : la bouche, les narines, et surtout les yeux. Les muqueuses sont des terrains de jeu idéaux pour les virus et les bactéries, qui n'ont pas à traverser la couche cornée de l'épiderme pour infecter l'organisme.

Il faut aussi considérer l'état de la peau. L'acné, les petits boutons, les micro-coupures de rasage ou les lésions d'herpès labial constituent autant de brèches dans la barrière cutanée. Si du sperme contaminé entre en contact avec une peau lésée, le risque de transmission d'IST augmente significativement. Il existe une asymétrie importante dans le risque : le partenaire qui éjacule encourt un risque presque nul, tandis que le partenaire recevant porte la quasi-totalité du risque biologique.

L'allergie au sperme (hypersensibilité au plasma séminal) : rare mais réel

Enfin, il existe un risque souvent ignoré : l'allergie au sperme, également appelée hypersensibilité au plasma séminal humain. Bien que rare, cette condition allergique est très réelle. Les symptômes peuvent varier d'une simple gêne à une réaction plus sévère. Ils incluent des démangeaisons intenses, des rougeurs, des gonflements importants, voire l'apparition de cloques dans les 30 minutes suivant le contact.

Dans les cas plus graves, on peut observer une urticaire généralisée ou des difficultés respiratoires, nécessitant une intervention médicale rapide. Sur le visage, où la peau est particulièrement fine et réactive, une réaction allergique peut être spectaculaire et très inconfortable, avec gonflement des paupières ou des lèvres. Si vous avez déjà constaté des rougeurs ou des brûlures après un contact avec du sperme, il est crucial de consulter un allergologue.

Sperme dans l'œil : brûlures intenses et risques de VIH

Parmi tous les risques de l'éjaculation faciale, celui qui inquiète le plus est souvent l'atteinte oculaire. Le sperme dans l'œil est une expérience désagréable, mais il est important de faire la part des choses entre la douleur immédiate et les risques de transmissions virales graves comme le VIH. Il faut ici naviguer entre les symptômes physiologiques certains et les risques statistiques réels.

Douleur, larmoiement, vision floue : ce qui se passe quand le sperme touche l'œil

Recevoir du sperme dans l'œil n'est pas anodin. Les informations médicales rapportent que cela provoque une douleur intense, des picotements et une sensation de brûlure. Cette réaction est due à la composition chimique du sperme, qui contient des enzymes et des composants destinés à faciliter la fécondation mais qui sont extrêmement irritants pour le tissu oculaire délicat.

Immédiatement après le contact, la victime ressentira un larmoiement abondant, une rougeur visible de l'œil, et souvent une sensibilité accrue à la lumière (photophobie). La vision peut devenir floue temporairement. Le premier réflexe à avoir est de rincer abondamment l'œil à l'eau claire ou au sérum physiologique, pendant plusieurs minutes, sans jamais frotter. Le frottement pourrait aggraver l'irritation et causer des micro-lésions de la cornée.

VIH dans l'œil : Sida Info Service tranche sur le risque (quasi nul)

La grande angoisse concerne le VIH. Peut-on contracter le virus via une éjaculation dans l'œil ? Sur ce point, Sida Info Service apporte une réponse rassurante et scientifiquement fondée. Selon eux, le contact du sperme avec la muqueuse oculaire ne présente PAS de risque d'infection par le VIH.

L'explication réside dans la protection naturelle de l'œil. Le réflexe des paupières de se fermer rapidement lors d'un projectile, ainsi que la production de larmes, constituent une barrière efficace qui empêche le virus de pénétrer dans l'organisme. Bien que la muqueuse de l'œil soit théoriquement perméable, la quantité de virus nécessaire pour une infection et la rapidité des défenses oculaires rendent le risque pratique négligeable.

Les autres IST oculaires : ce qui reste un danger réel

Si le risque de VIH est écarté par les spécialistes, il ne faut pas pour autant baisser la garde. D'autres infections sexuellement transmissibles peuvent, elles, contaminer l'œil. La conjonctivite à Chlamydia ou à Gonocoque est une réalité médicale bien connue. Ces bactéries peuvent provoquer des infections oculaires sévères, avec rougeurs, pus et douleurs, nécessitant un traitement antibiotique spécifique.

L'herpès simplex est un autre danger majeur. Si le partenaire a des lésions herpétiques actives (même invisibles), le virus peut se transmettre à l'œil et provoquer une kératite herpétique, une infection de la cornée qui peut être grave et menacer la vision à long terme. Donc, même si le VIH n'est pas la préoccupation principale ici, l'éjaculation dans l'œil reste un acte à haut risque pour la santé oculaire globale.

