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France-Jeunes : pour une bonne entente des auteurs et des critiques.

Parce que la richesse de ce forum tient à la qualité de l'interaction auteurs-critiques, une petite mise au point ne peut faire que du bien !


Depuis quelques années sur ce site, jai eu peu de raisons de me plaindre de la qualité humaine de ses membres. Généralement, malgré des accrochages localisés entre « clans », la civilité et le respect prévalent. Ouverts desprit, les France-Jeuniens se montrent le plus souvent généreux.
Néanmoins, il arrive parfois, hélas, que des membres se montrent « légers » dans leur approche de la communication, et quils blessent sans raison valable. Il nous arrive à tous davoir des mouvements dimpatience. Sachons néanmoins les maîtriser et nen pas faire porter le fardeau à dautres qui ont pour seul tort de sexposer innocemment à nos jugements tout-puissants.
Aussi, à titre dinvite comme de moment de réflexion, je vous propose de faire le point sur ce quimplique dabord lacte de publier un texte ou un commentaire sur ce site, puis dexaminer de quelle manière la critique doit sefforcer dêtre une énergie positive.

Bien entendu, il ne sagit que de mon point de vue, et je serai ravi de le voir alimenté, contesté, enrichi ou corrigé au gré de vos interventions ^^.


I. Sexposer aux critiques.

Écrire, cest montrer ce que lon pense et ressent, a fortiori lorsque le texte est ensuite publié. Cest pourquoi il ne faut jamais perdre de vue que le texte est souvent une projection de son auteur et que toute attaque du texte est une attaque de lauteur.

A. Se mettre en mots.

La démarche décriture, en général, nest pas facile. Penser est naturel, alors quécrire demande un effort extraordinaire. Il faut revenir sur sa pensée, lorganiser, la mettre à lépreuve dun lecteur virtuel et, enfin, affronter la tâche prométhéenne de la mise en mots.
A ce propos, rappelons que la mise en mots requiert des compétences très pointues faces auxquelles nous sommes tous inégaux, que ce soit faute davoir reçu une formation efficace (vocabulaire, orthographe, grammaire, registres de langue), ou bien que lacte décrire lui-même nous renvoie à des difficultés sociales (timidité, peur du rejet) ou psychologiques (manque de confiance en soi, peur de léchec, blocage créatif). Bref, écrire implique une prise de risques qui varie dun individu à lautre, mais qui demande toujours un effort et une implication particulière de lauteur.
Ainsi, celui qui écrit se met en mots, représente sa pensée et donc un peu de lui-même en une série de lettres dapparence anodine mais qui, chacune, est la projection de lauteur. Chaque mot renvoie à un vécu, à un sentiment, une réflexion personnelle qui engage lauteur à la fois à assumer la responsabilité de ses écrits (en cas derreurs ou de négligences) et à être impliqué dans la moindre parcelle de sens de son texte au point de sidentifier au grain du texte.

B. Souvrir aux autres.

Par conséquent, puisque lacte décrire est si intime, quil implique une telle charge émotionnelle de lauteur, publier est en soi sexposer au regard de lautre, se montrer dans toute sa nudité, soffrir sans défense ou presque aux coups les plus fatals. Mais toujours cet acte douverture implique la recherche dune reconnaissance : publier, cest vouloir être lu, et vouloir être lu, cest vouloir se sentir exister, cest vouloir entendre ou lire en retour quon nous reconnaît la qualité de semblable, membre dune communauté dhumains pourvu des mêmes attributs, mais cest aussi vouloir faire entendre ce petit écart particulier qui nous rend différent du voisin et qui fait la valeur des échanges et rencontres.
Autrement dit, publier est une façon de naître à la société pensante, à la communauté communicante.

C. Vouloir grandir.

A partir de cette naissance sociale, par laquelle on fait acte dexistence, la quête secondaire de la publication peut différer dune personne à lautre.
Certains rechercheront simplement lintérêt du lecteur, une marque affective qui reconnaisse la particularité de leffort.
Dautres seront plutôt motivés par lenvie de plaire, de distraire, et attendront en retour que les lecteurs leur renvoient leurs impressions, leur expriment les effets produits par le texte.
Dautres encore, parmi lesquels je me range sans hésitation, chercheront à partager leur expérience personnelle, leur vision dun phénomène, dans le but double de répandre un regard particulier sur le monde et de lenrichir en retour des remarques qui lui seront opposées.
Dautres enfin, notamment dans les textes de création littéraire, pourront se placer dans une optique de progression sur le chemin de lécriture. Et cest ce type de quête, plus encore que les autres, qui place lauteur dans une position de fragilité, car il nest rien de plus personnel quun écrit artistique dans lequel on met généralement plus de soi.


