
Le poids est devenu en quelques années le problème de bon nombre de personnes à travers le monde. L'image que l'on renvoie aux autres est très importante dans diverses situations : rencontres, travail... Alors, comment faire dans notre société quand on est une personne « forte » ? Moi-même, je suis une personne forte et je peux vous dire que l'on en souffre beaucoup, surtout à l'adolescence, quand les premiers petits copains arrivent... pour nos copines, évidemment, pas pour nous. Pourtant, nous aussi, nous sommes des êtres humains, mais dès qu'on sort de la norme, ce n'est plus pareil.
Mon enfance marquée par le harcèlement scolaire
À l'enfance, les gamins sont méchants, voire monstrueux entre eux, et c'est là qu'a commencé mon calvaire. Je me rappelle que dès l'école primaire, j'avais droit à la « grosse vache », à la « barrique » et à des insultes encore plus méchantes. Évidemment, tout le monde rigolait, sauf moi. Je me suis renfermée sur moi-même en me promettant de ne jamais me laisser faire. Toute petite déjà, j'avais un très fort caractère et je pense que ces insultes m'ont encore plus fortifiée.
Surpoids et adolescence : comment accepter son corps
À l'adolescence, ça ne s'arrange pas : on grandit et les kilos affluent encore plus. Beaucoup diront qu'il existe des régimes, mais pour en avoir fait, rien ne marchait. On s'est aperçu que c'était un problème génétique et qu'on ne pouvait rien y faire. Je suis rentrée en sixième en sachant que jamais je ne pourrais changer ce corps qui me faisait tellement souffrir. Le temps avait arrêté les insultes, mais à l'entrée au collège, tout a recommencé. Je me sentais déjà mal dans ma peau, je ne m'acceptais plus telle que j'étais et les moqueries des autres ne m'aidaient pas : elles m'enfonçaient encore plus dans un puits dont je ne pouvais plus sortir la tête.

Comment j'ai repris confiance en moi face aux moqueries
Il m'a fallu presque trois mois pour accepter la réalité et je peux vous dire que les moqueurs s'en sont pris plein la figure : je ne voulais plus être une victime. Alors moi aussi, je trouvais leurs défauts et je les leur crachais à la figure comme ils me crachaient mon poids à la tête. Tout s'est très vite arrêté. Ils se sont aperçus que je n'étais plus la même et que je ne serais plus jamais la petite fille sur qui on pouvait s'essuyer les pieds. Grâce à ce caractère que je m'étais forgé, les gens ont changé de regard sur moi. Maintenant, j'avais des amis, des vrais. Les garçons qui avant ne voulaient jamais m'approcher se sont mis à me connaître et nous sommes devenus amis.
Harcèlement : oser se défendre et ne plus se laisser faire
Je croyais mon calvaire fini pour de bon en sixième, mais au début de mon année de terminale, pourtant, ça a recommencé. Un petit « connard » (désolée pour l'expression) s'est foutu de moi, mais je ne me suis pas laissée faire. Il était avec ses copains et il croyait que je n'allais rien dire, mais manque de bol pour lui, je suis allée le voir. Moi aussi, j'ai monté le ton et je lui ai mis une claque. Il a eu honte devant ses copains et je ne l'ai jamais revu au lycée.

Surpoids et préjugés : un message de tolérance
Si moi, j'ai pu réagir comme ça face à mon problème — auquel on donne beaucoup de noms : surcharge pondérale, obésité, surpoids... —, tout le monde n'est pas comme moi et beaucoup en souffrent. Ce n'est pas parce qu'une personne est différente de vous qu'elle n'est pas aussi intéressante qu'un « fil de fer » ou ces filles mannequins. Il y a souvent dans le cœur des « gros », comme vous aimez les appeler, beaucoup de tendresse, d'humour, d'amitié et d'amour, car nous sommes des personnes comme les autres : DES ÊTRES HUMAINS qui ont aussi un cœur ! Faites attention à vos remarques dirigées contre les autres, car elles peuvent plus blesser que faire rire...