« Le sperme est un soin pour la peau » : un mythe dangereux

Sur les réseaux sociaux, et particulièrement TikTok, circule une tendance inquiétante : celle de présenter le sperme comme un soin cosmétique miracle, riche et gratuit pour la peau. Ce mythe, qui flatte l'imagination et justifie parfois la pratique, n'a aucun fondement scientifique sérieux. Il est important de le déconstruire pour éviter des comportements à risques.

Zinc, protéines, vitamines : les quantités dérisoires cachées dans le sperme

Il est vrai que, chimiquement, le sperme contient des éléments intéressants pour la biologie. On y trouve du zinc, du magnésium, du calcium, des protéines, ainsi que des vitamines comme la C ou la B12. C'est un fait biologique. Cependant, comme l'explique très bien OnSexpliqueCa, argumenter en faveur du sperme comme soin au motif de sa composition est une escroquerie intellectuelle.

Les quantités de ces nutriments dans une éjaculation sont infinitésimales, absolument dérisoires par rapport aux besoins de la peau. Une simple noisette de votre crème hydratante contient des concentrations en acides hyaluroniques, en vitamines ou en antioxydants des milliers de fois supérieures à celles présentes dans quelques millilitres de sperme. Penser que l'organisme va absorber ces oligo-éléments par voie cutanée pour en tirer un bénéfice cosmétique relève de la magie, pas de la biologie.

Allergies, infections et boutons : les vrais effets du sperme sur le visage

Au lieu d'améliorer la peau, l'application de sperme sur le visage est plus susceptible de causer des problèmes. Comme nous l'avons vu précédemment, le risque allergique est réel. Appliquer une substance potentiellement allergène sur toute la surface du visage est une très mauvaise idée, surtout si la peau est déjà sensible ou réactive.

De plus, le sperme est un milieu organique riche en sucres et en protéines, une véritable auberge pour les bactéries une fois à l'air libre. Laisser du sperme sécher sur son visage peut favoriser la prolifération bactérienne, obstruer les pores et déclencher des poussées d'acné ou d'irritations. Pour une peau sujette aux boutons, c'est souvent l'assurance de voir son état s'aggraver. En résumé, oubliez les recettes cosmétiques « do it yourself » avec du sperme.

Poitrine, ventre, fesses : des alternatives plus sûres

Face aux risques et à la potentielle gêne de l'éjaculation faciale, il est important de rappeler qu'elle n'est pas la seule option pour terminer un rapport. Il existe de nombreuses alternatives qui permettent de conserver le côté visuel ou ludique sans les dangers spécifiques liés au visage (yeux, muqueuses buccales). Le consentement reste la clé absolue pour choisir ce qui convient au couple.

Le consentement comme fil conducteur : la position d'Alexandra Hubin

Alexandra Hubin le rappelle avec force : « Le fil conducteur c'est toujours le plaisir et le consentement des deux partenaires. Il n'y a aucune obligation à faire n'importe quelle pratique. » C'est le point central. Aucune pratique sexuelle, qu'elle soit « vanille » ou extrême, ne doit être vécue comme une corvée ou une obligation pour faire « comme dans les films ».

Si l'éjaculation faciale ne vous tente pas, ou si elle vous angoisse à cause des risques infectieux, vous avez tout à fait le droit de dire non. Ce n'est pas être « coincé », mais simplement respecter ses propres limites. Avoir du respect pour soi implique également d'être à l'écoute de ses propres sensations. De même, face au refus d'une partenaire, il est impératif d'accepter ce « non » sans chercher à la forcer.

Éjaculer sur la poitrine, le ventre ou les fesses : des options tout aussi excitantes

Heureusement, il existe de nombreuses alternatives pour ceux qui aiment le côté visuel de l'éjaculation externe sans vouloir cibler le visage. La sexologue Alexandra Hubin suggère la poitrine, le ventre ou les fesses. Ces zones présentent des avantages non négligeables. La peau y est généralement plus épaisse que sur le visage, moins sujette aux irritations sévères, et elle est dépourvue de muqueuses fragiles comme l'œil.