II. Sadonner aux critiques.

Critiquer, cest donner son avis, éclairer une production exposée par un regard autre que celui de lauteur. Critiquer, immanquablement, cest donc proposer un jugement de la société sur luvre de lindividu, et par extension sur lindividu lui-même. Aussi, il est important dans sa critique de faire preuve de diplomatie et, surtout, de générosité.

A. Entrer dans la démarche de lauteur.

En effet, au vu des considérations sur les quêtes multiples des auteurs et leur implication plus ou moins grande dans leurs productions, il est important avant toute critique de comprendre la démarche de lauteur. La première critique à émettre correspond donc à une réponse directe à la démarche proposée. Par exemple, un article argumentatif devra être évalué sur son efficacité argumentative. Un texte poétique, de même, sera évalué sur sa capacité à toucher le lecteur, à lémouvoir. La première critique se doit donc dêtre objective et partir du texte proposé.
Toutefois, il est évident que de même quon ne méprisera pas un CE2 pour son incapacité à accomplir des équations à inconnues et des commentaires composés, on ne peut juger la qualité dun texte à partir dune référence « professionnelle ». France-Jeunes réunit des membres amateurs et généralement jeunes, donc en début de vie, en début de parcours, avec une expérience de la vie fatalement lacunaire. La critique ne pourra donc reprocher à un dyslexique ses erreurs dorthographe, tout comme on ne saurait reprocher à un non-francophone de ne pas maîtriser parfaitement le français. De même, enfin, notamment dans la création littéraire et la réflexion philosophique, on ne peut condamner lessai maladroit du débutant sous le prétexte que scientifiques et artistes lécrasent de tout leur art et de tout leur savoir.

B. Exprimer ses goûts.

Passé la critique « objective » et diplomatique cest-à-dire répondant à la démarche de lauteur -, il est naturel de vouloir exprimer son sentiment personnel. En effet, la critique objective de lefficacité de la démarche de lauteur ne suffit pas à épuiser lintérêt de léchange, et encore moins le désir dexpression et de savoir des intervenants.
Aussi, une seconde partie de la critique peut, de façon courtoise, porter sur lintérêt propre que lon porte à la démarche et aux thèmes choisis, ou bien sur le style. Là encore, il ne sagit pas doublier la fragilité de lauteur ni sa situation dauteur. Un goût est personnel et nengage que soi. Par exemple, condamner un poème de débutant sous le prétexte que le thème est banal et que les images sont des clichés de la littérature est un acte gratuit de stérilisation de la créativité de lauteur : ce poème de débutant est sans doute le premier de lauteur à explorer ces thèmes et images, et est par conséquent original dans le parcours de lauteur.

C. Accompagner.

Enfin - et je madresse là aux moins nombreux et aux plus éclairés des France-jeuniens -, laccompagnement de lauteur peut être proposé. Il nest pas souhaité par tous les auteurs, naturellement, mais lorsquil est désiré, il implique là aussi de la mesure. Identifier objectivement un problème relève du premier type de critique ; qualifier ce problème de manière subjective que cette subjectivité soit partagée ou non par un grand nombre de personnes appartient au deuxième type de critique. Accompagner, cela va alors consister en des propositions concrètes de pistes à explorer, dexemples, de « morceaux de style », de conseils de lectures
Bien entendu, laccompagnement nest pas du ressort de tous, et il demande souvent un investissement plus important de la part du critique. Cela dit, il constitue le nec plus ultra de la critique, dans le sens ou il aboutit à ce quil y a de plus productif pour lauteur.


Conclusion :

Pour conclure, je rappellerai donc plusieurs choses :
- écrire étant une prise de risques, le lecteur et critique se doit à lui-même et à lauteur du texte critiqué la reconnaissance de leffort particulier en faisant preuve dun minimum de respect et de courtoisie ;
- chaque auteur étant à son propre niveau et dans sa propre dynamique sur sa conquête de lécriture et du savoir, la critique se doit de faire preuve dintelligence en partant de lauteur, et non dune valeur absolue ; en effet, plus lécart mis en évidence sera grand entre le stade de développement exposé et celui exigé par le critique, et plus lauteur, loin dêtre stimulé par un défi trop grand, sera susceptible de découragement et de dépréciation de soi ;
- enfin, force est de constater que nous ne visons pas tous ni ne sommes capables de lexcellence, et cela vaut autant pour les auteurs orgueilleux que pour les critiques tyranniques : reste donc à faire de son mieux dans le respect du lecteur et de lauteur.

Enfin, une conclusion sur ce sujet ne serait pas une conclusion si je nabordais pas le problème des trolls, dont le site connaît un fort pullulement ces derniers mois ils se reconnaîtront ^^ -. Pour ceux qui ne seraient pas au point quant à ces individus, il sagit de membres virtuels, inscrits sous de fausses identités, cultivant parfois plusieurs identités-comptes, et dont les interventions se limitent exclusivement en des commentaires généralement provocateurs, lintention de ces trolls étant uniquement de samuser aux dépens des membres « sincères » du site. Il existe deux profils de trolls : les cultivés, qui prennent un malin plaisir à rabaisser tout membre qui leur tombe entre les yeux, et qui justifieraient en soi la mise au point ici présente, et les « demeurés » dont la seule ressource est la position extrême (le raciste, le violent, le trash).
Aux premiers de ces trolls, à qui seuls je me donnerai la peine de répondre, je dirai juste que la culture ne fait pas lintelligence et que, en référence à mes explications ci-dessus sur lécriture et la critique, le droit à lerreur est un droit fondamental et inaliénable de la liberté dexpression, et que ce droit nimplique pas un culte de la médiocrité, mais au contraire une liberté de progresser à son rythme, sans se voir opposer des obstacles insurmontables et désespérants, et sans se voir non plus humiliés par le premier frustré venu. Car en effet, lhumanité progressera en plus grand nombre si tous ses membres se sentent autorisés à emprunter une voie ascendante, alors que, en revanche, plus nombreux seront les recalés de lesprit si la norme est cassante. On doit vouloir progresser par plaisir, et non parce quon sy sentirait ou non autorisé par ses compétences plus ou moins supposées, plus ou moins reconnues, plus ou moins affirmées. On ne naît pas parfait, on le devient, ou du moins on sen approche. Mais on ne sépanouit quà son propre rythme.
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Re: France-Jeunes : pour une bonne entente des auteurs et des cri
Posté par flougaussien le 20/11/2007 17:25:42
Tout à fait d'accord avec le texte. Un auteur "méchamment cassé injustement" en ressortira détruit pour pas grand chose, alors qu'il n'est pas si difficile que ça de se mettre un peu à sa place et de voir son "niveau", et de respecter ça.
Re: France-Jeunes :
Posté par tourloudi le 02/06/2007 19:33:52
Windowman

libre à toi de voir les choses ainsi
comentaire
Posté par popogate le 02/06/2007 16:11:16
bon au moins c'est dit.
windowman, j'aime bien cette article. Certe, c'est vrai, ils sont en général long mais riche.
J'adore ce cite, cette "communauté", il est vrai que bien que je lise très souvent les articles et postes des forums, j'intervient pas souvent (pas envie, flemme après avoir tout lu, ...).
Je te comprend et je suis entièrement d'accord qu'un article n'est pas toujour facile a faire et qu'il est le fruit d'un travail (même pour les moins structuré et construit) et d'attention.
La critique, est un reflet de ce que pense les lecteurs et c'est en général constructif.
par contre, les coms qui sont la pour taper (mentalement via les insultes, ....) me désole. Il est vrai que la solution serait de signaler ses coms axu administrateurs, mais ça déplacerait juste le problème.
Être tolérant les uns les autres, pour mieu avancer.
En ce qui conserne les nouveaux membres, des fois, ça fait peur. Je me souvient, après mon temps d'abscence parmi vous, lorsque j'ai commencé à relire les articles et les coms (et posts) j'ai eu peur. Bien que les france jeuniens soient nombreux, je retouvé toujour les mêmes personnes entrains de s'enguirlander ou de troller les forums. je me suis demandé si c'était bien le même site et les même personnes. Moi je me plai sur ce site c'est la raison pour laquelle je suis resté (malgrès ces désagréement) mais les nouveaux doivent se demander quesque c'est que ces jeunes qui pronent la liberté d'expréssion sans leur laissé la place pour s'exprimer.
Re: France-Jeunes : ....
Posté par windowman le 02/06/2007 07:30:18
tourloudi, oui. J'assume mes propos. Je ne vois rien d'étonnat à ce qu'il tâche de démontrer que son point de vue est justifié ^^ c'est ce que nous faisons tous ^^ sauf que lui donne plus de sources autres qu'il ne produit ses propres commentaires.
Re: France-Jeunes : ....
Posté par tourloudi le 01/06/2007 22:45:38
Windowman il a dit
"tourloudi, je ne vois pas en quoi jacquesv devrait se reconnaître en tant que troll ou approchant. Ses interventions sont généralement tempérées et instructives."

Tempérées ???????

"se montrer transparent au sujet des sources de ses informations"

ou de prouver qu'il a raison
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L'auteur : Y'a-t-il un humain sur la terre ? parce que, Manifestement, y'avait pas de dieu dans le ciel...
35 ans, Evreux (France).
Publié le 31 mai 2007
Modifié le 30 mai 2007
Lu 1 172 fois

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