La poitrine, par exemple, est une zone hautement érotisée pour beaucoup de couples, et le visuel peut être très excitant sans les risques de projection dans l'œil ou la bouche. Le ventre offre une large surface de réception, tandis que les fesses peuvent s'inscrire dans des jeux de domination/soumission plus doux ou esthétiques. Ces zones permettent de conserver la matérialisation du sperme, la preuve de l'orgasme, sans mettre en danger la santé de son partenaire.

Comment en parler avec son partenaire sans casser l'ambiance

La communication est la pierre angulaire d'une vie sexuelle épanouie, surtout pour des pratiques potentiellement à risques ou controversées. Parler de ses envies ou de ses limites concernant l'éjaculation faciale peut être intimidant, mais c'est nécessaire. L'idéal est d'aborder le sujet en dehors du lit, à un moment calme, pour ne pas mettre la pression sur l'autre « sur le moment ».

On peut formuler ses limites clairement en expliquant ce qui nous convient et ce qui ne nous convient pas. Par exemple, on peut exprimer que l'on est à l'aise pour une finition sur certaines parties du corps mais pas sur le visage. Il est important de ne pas laisser la pression du porno dicter les pratiques du couple. Se souvenir des chiffres vus au début de l'article peut aider à se sentir normal dans son refus ou son hésitation.

Conclusion : une pratique à consommer avec discernement

L'éjaculation faciale est loin d'être une obligation sexuelle, et les statistiques le prouvent clairement. Qu'il s'agisse des 12 % de Françaises concernées ou des variations culturelles importantes avec les États-Unis, il est évident que cette pratique ne définit pas la norme du plaisir partagé. Elle répond souvent à des fantasmes visuels puissants, nourris par une pornographie qui standardise l'image de la virilité, mais elle n'est pas l'unique voie vers l'excitation.

Cependant, au-delà du débat sur le fantasme ou la domination potentielle, la santé doit rester la priorité absolue. Les risques infectieux soulignés par le Dr Mimoun, les dangers pour les yeux et la réalité des allergies constituent des contre-indications qu'il est impossible d'ignorer. De plus, le mythe cosmétique autour du sperme doit être définitivement déconstruit pour éviter des comportements nocifs.

En fin de compte, que l'on choisisse de pratiquer l'éjaculation faciale ou d'opter pour des alternatives plus sûres comme la poitrine ou le ventre, la règle d'or reste le consentement éclairé et enthousiaste des deux partenaires. Le plaisir ne se décrète pas, il se négocie et se partage dans le respect mutuel. Se sentir libre de dire oui ou non, sans pression ni culpabilité, est la clé d'une sexualité épanouie et bienveillante.

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Questions fréquentes

Quels sont les risques infectieux de l'éjaculation faciale ?

Le sperme peut contenir des germes comme la chlamydia, le HPV ou l'herpès qui infectent les muqueuses. Le visage, avec ses zones fines et sensibles, est une zone à risque pour la transmission de ces IST.

Pourquoi les hommes apprécient-ils l'éjaculation faciale ?

C'est une pratique très visuelle qui permet de matérialiser l'orgasme et la virilité. L'excitation provient souvent de la représentation visuelle du plaisir et de la puissance, influencée par la pornographie.

Le sperme est-il un bon soin pour la peau ?

Non, c'est un mythe dangereux car les quantités de nutriments sont dérisoires par rapport aux besoins. L'application de sperme risque plutôt de provoquer des allergies, des infections ou des poussées d'acné.

L'éjacation faciale est-elle une pratique courante en France ?

Non, elle reste minoritaire : une étude IFOP de 2018 indique que seulement 12 % des femmes françaises déclarent avoir déjà reçu une éjaculation faciale.

Sources

  1. [PDF] PROGRAMME COMPLET D'ÉDUCATION À LA SEXUALITÉ · womenshealthclinic.org
  2. allodocteurs.fr · allodocteurs.fr
  3. en.wikipedia.org · en.wikipedia.org
  4. femmeactuelle.fr · femmeactuelle.fr
  5. lepoint.fr · lepoint.fr
heart-to-heart
Manon Guillebot @heart-to-heart

J'étudie la psychologie à Lyon et je suis passionnée par les relations humaines. Ici, je parle d'amour, d'amitié, de famille – tout ce qui fait qu'on se connecte (ou pas) aux autres. Mon approche ? Bienveillante mais honnête. Je ne juge personne, on a tous nos galères. Parfois je partage mes propres expériences, parce que j'ai aussi eu mon lot de relations compliquées. Si t'as besoin de conseils ou juste d'un point de vue extérieur, je suis là.

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